«On ne peut pas avoir tout faux quand on fâche le PLR»

RIE IIIAttaqués par le président du PLR et Rémy Pagani, les négociateurs socialistes et la présidente du parti, Carole-Anne Kast, répliquent.

Carole-Anne Kast (PS)

Carole-Anne Kast (PS) Image: Laurent Guiraud

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«On ne peut pas avoir tout faux quand on fâche le PLR». C’est avec un détachement amusé que la présidente du PS, Carole-Anne Kast, réagit aux piques lancées par le PLR Alexandre de Senarclens dans nos éditions de jeudi.

Outré par le possible rejet, lundi soir prochain, de la convention destinée à encadrer le volet cantonal de la réforme de l’imposition des entreprises, le patron du PLR a mis en cause ses adversaires de gauche, expliquant leurs positions par l’ambition politique de leurs dirigeants. «Carole-Anne Kast, la présidente, et Romain de Sainte-Marie, leur négociateur, n’ont pas eu le courage de défendre leur conviction à l’interne. Très clairement, ils ont préféré se mettre dans le sens du vent et ne prendre aucun risque dans la perspective de la course interne à la candidature au Conseil d’Etat.»

Alors les camarades, on sacrifie Genève à ses intérêts personnels? «Le reproche est étonnant. Jusqu’ici, le PLR considérait plutôt qu’on devait être conciliant si on avait des ambitions électorales cantonales», riposte Carole-Anne Kast. Selon elle, «s’engager dans des négociations n’a jamais impliqué d’en ratifier obligatoirement les résultats d’autant moins que le comité directeur du PS a constaté qu’ils ne comportaitent aucune des corrections que nous demandions. Les seules concessions qu’on nous ait faites portent sur des détails. Rien sur l’augmentation de l’imposition des dividendes, rien sur le refus de l’imputation complète de l’impôt sur le capital sur celui sur le bénéfice, ni sur la prolongation de la suspension du frein aux déficits.» Elle dénonce la précipitation des partisans du projet, qui veulent absolument boucler les discussions à mi-janvier, soit avant la votation fédérale sur RIE 3: «Il n’y a pas d’urgence. D’ailleurs, si le Conseil d’Etat annule son délai et veut continuer à discuter, nous sommes prêts à notre tour à ne pas nous prononcer définitivement sur la convention lundi.»

Romain de Sainte Marie, député et négociateur socialiste, est du même avis: «Je me suis fortement investi pour que le PS s’engage dans les négociations et obtienne un résultat. Mais concrètement, en échange d’une baisse d’impôt, nous n’obtenons aucune garantie sur les prestations publiques, et, en conscience, je ne peux pas dire le contraire à l’assemblée qui va bientôt se prononcer sur le résultat des discussions avec les autres partis.» A-t-il changé de position pour favoriser sa candidature au Conseil d’Etat? «Je me suis engagé pleinement dans ces négociations. J’y ai cru et suis aujourd’hui déçu de l’absence de compromis de la part de la droite».

Alexandre de Senarclens n’est pas le seul à distribuer des volées de bois vert au PS. Conseiller administratif de la Ville, Rémy Pagani ne s’est pas privé non plus de fustiger un «parti socialiste qui pratique la fuite en avant. (…) Sa stratégie ne fonctionne pas, tant du point de vue politique qu’économique. Sandrine Salerno est contre le projet fédéral mais soutient le projet cantonal. C’est politiquement illisible.»

Réplique à Pagani

Cette fois, c’est Romain de Sainte Marie qui monte aux barricades sur les réseaux sociaux: «Quelqu’un pourrait-il expliquer à Rémy Pagani, qui n’a d’autres raisons d’exister que de taper sur le PS, que ce dernier a une position claire et responsable? Le PS a accepté de négocier, contrairement à d’autres. Il ressort des négociations une convention que le comité directeur du PS n’est pas d’accord de signer. Le PS est un parti démocratique, contrairement à d’autres, et notre assemblée décidera de suivre ou non le préavis du comité directeur.»

A quelques jours de la décision du parti socialiste, la tension dans le landerneau semble à son comble.

(TDG)

Créé: 12.01.2017, 18h47

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