Un candidat à la présidentielle en Algérie sème la zizanie devant les HUG

GenèveRachid Nekkaz est venu avec une centaine de compatriotes. Les forces de l'ordre, nombreuses, l'ont stoppé.

Rachid Nekkaz, candidat par procuration à l'élection présidentielle.
Vidéo: Laurent Guiraud

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Tensions à l'hôpital. Le candidat à l'élection présidentielle en Algérie Rachid Nekkaz s'est rendu aux HUG en milieu de journée, dans le but, dit-il, de voir son adversaire politique Abedlaziz Bouteflika, président de l'Algérie et candidat à sa propre succession. «Pour voir comment il va», a-t-il lancé à la radio en matinée, puis devant l'hôpital, et surtout sur internet. Rachid Nekkaz a la réputation de savoir utiliser les réseaux sociaux pour drainer les foules, ce qui le rendrait populaire auprès des jeunes.

Rachid Nekkaz commence par parler à ses compatriotes au parc des Chaumettes, toujours avec son téléphone braqué sur la foule et lui, mode Facebook Live. Une petite centaine de compatriotes sont venus dans son sillage, alertés sur les réseaux sociaux. La presse est aussi présente, des chaînes arabes, saoudiennes, françaises, suisses. Il s'adresse à tout le monde, se montre disponible pour les selfies et consacre beaucoup de temps à la «Tribune de Genève».

L'homme d'affaires – il aurait fait fortune suite à la bulle internet (en effectuant des transactions au bon moment) puis dans l'immobilier – se déplace ensuite vers l'hôpital. Il entend rendre visite à Abedlaziz Bouteflika, soigné depuis le 24 février au 8e étage.

Il se dirige rapidement vers l'hôpital, prend de court la police, pourtant très nombreuse. Et passe la porte de l'accueil. Les autorités l'arrêtent à ce moment, elles l'auraient plaqué contre un mur, menotté et il aurait crié. Non pas de douleur, mais pour le spectacle. Entre-temps, des policiers lourdement armés ont bloqué le passage devant les HUG pour empêcher les autres manifestants de pénétrer dans l'enceinte. Au 8e étage, où la Tribune de Genève a pu se rendre, c'était calme, même s'il y avait plus de policiers et d'agents de sécurité des HUG que durant les jours précédents.

Rachid Nekkaz est un habitué des coups médiatiques. Début mars, il s'est ainsi fait remplacer par un «cousin homonyme» à l'élection présidentielle algérienne. Rachid Nekkaz (celui qui était aux HUG ce vendredi) n'a en effet pas le droit de déposer sa candidature à l'élection du 18 avril pour deux raisons, selon la Constitution algérienne: son épouse est étrangère et il n'a pas vécu dix ans en continu en Algérie. Il a alors fait venir un cousin qui a exactement le même nom que lui.

Si «mon cousin est élu, on créera immédiatement le poste de vice-président (...) que j'occuperai, précise le franco-algérien. Le président-élu (son cousin, ndlr) démissionnera aussitôt et je prendrai alors automatiquement le poste de président», a indiqué Rachid Nekkaz début mars.

(TDG)

Créé: 08.03.2019, 14h01

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