Le candidat PLR à la Mairie arrêté

GenèveLe député et conseiller municipal libéral-radical Simon Brandt a été interpellé pour violation du secret de fonction.

Image: Laurent Guiraud

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Coup de tonnerre dans la République. Vendredi matin aux aurores, le député libéral-radical et conseiller municipal en Ville de Genève Simon Brandt a été interpellé par la police. Le domicile de la mère du député a été perquisitionné par plusieurs agents, l’ordinateur personnel et le téléphone de l’élu saisi. Pour quel motif ? «La procédure concerne de potentielles violations de ses secrets de fonction, tant en sa qualité de conseiller municipal de la Ville de Genève qu'en sa qualité de collaborateur du service d'analyse stratégique de la police», rapporte le Parquet. Celui qui est également candidat au Conseil administratif de la Ville devait être auditionné en fin de journée par le procureur général Olivier Jornot.

Des hypothèses

Le premier volet concerne vraisemblablement la dénonciation pénale déposée par l’Exécutif de la Ville de Genève, fin 2018. Le Conseil administratif s’était offusqué de plusieurs fuites dans la presse. Parmi les documents qui avaient été divulgués et avaient mis le feu aux poudres, un rapport du Contrôle financier qui révélait des dysfonctionnements dans les frais professionnels des collaborateurs de la Municipalité. Avec deux autres conseillers municipaux (l'UDC Jacques Pagan et le MCG Daniel Sormanni), Simon Brandt avait été convoqué et auditionné en juin 2019 par la police. Son téléphone portable avait également été saisi, l'appartement de sa mère perquisitionné.

«Si son interpellation est liée à l'affaire des notes de frais de la Ville, je serais abasourdi. Ce rapport est considéré d'intérêt public par le préposé à la loi sur la protection des données et la transparence», commente le président de la section du PLR en Ville de Genève, Vincent Latapie. La section du parti a effet enclenché une procédure LIPAD pour que ce document soit rendu public, tout comme la Tribune de Genève. Tous deux ont été suivis par le préposé.

Le deuxième élément du dossier est potentiellement plus problématique: selon plusieurs sources, il serait reproché à Simon Brandt d’avoir effectué des recherches dans les bases de données de la police genevoise, sans qu’il ne dispose du niveau d’accréditation pour les faire. Le député travaille effectivement pour la Grande Maison depuis le printemps 2018, au sein de la Direction de la stratégie. Le Ministère public devrait alors déterminer (pour autant que ces faits soient avérés) si l'élu a agi pour lui-même ou pour le compte d'un tiers et à quel dessein. Mais quels types d’informations étaient à portée de mains du député? Le Parquet n'en dira pas plus.

Le poste occupé par Simon Brandt au sein de ce service avait alimenté les soupçons des syndicats de police l’an passé. Ces derniers craignaient que l’élu ne soit qu’un cheval de Troie du conseiller d'État Pierre Maudet, de qui il est très proche. Et pour cause, c’est le magistrat lui-même qui avait proposé son collaborateur à la commandante de la police. Il remplissait les conditions du poste et disposait «du niveau de formation et des compétences requises», avaient assuré les forces de l’ordre.

Interrogée par le quotidien «20 Minutes» en septembre 2018 quant à son poste et aux circonstances de son attribution, la cheffe de la police Monica Bonfanti avait expliqué que Simon Brandt oeuvrait à la Direction stratégique de la police. «Il est chargé de réaliser différentes analyses et études» pour son compte - des travaux d’ordre sociologique. Comment un phénomène, par exemple les violences faites aux femmes ou l’antispécisme, évolue-t-il? Comment d’autres pays y répondent-ils?» La police ajoutait que l’intéressé n’avait «évidemment pas accès au contenu des enquêtes». Contacté hier, le vice-président du Syndicat de la police judiciaire (SPJ) n’a pas tenu, «pour l’heure», à commenter cette interpellation. Le fonctionnaire sera-t-il suspendu? La police genevoise ne commente pas.

Avenir politique incertain

Sans présumer du sort que réservera la justice à Simon Brandt, l’affaire tombe très mal pour un Parti libéral-radical dont la côte de popularité est déjà bien entaché par les affaires judiciaires de Pierre Maudet. En coulisses, plusieurs libéraux-radicaux grincent des dents. «Ça va être difficile», grimace l’un d’eux. Simon Brandt restera-il en lice pour le Conseil administratif? «Il est beaucoup trop tôt pour se prononcer sur un éventuel retrait», commente Vincent Latapie. Trop tôt? Le dépôt des candidatures en Ville de Genève est arrêté au 6 janvier 2020. «Avant midi.»

Créé: 13.12.2019, 23h17

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