Cette calèche historique n’est pas la bienvenue dans les parcs de la ville

GenèveCocher en haut-de-forme, Shkelzen Hajdari sillonne Genève depuis un mois. Mais seulement sur la route.

Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Il arbore un large sourire sous sa barbe à rallonge. Jardinier-paysagiste de métier, Shkelzen Hajdari – «tout le monde m’appelle Zen», glisse-t-il – nourrit de la plus belle des manières sa passion des chevaux et des traditions. Après avoir fait le bonheur des Carougeois ces deux derniers étés, il pilote son attelage à Genève depuis un mois. Seule ombre à ce beau tableau: la Ville lui a refusé l’accès aux quais piétonniers et aux parcs.

Le cocher en haut-de-forme regrette cette décision, tombée récemment. «J’avais constitué un dossier très complet à l’intention du Service de l’espace public de la Ville de Genève, explique-t-il. Mon idée était de pouvoir aller également dans les parcs. Il me semble d’ailleurs que le mode de déplacement que je propose va dans le sens d’un retour de la nature en ville, tel que le prône avec raison le conseiller administratif Guillaume Barazzone. Et cela permet également de faire vivre un patrimoine.»

Porte-parole du Département de l’environnement urbain et de la sécurité, Cédric Waelti énumère les raisons qui ont poussé la Ville à prendre cette décision. «Nous recevons beaucoup de demandes telles que celle de M. Hajdari. Il est vrai que les calèches, c’est très sympathique. Mais les espaces visés sont dévolus aux piétons. La seule exception concerne les petits trains, et cela pose déjà des problèmes. Dans certains parcs, les vélos sont parfois tolérés, mais là encore, c’est assez délicat à gérer. Donc, l’arrivée de nouveaux véhicules nous semblait impraticable en termes de place et de sécurité pour les piétons, qui doivent absolument rester prioritaires dans ces lieux.»

Il en faut davantage pour désarçonner Zen, un Suisse de 26 ans, né au Kosovo et arrivé à Genève à l’âge de 2 ans. Après avoir monté sa petite structure, Attelages du Léman, c’est donc sur les routes qu’il emmène ses passagers, très souvent des clients des palaces de la Rade. Et sur son passage, on l’a constaté, les sourires sont de mise.

«Il y a une réelle demande pour ces balades touristiques, dit-il. Pas seulement sur des parcours donnés, mais aussi pour aller simplement d’un point A à un point B.» Les tarifs varient avec l’heure à laquelle on souhaite louer la calèche, «mais en gros, cela va de 80 à 120 francs pour une demi-heure, quel que soit le nombre de passagers». Sa calèche, qui comporte quatre places, «aurait appartenu à un comte ou à un duc de la région de Zurich. Elle date de 1890. Je l’ai fait entièrement restaurer. Les seuls ajouts concernent les freins à disque et les bandages en caoutchouc des roues, ce qui apporte plus de sécurité et élimine le bruit.»

La carriole est historique et son cocher met un point d’honneur à soigner les détails: costume d’époque, montre gousset, gants, plaid, etc. «Là-dessus, je suis très pointilleux, limite maniaque», sourit Zen avant de flatter l’étalon «Gabriele», un frison hollandais noir comme de l’encre. «Mes chevaux sont entraînés à aller sur les routes, rassure-t-il. Ils ne bronchent pas quels que soient les imprévus ou les bruits, par exemple des sirènes.» Question imprévus mais d’un autre genre, un sac à crottes est installé entre le cheval et la calèches afin de ne pas salir la chaussée.

(TDG)

Créé: 02.09.2018, 17h25

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Papyrus: les régularisés gagnent plus et vont mieux que les illégaux
Plus...