La caisse de pension de l’Etat en quête de milliards

RecapitalisationPour les dirigeants de la caisse, la sous-capitalisation est le problème numéro un à résoudre, même si d’autres mesures sont à l’étude.

Les dirigeants de la caisse plaident pour une recapitalisation massive et rapide. De gauche à droite: Michèle Devaud, directrice générale adjointe, Michael Paparou, vice-président du comité, et Christophe Decor, directeur général.

Les dirigeants de la caisse plaident pour une recapitalisation massive et rapide. De gauche à droite: Michèle Devaud, directrice générale adjointe, Michael Paparou, vice-président du comité, et Christophe Decor, directeur général. Image: Olivier Vogelsang

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Le feu allumé dans les médias par Serge Dal Busco sur la vulnérabilité de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG) n’est pas près de s’éteindre. Mercredi, c’était au tour de la direction et de la présidence de l’institution de prévoyance des fonctionnaires de dresser le bilan de la caisse et de livrer ses solutions: en résumé, l’état de santé n’est pas brillant et la solution prioritaire s’appelle recapitalisation. A coup de milliards de francs.

«Pour nous, la recapitalisation de la caisse doit être la priorité car sa sous-dotation en capital dès sa création en 2012 est le problème structurel numéro un, explique Christophe Decor, directeur général de la CPEG. La recapitalisation doit être rapide afin de diminuer l’exigence de rendement élevé, très difficilement atteignable dans un contexte macroéconomique incertain.»

Rendement intenable

En 2015, la performance de la caisse a en effet été négative (–0,4), ce qui a fait régresser le taux de couverture de ses engagements en dessous de 60%. Or, il était prévu que ce taux augmente progressivement afin d’atteindre les 80% en 2054, ainsi que l’exigent les dispositions fédérales.

«Il faut comprendre que le vrai problème n’est pas la mauvaise année 2015, commente le directeur général. La difficulté, c’est que les analystes prévoient désormais dix à quinze années avec une persistance de taux très bas. Cela empêcherait de tenir les 4,1% de rendement en moyenne fixés pour atteindre un taux de couverture de 80% en 2054.»

Problème politique

Techniquement, on ne peut qu’admettre que la CPEG serait nettement plus à l’aise si elle disposait dès demain des 4 milliards qui lui manquent pour assurer un taux de couverture de 80% de ses engagements (actifs et pensionnés) ou même de 7 milliards pour un taux de 100%. Mais la pilule passerait très mal politiquement et on peut facilement imaginer que la population y verrait quelques inconvénients.

«La sous-capitalisation nous déprécie, mais elle est aussi un problème pour le Grand Conseil et le Conseil d’Etat, rétorque Christophe Decor. Il est peut-être plus simple de régler cela une fois pour toutes en une ou deux opérations. Nous avons hérité, tout comme les institutions politiques, d’une situation qui nous rend vulnérable. La question est de savoir comment y remédier.»

Pas de prise sur les rentes

Les actifs de la fonction publique et les pensionnés ne devraient-ils pas également être mis à contribution? «Un élément important à savoir, c’est que nous ne pouvons agir que sur les assurés actifs, répond Michèle Devaud, directrice générale adjointe de la CPEG. Tout ce qui a trait aux pensionnés n’est pas de notre ressort, car les rentes sont garanties. Cela dit, toutes les mesures structurelles d’assainissement possibles sont aujourd’hui étudiées par le comité de la CPEG. Le problème, c’est qu’elles n’auront d’effets que dans dix ou quinze ans et ne peuvent donc répondre aux préoccupations actuelles en matière d’équilibre financier.»

Pour Michael Paparou, vice-président du comité, il ne serait de toute façon pas correct de mettre les actifs à contribution: «Depuis la fusion, ils contribuent déjà à la recapitalisation de la caisse, explique-t-il. Ils travaillent deux ans de plus que les anciens et toucheront une rente inférieure de 12% à celle des pensionnés actuels.» (TDG)

Créé: 23.03.2016, 19h41

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Une fortune de 11,2 milliards

Née de la fusion de la CIA et de la CEH, la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève a commencé ses activités en 2014.

A la fin de 2015, sa fortune se montait à 11,2 milliards. Elle permet de couvrir les engagements envers les pensionnés (10,6 milliards), mais très peu envers les assurés actifs (8,2 milliards).

Son taux de couverture est de 59,8%. Il devra atteindre 80% d’ici à 2054.

Lors de sa création, l’Etat l’a dotée de 800 millions afin de couvrir 100% des engagements envers les pensionnés. Des provisions sur les comptes 2014 et 2015 à hauteur de 410 millions ont aussi été créées (risque de non-atteinte du palier de 75% en 2030).

Il manque près de 4 milliards pour atteindre le taux de 80%.
E.BY

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