Cadence redoublée, prologue d’une révolution de la mobilité

Ferroviaire L’introduction de la fréquence au quart d’heure sur la ligne Coppet-Lancy-Pont-Rouge préfigure le réseau Léman Express.

La fréquence de quatre convois par heure, aux heures de pointe dès lundi, s’étendra à la journée entière dès décembre prochain.

La fréquence de quatre convois par heure, aux heures de pointe dès lundi, s’étendra à la journée entière dès décembre prochain. Image: MM

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Cliquer sur l'infographie pour l'agrandir

Un quart d’heure, ça peut s’inaugurer, surtout s’il est un peu vaudois. Autorités et opérateurs de transport ont fêté jeudi entre Coppet (VD) et Versoix (GE) le doublement aux quinze minutes des cadences de passage du train régional reliant l’ancien fief de Madame de Staël à Lancy-Pont-Rouge, via Cornavin. Un nouvel horaire qui entrera en force ce lundi, mais seulement aux heures de pointe. Il marque le premier signe tangible d’une montée en puissance.

Cette desserte renforcée a été rendue possible par l’ajout d’un tronçon de quatrième voie aux haltes CFF de Mies et Chambésy, où des travaux de finition vont encore se poursuivre ces prochains mois. «Cette cadence aux quinze minutes est inédite pour un train régional en Suisse romande, souligne Alain Barbey, coordinateur régional pour les CFF. Son inauguration juste avant l’accalmie estivale va permettre un lancement en douceur et de tester les choses.»

La fréquence de quatre convois par heure s’étendra à la journée entière dès décembre prochain. Et dès la fin de 2019, ces convois régionaux dépasseront Lancy-Pont-Rouge, s’engageant sur la nouvelle ligne CEVA pour gagner Annemasse, voire Évian, Saint-Gervais ou Annecy (voir notre infographie). Ils desserviront au passage les nouvelles gares bâties dans le canton, au Bachet, à Champel, aux Eaux-Vives et à Chêne-Bourg. Ils seront flanqués des trains RegioExpress qui poursuivront vers Annemasse, ne s’arrêtant que dans les stations principales (Coppet, Cornavin, Lancy-Pont-Rouge, Eaux-Vives).

Un nouveau patron

Le quart d’heure matinal et vespéral de Coppet, c’est donc l’amorce de ce Léman Express. À compter du 15 décembre 2019, le réseau raccordera 45 gares suisses et françaises via 230 kilomètres de lignes, desservant plus d’un million d’habitants. «Le Léman Express changera l’échelle temporelle des déplacements et la perception spatiale de la région», a prédit jeudi le maire de Versoix, Patrick Malek-Asghar.

Pour en arriver là, il reste du pain sur la planche durant les dix-huit mois à venir. Il y a l’infrastructure. À Annemasse, on se presse pour finir à temps la transfiguration de la gare. Côté suisse, le chantier du CEVA est achevé à près de 90%, mais il reste le suspense des oppositions relatives aux mesures antibruit.

Les rails ne sont pas tout. Serge Dal Busco, dont c’était la première sortie dans ses nouvelles fonctions de ministre genevois de la Mobilité, mesure l’enjeu. «Cette offre au quart d’heure est très attractive et pratique dans la mesure où elle dispense les usagers de consulter l’horaire, c’est un changement fondamental, un saut dans l’attractivité de l’offre», commente-t-il. Reste que l’émergence du nouveau réseau, dans un an et demi, nécessitera que l’État insuffle davantage d’argent dans les transports publics, une quarantaine de millions de francs en plus par an. Où les trouver, alors que le peuple semble avoir verrouillé scrutin après scrutin la voie de la billetterie? «Des dispositions budgétaires sont à prévoir, répond Serge Dal Busco. Des moyens supplémentaires doivent évidemment être mis à disposition. Le discours de Saint-Pierre a mentionné en première position la mise en place prochaine du Léman Express.»

Réflexions en cours

À l’heure des discours, le magistrat a évoqué la vocation des autorités à «accompagner le changement» en matière de mobilité. Le démocrate-chrétien n’a pas exclu «des mesures un peu coercitives pour amener la clientèle à changer sa façon de se déplacer». L’avènement de l’axe ferroviaire comme armature centrale du réseau de transports publics nécessite aussi de repenser ce dernier. «Il faut investir pour rabattre les usagers sur les gares en créant de nouvelles lignes TPG et les communes n’y arriveront pas seules», plaide ainsi Isabelle Rasmussen, maire de Pregny-Chambésy. La magistrate songe en particulier à un bus qui raccorderait l’aéroport au Vengeron via la halte de Chambésy.

Aux TPG, on confirme que de nombreuses réflexions sont en cours. Elles le sont aussi au niveau de la communauté tarifaire Unireso: on est «à bout touchant» sur un compromis transfrontalier relatif aux prix. La tabelle ne devrait être dévoilée que l’an prochain. (TDG)

Créé: 07.06.2018, 22h18

Articles en relation

Lancy remporte la guerre des gares

CEVA Berne donne raison à la Commune qui, contre l'avis du Canton, réclamait que son nom figure sur les haltes de Pont-Rouge et du Bachet. Plus...

La première gare du CEVA est prête à entrer en service

Inauguration Vouée à devenir la deuxième station du canton, Lancy-Pont-Rouge accueille ses premiers passagers dans un secteur en plein chantier. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Conférence sur le climat de Katowice
Plus...