«C'est une affaire extrêmement grave»

Fraude électoraleLe président du Conseil d’État Antonio Hodgers assure que la votation du 19 n’est pas en danger et détaille les mesures prises.

Ci-dessus Antonio Hodgers.

Ci-dessus Antonio Hodgers. Image: Lucien Fortunati

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’est le coup de feu au Conseil d’État pris par surprise par la perquisition de jeudi au service des votations. Son président s’explique.

Perquisition, arrestation au service des votations. Le doute est jeté sur les opérations électorales passées et à venir. Que se passe-t-il?

C’est une affaire extrêmement grave, car ce service est le centre névralgique de notre démocratie. Il garantit la libre expression de la volonté du peuple. La confiance des citoyens envers les processus démocratiques doit être totale sous peine d’être atteints et contestés.

Quels sont les faits? Avez-vous une idée de l’ampleur de la fraude? De sa durée?

Non. Nous n’avons été mis au courant du problème que jeudi. Une enquête pénale du Ministère public est en cours. En revanche, il nous appartient de répéter que, pour l’heure, comme nous l’avons dit, nous ne sommes en possession d’aucun élément nous permettant de penser que le scrutin du 19 mai est menacé.

Quelles mesures avez-vous prises jusqu’ici?

Dès connaissance des faits, nous avons mis sur pied une cellule de crise composée de plusieurs hauts fonctionnaires, présidée par la chancelière, puisque le service lui est rattaché pour des raisons d’indépendance politique. Cette cellule est chargée d’exercer une supervision rapprochée du processus électoral. En parallèle, nous avons décidé d’en renforcer la sécurité: en particulier, les effectifs traitant les bulletins avant leur enregistrement, et ceux retournés au service en cas de décès ou de changements d’adresse, sont traités par trois personnes au lieu de deux, de même le dépouillement du 19 mai sera renforcé.

Que faire s’il s’avérait que des scrutins antérieurs ont été entachés d’irrégularités. Les annuler?

Si l’enquête démontrait des fraudes importantes, la question se poserait. Il conviendrait toutefois de mesurer si le vote a été acquis d’une manière serrée ou large.

Le service des votations est un service sensible. Aviez-vous reçu auparavant des signaux d’alarme sur des dysfonctionnements internes?

Non. Le service des votations est par nature un point sensible suivi de près par la chancellerie. Aucune alerte ne nous est parvenue. Nous avons été surpris d’apprendre que la Cour des comptes et le Ministère public avaient été saisis d’informations dès février. Il y a naturellement eu des audits ces dernières années sur le service. Notamment un de la Cour des comptes en 2013: huit recommandations sur neuf ont été suivies. La 9ème n'est pas pertinente dans cette affaire.

Deux employées se sont plaintes à la Cour des comptes et pas à la hiérarchie. Ce n’est pas l’indice d’un grave problème interne?

Il sera important en effet de déterminer pourquoi l’information n’est pas remontée. On en saura plus après l’enquête du Ministère public.

Vous ne saviez pas, mais des bruits font état de bulletins déchirés traînant dans le service, de matériel de vote jeté dans des bennes…

Il est normal que des bulletins déchirés soient retrouvés dans le service. Certains sont amenés par des citoyens, d’autres sont des bulletins test. Normalement, ils sont dans un sac précis et sont ensuite détruits de manière sécurisée par une entreprise. Quant au reste, nous n’avons pas d’informations.

Comment restaurer la confiance?

La confiance, on la perd par mètre, on la reconquiert par millimètre. Cette affaire supplémentaire peut donner l’impression que décidément rien ne va. Une fois encore, une défaillance individuelle est potentiellement en cause, mais les institutions tiennent. De la Cour des comptes au Ministère public en passant par le Conseil d’État.

Créé: 10.05.2019, 18h15

Articles en relation

À quel parti iront vos voix?

Élections fédérales Dans cinq mois, les citoyens suisses éliront leurs Chambres fédérales. À intervalles réguliers, Tamedia sonde la population pour déterminer l'état de forme des différentes formations politiques. Plus...

La participation au scrutin ne décolle pas encore. Trop complexe?

Votations du 19 mai À treize jours de la votation, le taux est de 12,6%. Mais un rattrapage est possible, comme en février 2016. Plus...

CPEG: les clés pour saisir l’enjeu du 19 mai

Recapitalisation Deux projets de renflouement de la Caisse de prévoyance de l’État de Genève sont soumis en votation, l’un estampillé de gauche, l’autre de droite. Plus...

Sondage sur la votation populaire du 19 mai 2019

Suisse Le peuple doit s’exprimer, le 19 mai 2019, sur la loi fédérale relative à la réforme fiscale et au financement de l’AVS ainsi que sur la révision de la Loi sur les armes. Savez-vous déjà comment vous allez voter? Participez au sondage de Tamedia! Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Après l'accord avec l'UE, Johnson doit convaincre le Parlement
Plus...