Le bus gratuit pour les jeunes rebute les députés

Grand ConseilDes voix minoritaires mais croissantes veulent accorder aux moins de 18 ans le libre accès aux transports publics.

Les juniors ne disposeront pas de la gratuité sur les transports publics.

Les juniors ne disposeront pas de la gratuité sur les transports publics. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Alors que les citoyens voteront le 21 mai sur une hausse tarifaire des transports publics, des idées visant à adoucir les prix agitent le Grand Conseil. Sa Commission des transports vient de rejeter l’idée d’offrir la gratuité aux jeunes de moins de 18 ans. Un refus par sept voix contre cinq et quatre abstentions, alors que cette proposition n’avait reçu que deux soutiens dans la même commission il y a un an.

Le projet a connu une longue saga. Il a été initialement proposé en 2009 par Eric Stauffer avec d’autres membres de son parti d’alors, le MCG. Puis il a été gelé, en l’attente du nouveau contrat quadriennal liant l’Etat aux TPG. Le séjour au congélateur a duré six ans. Entre-temps, Eric Stauffer a quitté son parti, les tarifs des transports publics ont augmenté puis baissé, avant qu’on n’envisage de les remonter, et les positions des partis ont varié sur une gratuité réservée aux juniors. Derniers coups de théâtre en date: en septembre, une majorité du Grand Conseil a offert un nouvel examen au projet de loi qui, retiré ensuite par ses auteurs initiaux, a été repris par Pierre Vanek, d’Ensemble à Gauche. Il est soutenu par les socialistes et Eric Stauffer, combattu par la droite, tandis que les Verts et le MCG s’abstiennent.

Les tenants du texte plaident ses vertus écologiques et pédagogiques: il faut initier les jeunes pour «éviter qu’ils sombrent dans l’utilisation de grosses bagnoles», comme l’écrit Pierre Vanek. Une allusion à la pratique avouée par Eric Stauffer, auteur initial, qui juge que tel ne serait pas le cas aujourd’hui si les transports publics avaient été gratuits quand il était petit. Relevant l’aspect social de la mesure, la PS Caroline Marti défendra l’ajout d’une clause spécifiant que le subside de l’Etat doit couvrir le coût. Evalué à 16,2 millions de francs, ce coût est le principal argument des détracteurs du projet, alors que les finances des transports publics sont déjà fragilisées. De plus, l’Etat craint que Berne ne finisse par punir Genève pour ses pratiques tarifaires divergentes du reste du pays. Des possibilités nombreuses de rabais existent en outre déjà, même si certaines sont peu connues.

La promotion de ces offres doit d’ailleurs être accentuée, juge la Commission des transports, qui a approuvé une motion en ce sens. Dans sa version originale, tempérée par la majorité, le texte, issu des Verts, réclamait même de nouvelles offres (comme un ticket valable pour deux personnes en soirée) afin de développer les déplacements de loisirs en transports publics lorsque ces derniers sont peu remplis.

Créé: 02.05.2017, 19h03

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