Un burkini met fin à une sortie en famille

Religion Une femme s’est vu refuser l’accès au bord du bassin à Carouge. Motif invoqué: la religion.

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Pour Luis, sa femme et leurs trois enfants, la journée de samedi ne s’est pas tout à fait déroulée comme prévu. Tout allait bien… jusqu’à ce que le burkini de Madame ne précipite la fin de la sortie à la piscine de Carouge. En arrivant, la maman demande au sauveteur si elle a le droit d’accompagner ses enfants dans l’eau vêtue de son maillot de bain islamique. Refus catégorique, mais courtois. Elle reste au bord du bassin, jusqu’à ce qu’un autre gardien lui demande de quitter la zone de baignade.

Le couple demande alors à voir un responsable. Explication: le burkini est interdit car il constitue un signe distinctif religieux. «Nous avons été subjugués par ce jugement de valeur indigne de ce pays libre auquel je tiens tant. A la question des autres signes distinctifs, comme les croix, on nous a répondu qu’il était impossible de les surveiller. Il apparaît donc que seule la religion musulmane est proscrite», relate Luis, fils d’un immigré portugais, arrivé à Genève à l’âge de 5 ans.

Motif fallacieux

La Ville de Carouge confirme l’événement. Par contre, si les sauveteurs ont eu raison, selon le règlement, de demander à la mère de rejoindre la pelouse, ils ont néanmoins commis une belle maladresse en invoquant le mauvais motif. En réalité, l’accès à la zone bassin n’est autorisé qu’aux personnes en tenue de bain. Les shorts au-dessous du genou et les tenues de bain intégrales sont proscrits, pour des questions de sécurité et d’hygiène. «Ce règlement permet d’éviter le débat sur le burkini, qui est un sujet polémique, mais l'interdiction n’a rien à voir avec des motifs religieux. Nous l’appliquons de manière stricte, également pour ceux qui porteraient des Lycra anti-UV couvrants destinées à protéger du soleil, explique Grégoire Joannou, chef du Service des sports. Notre erreur est peut-être de n’avoir pas donné l’explication aux sauveteurs; cela a déjà été rectifié.»

En burkini au Lignon

Pour Luis, cadre dans une banque privée, l’explication est rassurante, même s’il reste dubitatif. «Cela ressemble à une manière détournée d’interdire le burkini. On ne demande pas de traitement particulier, on veut juste vivre normalement. Mais mon épouse ne pourra plus se rendre à la piscine seule avec les enfants.»

Les règles varient selon les communes. En Ville de Genève, si la baignade en burkini est pour l’heure interdite pour des raisons d’hygiène et de sécurité – le maillot double couche doit être découpé en cas de massage cardiaque, ce qui complique la tâche des secouristes – la question est en train d’être réévaluée. «Par contre, je ne vois pas pourquoi on interdirait l’accès au bord des bassins», précise Félicien Mazzola, porte-parole du Département de la culture et du sport.

Quant à la piscine du Lignon, elle n’impose aucune restriction. «L’accès est autorisé à toute personne en maillot de bain. Nous estimons que le burkini entre dans cette catégorie», explique le magistrat verniolan Yvan Rochat. Selon lui, le motif de la sécurité est bancal: «Je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un qui serait mort à cause d’un maillot de bain intégral.»

(TDG)

Créé: 13.07.2016, 19h33

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