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Le burkini interdit dans les piscines de la Ville

Le Municipal a modifié le règlement des installations sportives, définissant les tenues de bain autorisées.

Le débat sur le burkini se poursuit.
Le débat sur le burkini se poursuit.
Reuters

Les femmes désireuses de se baigner dans les bassins de la cité devront arborer la tenue suivante: «maillot de bain une pièce ou deux pièces, bras nus, jambes au maximum au-dessus du genou, pas de jupe ou de robe de bain». Cette notion sera inscrite noir sur blanc dans le règlement des installations sportives de la Ville de Genève. Hier soir, la droite élargie accompagnée des deux indépendants et d’une Verte (41 oui et 30 non) a imposé cette modification au Département de la culture et du sport. Malgré les tentatives du conseiller administratif Sami Kanaan pour les en dissuader.

Le 1er septembre, un nouveau règlement entrait en vigueur en lieu et place de directives différentes à Varembé et aux Vernets. «L’ancienne base était insuffisante, argumente le magistrat PS. Il s’agissait d’une simple mise à jour des normes pour qu’elles soient plus lisibles.» En creux et en se basant sur le critère de l’hygiène, ce nouveau texte autorisait dans les bassins tant les seins nus que le burkini.

Il n’en fallait pas plus pour enflammer le Municipal. Au point qu’une bagarre entre élus MCG a failli éclater mardi soir en coulisses de ce débat. Sur le fond, le Délibératif devait se prononcer sur la proposition formulée à la mi-novembre par le conseiller municipal PLR Vincent Schaller de «revenir au statut antérieur». Mais c’est bel et bien autour du burkini que le débat s’est concentré.

Rappelant qu’aux dires du département, en cinq ans, il n’y a eu qu’une seule demande, la PDC Alia Chaker Mangeat déplore ce changement de règlement qui «donne l’impression qu’il s’agit d’une revendication des musulmanes de Genève» et qui «crée une nouvelle polémique, véritable pain bénit pour les extrémistes dont le fonds de commerce est le rejet de l’autre». De son côté, l’indépendant Pierre Gauthier condamne une «banalisation de l’idéologie de l’asservissement».

À gauche, on déplore surtout l’ampleur qu’a prise cette affaire. Et Sami Kanaan de citer Susette Sandoz, ex-conseillère nationale libérale: «S’acharner sur le burkini, c’est prouver son ignorance des vraies valeurs.» À ses yeux, cet article constitue le «déni d’une Genève ouverte, multiculturelle et libérale». Reste qu’il devra l’introduire dans le règlement.

Dans la foulée, le Municipal a voté en faveur d’un crédit supplémentaire de 10 millions (dont 4 financés par une fondation privée) afin de boucler les travaux de rénovation du Grand Théâtre. Ainsi qu’un crédit complémentaire pour le chantier de l’école de Pâquis-centre. Pour rappel, le Délibératif avait raboté les crédits initiaux de ces deux projets.

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