Une bulle pour sortir le CO2 des retraites genevoises

EnvironnementDes associations ont déployé un nuage gonflable sous les fenêtres des caisses de pension publiques.

Un risque "carbone" pèse sur les milliards de francs confiés aux caisses de pension, affirment les militants.
Vidéo: Laurent Guiraud

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Trois fois, il a fallu répéter les gestes. Monter une structure métallique sur roues, déplier la toile et la gonfler. Après quelques minutes d’exposition, le nuage était rangé. L’Alliance climatique suisse poursuivait sa campagne nationale, hier, accompagnée de l’association Climat Genève. Son message: les caisses de pension doivent désinvestir des énergies fossiles.

Pour appuyer cette injonction, le ballon noir en nylon de cinq mètres de haut s’est déployé sous les fenêtres de la CAP (personnel de la Ville de Genève, des Services industriels et de la plupart des communes), de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG) et dans la cour de l’Hôtel de Ville, lieu symbole du plus important employeur du canton.

Le nuage gonflable s’inscrit dans une campagne qui encourage les assurés à s’adresser directement à leurs caisses de pension afin de retirer les investissements dans les entreprises de charbon, de pétrole et de gaz. «En tant qu’assurée, je ne peux pas vendre les actions de ma caisse de pension. Mais je peux lui dire que ces actions sont à risque. On ne peut plus attendre», milite Yvonne Winteler, de l’association Climat Genève.

Au juste, quels montants les caisses publiques genevoises placent-elles dans ces secteurs émetteurs de CO2? Pour la CPEG, «le pourcentage de la fortune investie dans les énergies fossiles est de 1,3%, soit 150 millions», informe Christophe Decor, directeur général. Descendu à la rencontre des manifestants, il a fait remarquer que la caisse «est engagée dans des investissements responsables». Ainsi, certains secteurs sont exclus d’office des placements de la CPEG. Parmi ceux-ci figurent l’armement, l’énergie nucléaire, la production de biens à base de tabac ou celle de produits liés aux OGM non thérapeutiques. «Notre portefeuille est un équilibre qui doit tenir compte de l’obligation de versement de rentes futures», dit-il.

De leur côté, les deux associations ne font pas que pointer les méfaits environnementaux. Elles brandissent le risque financier qui pèse sur les 767 milliards de francs confiés par les Suisses à leurs caisses de pension. Nommé «risque carbone» par les économistes, il annonce l’éventualité d’une bulle, soit la perte de valeur brutale des entreprises pétrolières. Le phénomène pourrait se produire quand le réchauffement climatique aura atteint des niveaux insoutenables. «Un risque réel», affirme Christian Lüthi, directeur de l’Alliance climatique suisse. Un rapport de l’Office fédéral de l’environnement de 2015 étaye son propos: il évalue les pertes possibles entre 1 et 6,75 milliards de francs. Selon le scénario le plus pessimiste, les rentes pourraient alors chuter de 21%.

(TDG)

Créé: 23.11.2016, 18h06

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