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Le bâtiment occupé se dessine un avenir sans prison

Porteous est désormais le lieu dont on parle et que l'on soutient. La Ville de Genève se montre solidaire avec Vernier et les Journées du patrimoine y enverront des dizaines de curieux.

Le bâtiment Porteous sur la presqu'île d'Aïre.
Le bâtiment Porteous sur la presqu'île d'Aïre.
Magali Girardin

C’est une prise de position plutôt claire, rendue publique ce mercredi après-midi par un communiqué municipal. Après avoir pris connaissance de l’occupation du bâtiment Porteous, le Conseil administratif de la Ville de Genève «soutient l’ensemble des acteurs qui œuvrent pour une affectation culturelle de ce complexe industriel.»

Par ailleurs, le même Conseil «déplore le choix du Conseil d’État de favoriser un projet carcéral dans cette bâtisse.» La Ville de Genève se montre ainsi solidaire de la Ville de Vernier qui, la première, a soutenu la réaffectation à des fins culturelles du bâtiment Porteous.

Le communiqué rappelle en outre que «la Ville de Genève concentre les principales infrastructures culturelles sur son territoire. Un meilleur équilibre de cette offre est nécessaire et le site de Porteous représente un excellent lieu pour cela.»

L’intérêt jusqu’ici confidentiel de l’endroit - reconnu par les historiens de l’architecture et les amateurs de fêtes délocalisées - apparaît désormais au grand jour. Après six jours consécutifs d’occupation, cette adresse au bord du fleuve est en train de devenir éminemment populaire.

Adresse en sursis

Pour autant, elle reste en sursis. Les membres du collectif qui l’occupent, issus également du mouvement Prenons la ville, n’ont pour l’heure reçu aucune réponse officielle du Département des infrastructures, auquel ils se sont adressés dès le week-end. «Nous demandons à rencontrer les autorités concernées, afin de discuter de l’aménagement potentiel de Porteous, de définir les espaces dont on s’occupera», explique un militant. Jusqu’ici, l’Office cantonal des bâtiments ne s’est pas manifesté, sinon pour rappeler, par voie de presse, que l’endroit était dangereux et, en l’état, inhabitable.

De quoi faire courir la rumeur d’une plainte auprès du Procureur général, levier nécessaire pour faire évacuer par la force le lieu. La police ne s’est plus manifestée depuis samedi, jour de l’abordage en radeau du bâtiment. Cet acte de piraterie culturelle est à l’origine de l’occupation.

En vedette ce week-end

À noter enfin, et c’est pour le moins amusant, que ce squat nouvellement créé se retrouve malgré lui en vedette des Journées européennes du patrimoine qui auront lieu ce samedi 1er septembre et dimanche 2 septembre toute la journée. Six visites commentées sont prévues de cette ancienne STEP d’Aïre, au 17, chemin de la Verseuse, saluée dans le fascicule tiré à des milliers d’exemplaires pour sa «vision esthétique et sociale». Près de 200 personnes sont déjà inscrites.

Les organisateurs ont pris langue avec les occupants. Ils seront bien accueillis et des moments d’échanges sont d’ores et déjà envisagés. «On se réjouit de pouvoir profiter à notre tour des lumières de l’architecte Thierry Buache qui conduira les visites», s’enthousiasme une militante de Prenons la ville.

Apéro convivial

Ce jeudi, enfin, le collectif d’occupation annonce un apéro convivial dès 17 h, suivi d’un point d’information à 18 h et d’un concert dans le périmètre extérieur de Porteous. «Nous aurons l’occasion de discuter avec les gens et de préciser notre projet de centre socioculturel autogéré», ajoutent d’une même voix les membres présents.

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