Un lieu de bricolage high-tech naît au centre-ville

Innovation Une association crée un fablab près de la gare, avec le soutien de la Ville. Ouverture prévue le 11 octobre.

Le fablab a été installé devant l’immeuble du 1, rue Fendt, à deux pas de la gare. Image: Laurent Guiraud

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Les locaux ne font pas rêver: un double container noir posé sur un parking, derrière la gare Cornavin, au 1, rue Fendt. Mais ces 28 mètres carrés recèlent un paradis de bricoleur. Des machines high-tech (imprimante 3D, fraiseuse numérique, etc.) permettent de construire tout ce qu’on peut imaginer. Le but est de permettre à chacun de s’approprier ces technologies.

Baptisé «Onl’fait» et constitué en association sans but lucratif, l’atelier partagé s’inscrit dans le mouvement des fablabs, ou laboratoires de fabrication, lancé en 2001 aux Etats-Unis (lire encadré). Il comble un manque à Genève. Entre 2013 et 2016, un Fablab Genève a existé, mais il ne disposait pas d’un espace suffisant et n’était ouvert que ponctuellement.

Fabriquer ses propres outils

«Gamin, je rêvais d’un lieu pour bricoler et apprendre auprès d’autres gens, explique Sébastien Mischler, l’initiateur du projet. Mon grand-père avait un atelier et j’étais fasciné par la manière dont il fabriquait ses propres outils: s’il lui manquait un tournevis, il assemblait un vieux manche et une tige de métal qu’il tapait pour lui donner la bonne épaisseur. Plutôt qu’acheter des joints, il découpait une vieille chambre à air en caoutchouc.» Après avoir été électricien pendant quinze ans, il se consacre depuis trois ans au développement de programmes et d’objets «libres» – dont le code source ou les plans sont mis en ligne et réutilisables, à la condition de partager à son tour les améliorations.

A côté des machines déjà installées, une étagère est bourrée de bricolages pour les enfants: un piano en tissu avec des fils de couture conducteurs, ce qui évite de devoir souder, des peluches parlantes, des robots en kit à assembler et programmer dès 8 ans. C’est le rayon de Cristina Olivotto. Enseignante en sciences dans une école privée, elle a rejoint le comité et organisera des ateliers pour les enfants: «Ils ont une créativité incroyable mais attendent des résultats immédiats. Il faut leur apprendre à accepter qu’une construction ne fonctionne pas du premier coup.»

«Notre rêve serait que chacun vienne expérimenter dans ce local, puisse créer des objets qui étaient impossibles à réaliser faute de matériel, et peut-être trouve sa vocation», complète Mathieu Jacquesson, trésorier de l’association. Lui-même est en pleine réorientation: entrepreneur social et patron de la boutique éphémère The Square, il va entrer à la Haute Ecole de travail social.

«Le but est aussi de lancer des projets avec d’autres associations», précise Cristina Olivotto. Par exemple, des maisons d’insectes pourraient être produites pour Terrasses sans frontières, une association créée cette année pour promouvoir la végétalisation des toitures.

Après la soirée de lancement du fablab, le 11 octobre à 18 h 30, les trois membres du comité assureront son ouverture du mardi au samedi de 10 h à 19 h. Un horaire étendu en comparaison des fablabs de La Côte, à Nyon, ou de la HEP Vaud, à Lausanne (deux soirs et demi-journées par semaine respectivement).

Chacun pourra entrer pour découvrir les machines, mais une cotisation annuelle de 150 fr. est nécessaire pour les utiliser. Le prix est plus élevé que les 100 fr. demandés à Lausanne ou Nyon. «Nous essayons d’uniformiser les tarifs dans le but de créer une carte valable partout», explique Christophe Cachin, membre des comités de Swiss Fablabs ainsi que des fablabs de La Côte et de la HEP Vaud. «Mais à sa fondation en 2014, la cotisation du Fablab La Côte était de 200 francs, relève-t-il. Le montant n’a été baissé qu’en 2017, après avoir amorti les machines.»

Soutien de la Ville de Genève

L’association Onl’fait a un budget d’investissement de 70 000 fr., dont 41 000 ont été consacrés aux containers. Deux sponsors apportent un soutien en matériel et la Ville de Genève a fourni 35 000 fr. par le biais du programme G’innove. Pour compléter le mobilier et les outils, l’association a lancé jeudi une campagne de financement participatif visant à récolter 10 000 fr. La fondation bâloise Gebert Rüf s’est engagée à doubler la somme collectée dans le cadre de son programme Science booster.

Infos: onlfait.ch


Le matériel

Le fablab contient des imprimantes 3D permettant de créer des objets par addition de matière. A l’inverse, la fraiseuse numérique creuse dans des matières comme le bois ou le polyester. La découpeuse laser, assurant une découpe rapide et précise, promet d’être la star du fablab. La thermoformeuse crée des pièces de plastique à partir de moules. Des outils plus classiques complètent l’attirail high-tech: un plotter pour imprimer en grand format, des postes à souder, perceuses, tournevis, etc.

(TDG)

Créé: 15.09.2017, 07h50

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Le réseau des fablabs

Un fablab (fabrication laboratory) est un atelier high-tech assorti d’un concept de liberté et de partage du savoir. Le premier, fondé en 2001 au Massachusetts Institute of Technology (MIT), a établi une «charte des fablabs» spécifiant notamment que chacun peut y produire n’importe quel objet du moment qu’il n’est pas destiné à nuire. L’idée a essaimé dans le monde entier.

En Suisse, on en trouve à Nyon, Renens, Lausanne, Neuchâtel, Fribourg et Sion. Le principal obstacle à leur ouverture est la nécessité de trouver un lieu à la fois central, spacieux, isolé – en raison du bruit et des poussières – et bon marché.

Le Fablab La Côte, à Nyon, a d’abord occupé un espace d’à peine 20 mètres carrés dans la zone industrielle de Champ-Colin. Il est désormais dans les murs de l’école secondaire de Nyon-Marens. L’ouverture au public ne peut se faire que le soir, en dehors des heures de classe. Celui de Renens a bénéficié pendant deux ans de locaux et machines gratuits, grâce à une société de prototypage et à une école privée. «Cela a permis de lancer la machine, explique l’un de ses responsables, Richard Timsit. Mais l’école et la société ont déménagé.» Son association loue désormais un espace à 220 fr. le mètre carré par an dans une friche industrielle et espère obtenir un arrangement. Le local est ouvert en permanence et accessible à l’aide d’un badge.

«Il faut créer un espace de rencontre, remarque Richard Timsit. Le fabLab de Neuchâtel, par exemple, a beaucoup gagné en prenant pignon sur rue à proximité de la gare.»

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