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On se bouscule pour venir en aide aux chauffeurs de taxi

Le PS et le MCG rivalisent pour permettre à nouveau aux taxis de rouler sur les voies de bus sans client.

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Pierre Albouy

«Nous perdons jusqu’à trois heures par jour dans des bouchons, peste Cédric Bouchard, président de Taxiphone. Cette aberration menace la viabilité de notre modèle économique!» Le grief des chauffeurs de taxi a été entendu par de nombreuses oreilles au Grand Conseil. Tant le MCG que le PS proposent de rectifier l’une des innovations de la nouvelle loi qui encadre le métier. Voté il y a un an, entré en force en juillet et toujours contesté en justice, le texte stipule que les taxis ne peuvent plus emprunter sans passager à bord les voies de bus qui leur sont ouvertes (environ un tiers de ces pistes jaunes). Or la corporation juge la nouvelle donne intenable. Le 27 septembre, le MCG a proposé de rouvrir aux taxis l’accès aux voies de bus sans condition. Tout juste lancé lundi, un projet du PS prône de leur restituer cette possibilité s’ils transportent un client, vont en chercher un ou gagnent une station.

«Il faut savoir reconnaître ses erreurs, déclare Thomas Wenger, auteur de la démarche socialiste. Nous avions voté la nouvelle restriction de crainte de voir les transports publics ralentis. Mais à l’usage, elle dégrade les conditions de travail des chauffeurs et rend le métier peu efficace pour le client qui doit parfois attendre une demi-heure son véhicule.» L’élu vante les mérites de son projet de loi par rapport à celui du MCG: «Ils se contentent de biffer la condition du transport d’un client, si bien que les taxis pourraient même emprunter les voies de bus pour ramener leurs commissions à la maison», critique Thomas Wenger. Selon lui, c’est après qu’il a parlé de son projet au MCG que ce dernier parti s’est empressé de déposer un texte. Pascal Spuhler, qui en est le signataire, confirme les faits et les justifie. «On a décidé de brûler la politesse aux socialistes car, contrairement à eux, nous nous sommes toujours battus pour que les taxis puissent continuer à utiliser les couloirs de bus, même sans passager, souligne-t-il. En fait, c’est le PS qui nous brûlait la politesse en reprenant ce qui a toujours été notre ligne!» Pour lui, les conditions que prévoit le PS seront impossibles à contrôler: mieux vaudrait donc un texte simple.

La concurrence politique semble donc s’aviver à l’approche des élections… Les restrictions d’accès aux pistes jaunes avaient été proposées par le Conseil d’Etat, retirées lors du débat parlementaire, puis réintroduites par un amendement du Vert Mathias Buschbeck. Ce député promet d’examiner avec bienveillance les nouvelles propositions. Mais il prévient: «Notre réponse dépendra de ce que les TPG nous diront au sujet de l’impact des nouvelles mesures sur leur vitesse commerciale.»

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