La boucherie des Eaux-Vives à son tour caillassée

GenèveLes antispécistes poursuivent leurs opérations en ville. Le boucher: «Nous sommes des artisans, ils se trompent de cible.»

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Les caillasseurs de boucheries ont mené un nouveau commando. Dans la nuit de mardi à mercredi, ces combattants de la cause animale ont jeté leurs grosses pierres contre les vitrines de la boucherie Faure-Malan, dans le quartier des Eaux-Vives. Trois lancers côté rue et autant de vitrines brisées. Des autocollants servent à revendiquer l’acte. La signature des antispécistes, groupes dénonçant la supériorité de l’homme sur les autres espèces.

«Quand je suis arrivé à 6 h 15, j’ai découvert les dégâts et les autocollants», raconte Adrien Mosset, jeune employé de la boucherie installée dans le quartier depuis cinquante ans. Pas de colère ni de rancœur, simplement de l’incompréhension. «Ces gens se trompent de cible. Les images d’abattoirs qui ont choqué l’opinion, ça ne nous concerne pas, rappelle Éric Faure-Malan, patron et fils du fondateur de la boucherie des Eaux-Vives. Nous prônons des circuits courts, c’est pourquoi nous travaillons avec des producteurs de la région qui misent sur un élevage durable», poursuit-il. Pour son employé, «se battre contre la maltraitance animale, c’est une noble cause. Mais en arriver là pour se faire entendre, c’est vraiment dommage.»

Clients solidaires

Après les caillassages des boucheries du Molard, de Champel et des Grottes à la mi-mars, les bouchers-charcutiers des Eaux-Vives avouent qu’ils s’y attendaient «un peu». Dans le quartier, des caméras de vidéosurveillance ont immortalisé trois personnes encagoulées descendant la rue vers 2 h du matin. «En détruisant nos vitrines, ces personnes décrédibilisent leur cause», soutiennent les bouchers. D’autant que l’acte de destruction crée l’effet inverse en favorisant un élan de solidarité. «Beaucoup de gens sont venus nous voir pour nous soutenir. On a même de nouveaux clients», relève Éric Faure-Malan.

Le ton n’est pas le même chez Bernard Menuz, président de la société patronale des bouchers-charcutiers de Genève. Lorsqu’on lui apprend le dernier caillassage, le représentant cantonal de la branche fulmine. «Ceux qui ont fait ça sont des voyous, au même titre que ceux qui arrachent les sacs des vieilles dames! C’est tellement facile de venir casser une vitrine et de partir en courant. Qu’ils viennent nous voir. Nous sommes prêts à les rencontrer et à discuter.»

Propriétaire d’un laboratoire, celui qui représente une vingtaine d’artisans bouchers à Genève se dit triste pour ses collègues. «Ils travaillent 15 heures par jour, ils ne peuvent pas encore passer la nuit dans leur magasin!»

Les auteurs courent toujours

Alors qu’aucun autre canton ne fait face à pareil phénomène, Bernard Menuz a alerté la faîtière nationale lors de la récente assemblée générale. «Notre président a écrit au conseiller d’État responsable de la sécurité, Pierre Maudet, fait savoir Bernard Menuz. Il demande des mesures et des punitions sévères.» En réponse, le DSE invite chaque commerçant à déposer une plainte.

En attendant, les auteurs – qu’il s’agisse des jets de pierre contre les boucheries du Molard, des Grottes, de Champel ou de la récente attaque des Eaux-Vives – courent toujours. «Les enquêteurs tentent toujours d’identifier les auteurs», fait savoir un porte-parole de la police. (TDG)

Créé: 03.05.2018, 14h52

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