Au bord de la crise de nerfs, le PS ne parvient pas à se réconcilier

Tensions Choix des candidats au Conseil d’Etat, exclusion d’un membre, le Parti socialiste ne cesse de laver son linge sale en public.

Un rapport a analysé la désignation en assemblée générale, le 13 mai, des candidats socialistes.

Un rapport a analysé la désignation en assemblée générale, le 13 mai, des candidats socialistes. Image: Frank Mentha

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Le Parti socialiste genevois n’aura bientôt plus besoin d’adversaires politiques tant ses conflits internes remplissent son agenda. Même la publication, cette semaine, du rapport interne sur l’assemblée générale qui, le 13 mai, a désigné les candidats à l’élection du Conseil d’Etat a créé une montée d’adrénaline. Parce qu’une version non aboutie de ce document a fuité dans la presse, assortie d’interprétations négatives.

Comme si cela ne suffisait pas, la section Ville de Genève a, lundi soir, procédé à l’exclusion d’un de ses membres, un militant à la langue bien pendue très critique vis-à-vis du fonctionnement de la section, de son comité et de ses deux élus au Conseil administratif. Là également, la dispute a été vive lors de l’assemblée générale qui a pris la décision par 22 oui contre 15 non et 3 abstentions. Trop, c’est trop (particulièrement en période préélectorale).

Ce que contient le rapport

Comme le reconnaît Sylvain Thévoz avec regret, «le moins que l’on puisse dire, c’est que cela chahute pas mal en ce moment». Le conseiller municipal est bien placé pour apprécier la situation puisqu’il est coprésident de la section Ville et membre du comité directeur cantonal.

Mais voyons tout d’abord ce que contient ce rapport, demandé pour analyser les adhésions intervenues les trois mois précédant le congrès, ainsi que les bulletins de vote du 13 mai. Une demande formulée suite à des soupçons de manipulation, relayés publiquement par le député Alberto Velasco. En clair, deux des vainqueurs du jour (Thierry Apothéloz et Sandrine Salerno, qui accompagneront la sortante Anne Emery-Torracinta) auraient bénéficié de votes de nombreux nouveaux adhérents et auraient conclu des «alliances».

Durant les trois mois qui ont précédé l’assemblée, 99 personnes sont devenues membres du PS, dont quelques familles entières. C’est plus qu’en 2013 (61), mais ce n’est pas non plus massif. En 2017, la section Ville de Genève a validé à elle seule l’adhésion de 52 nouveaux membres. Cela peut paraître beaucoup, mais cette section est aussi la plus importante du canton (350 membres sur 857). Lors de l’assemblée, 23 de ces nouveaux membres de la section ont en fait participé aux votes (sur 173 représentants de la Ville).

Pour le comité directeur du PS, «cette analyse démontre que les résultats de l’assemblée générale de désignation ne sont pas remis en cause». Tous les socialistes ne seront peut-être pas convaincus, puisque il y a effectivement eu des irrégularités: neuf personnes ont ainsi pu voter alors qu’elles n’étaient pas formellement membres. Pas joli, mais trop peu pour peser dans les choix. Pour éviter ce genre de dérapages, le comité directeur promet de réformer les statuts et de clarifier les règles.

Une exclusion qui tombe mal

Malgré ses défauts et la mise en évidence d’adhésions un peu bizarres, ce rapport aurait potentiellement pu calmer les esprits. Mais l’exclusion, lundi soir, par la section de la Ville de Genève de Manuel Alonso Unica risque de raviver les tensions.

«C’est une erreur de l’avoir exclu, commente Alberto Velasco. Nous avions proposé une médiation mais ils l’ont refusée. Des trublions comme lui, il y en a dans tous les partis. Il y a un malaise au sein de PS et, au lieu d’apaiser les tensions, on fait cela…»

Pour Sylvain Thévoz, il n’y avait toutefois pas à hésiter: «Une ligne rouge a été franchie, c’est une question d’éthique et de valeurs.» Ce qui est certain, c’est que Manuel Alonso Unica ne va pas en rester là: «On m’a fait un procès en sorcellerie, on a cherché des prétextes, affirme-t-il. Je ferai recours contre cette décision.»

L’ennui pour le PS, c’est que ce sera à une assemblée cantonale de trancher ce recours. Et elle devrait se dérouler au début de septembre, soit au moment où le parti devrait se mettre en ordre de marche pour la campagne électorale. On peut rêver mieux pour rassembler les troupes.

(TDG)

Créé: 04.07.2017, 20h54

Articles en relation

Le PS Ville de Genève exclut l’un de ses membres

Tensions Une assemblée générale a décidé lundi soir de prononcer l’exclusion de Manuel Alonso Unica en raison de ses propos. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.