Ils veulent doter Genève du Bonheur cantonal brut

GenèveUn petit groupe de citoyens planche depuis deux ans sur un projet qui vise à inscrire la notion de bonheur dans la Constitution.

Les huit membres du groupe qui travaille sur l'instauration d'un indice du Bonheur cantonal brut ont présenté leur projet ce mardi matin à la presse.

Les huit membres du groupe qui travaille sur l'instauration d'un indice du Bonheur cantonal brut ont présenté leur projet ce mardi matin à la presse. Image: LUCIEN FORTUNATI

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Tous les deux mois depuis deux ans, un petit groupe de huit citoyens se réunit durant deux heures, presque secrètement. Leurs profils sont très différents, mais ils poursuivent le même but: doter Genève d’un indice de Bonheur cantonal brut (BCB), inscrit dans la Constitution. Ce mardi, le groupe, baptisé Future Tank, est sorti du bois afin de présenter son projet aux médias.

Qui sont-ils? «Des jeunes et des moins jeunes, des femmes et des hommes, des gens de droite et de gauche, mais notre groupe se veut résolument apolitique», glisse Félix Urech, professeur, directeur d’une société de conseil en entreprise et fondateur de Future Tank.

L’exemple du Bhoutan

«Notre idée de base est de réinventer Genève ensemble, avec la population, de comprendre l’évolution de la société, ses changements et leurs implications pour le canton», poursuit Félix Urech. Autrement dit, «sortir des schémas politiques et économiques actuels, auxquels les gens ont de plus en plus de peine à s’identifier», précise Jacques Jeannerat, ancien député.

Le petit comité a déjà préparé un projet de loi constitutionnelle, qui demande au gouvernement d’agir concrètement «pour développer le Bonheur cantonal brut». Et à cette fin, de «mettre en place plusieurs indicateurs sur les axes de développement durable».

«Nous ne sommes pas angéliques», affirme Christian Brunier, lui aussi ex-député et actuel directeur général des Services industriels de Genève. «Certains pays s’inscrivent déjà dans cette dynamique, à l’exemple du Bhoutan, un petit État himalayen qui a inscrit le Bonheur national brut dans sa Constitution, ou encore la Nouvelle-Zélande. Par ailleurs, les Nations Unies ont adopté un programme regroupant 17 objectifs mondiaux de développement durable. Notre démarche s’inspire de ces exemples.»

Concrètement, cinq critères de base ont été définis, que Christian Brunier commente: «Un développement économique responsable et durable, qui doit bénéficier à toute la population; une forte solidarité humaine, soit une politique sociale au sens large; la sauvegarde de l’environnement; une bonne gouvernance, démocratique, qui apporte confiance dans le gouvernement; enfin, la promotion de la culture, de nos racines, afin de pouvoir construire sur ce qui nous fédère plutôt que sur ce qui nous divise.»

Mesures et suivi

Mais comment passer des belles intentions aux actes? En d’autres termes, Future Tank est-il un nouveau groupe de réflexion dont les recommandations resteront lettre morte? «Non, sa réussite doit faire l’objet de mesures précises et d’un suivi dans le temps», relève Olivier Rigot, gestionnaire de fortune. «Cette tâche pourrait être dévolue à une université», ajoute Christian Brunier.

Afin de mettre en place des indicateurs pour mesurer l’indice BCB et définir des objectifs précis, le comité a déjà effectué des sondages et des tests sous forme de questionnaires, notamment auprès des étudiants de la Haute École de gestion. Un sondage plus large, peut-être à l’échelle cantonale, est en gestation. «Notre projet n’est pas figé, il évolue», assure Dilara Bayrak, conseillère juridique et étudiante (master) en droit général.

Le groupe a par ailleurs été reçu par le conseiller d’État Thierry Apothéloz, «qui nous a demandé de poursuivre nos démarches, indique Christian Brunier. L’objectif reste de mettre nos réflexions à la disposition de la société civile, et de mettre les gens en mouvement.» Jacques Jeannerat conclut: «Nous transmettrons volontiers notre bébé, mais nous ne lâcherons pas notre idée. Nous irons jusqu’au bout!»

Créé: 17.09.2019, 18h57

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