Le blocage des postes à l’Etat risque de faire très mal

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Après le frein à l’endettement et le frein au déficit, le frein au personnel est né la semaine passée. Il veut geler les charges de fonctionnement et de personnel tant que la dette, qui dépasse aujourd’hui 13 milliards, n’aura pas perdu 5 milliards. Si cette loi est acceptée par le peuple, l’Etat, sauf indication contraire de deux tiers des députés, compensera toute nouvelle hausse des dépenses de personnel, hors celles provoquées par l’inflation ou induites par les mécanismes salariaux, par des économies.

En clair, il faudra virer des instituteurs pour engager des policiers, à moins que ce ne soit l’inverse (les deux professions représentant en effet environ la moitié du personnel de l’Etat, hors HUG). A court terme, la cible sera sans doute le back-office des départements, le personnel administratif et technique, qui représente un emploi sur quatre au Département de l’instruction publique (DIP). Mais le back-office étant aussi nécessaire, il faudra finir par licencier si les départs naturels ne suffisent pas. Quel serait l’impact final sur les prestations? On n’en sait rien.

Une seule certitude, la purge sera longue. Pour économiser 5 milliards, l’Etat devra en effet jeûner 25 ans s’il choisit d’épargner 200 millions par an. Il devra économiser plus pour absorber en parallèle l’augmentation «naturelle» des dépenses liées au vieillissement de la population ou à la péréquation intercantonale. Possible? Non. Ce film d’horreur n’aura pas lieu puisque, le hasard est bien fait, la loi n’indique aucune échéance pour revenir à 8 milliards de dette… Reste que le simple blocage des postes sur des décennies sera douloureux. Il contraindra en parallèle l’Etat à revoir les prestations de sa caisse de pension, puisque celles-ci sont financées par les cotisations des assurés actifs qui n’augmenteront plus, voire diminueront si le personnel de police, affilié à une autre caisse, augmente…

Dans ces conditions, si elle était votée, il n’est pas exclu que la loi soit purement et simplement ignorée ou contournée, comme cela fut le cas dans les années 90. A l’époque, l’effectif des fonctionnaires avait été réduit, provoquant l’engagement en douce d’agents auxiliaires. Résultat: entre 1998 et 1999, il avait fallu «régulariser» 1000 postes fantômes. Mais ce ne serait pas très bon pour la crédibilité de l’Etat…

Si celui-ci veut réellement diminuer ses dépenses et sa dette sans toucher aux prestations ni aux postes, il existe d’autres solutions. L’une serait de remettre en cause le niveau des salaires de ses employés, l’autre de lever un centime additionnel d’impôt spécifique, comme le propose un projet de loi socialiste qui dort en commission. Mais on ne pourra pas à la fois se désendetter, baisser les impôts des entreprises et maintenir les prestations.

(TDG)

Créé: 20.11.2015, 10h22

Marc Bretton - Journaliste rubrique locale.

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