Blessée par une trottinette, la patronne du café dénonce

Bois de la BâtieGérante du Café de la Tour, Jasmine Piguet ne sait plus comment éviter les coureurs et les deux roues qui coupent sa terrasse.

Jasmine Piguet, la patronne du café, ici avec sa fille Amalia, a le poignet cassé et elle devra se faire opérer.

Jasmine Piguet, la patronne du café, ici avec sa fille Amalia, a le poignet cassé et elle devra se faire opérer. Image: Georges Cabrera

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Un poignet cassé et une opération chirurgicale agendée. Au total, cinq semaines de plâtre, avec impossibilité de mouvoir la main droite. La patronne du Café-restaurant de la Tour, posté sur les hauteurs du Rhône, jouxtant le bois de la Bâtie et les jardins familiaux, est furieuse: «Une trottinette électrique m’est rentrée dedans mardi pendant le service de midi, déboulant sur le chemin piéton qui traverse la terrasse. J’ai fait la toupie sur moi-même. Heureusement, un client a rapidement tendu une chaise pour que je m’asseye.»

Le chauffard en trottinette ne s’est pas arrêté pour autant. «Il a filé tout droit, avec sa musique dans le sac à dos. Environ 25 ans, short et t-shirt, avec une queue-de-cheval», détaille Jasmine Piguet, qui espère retrouver l’indélicat afin de déposer une plainte contre lui à la police.

Un problème récurrent

Si les quelques habitués matinaux et leurs chiens donnent l’image d’un café-restaurant plutôt calme, il en va autrement pendant la pause de midi. En cause, le chemin piéton bétonné séparant le restaurant de sa terrasse. «C’est l’heure où sortent tous les coureurs, qui ne ralentissent pas sur ces 10 mètres, poursuit la patronne. Les cyclistes, eux, ne posent pas pied malgré l’interdiction de circuler. Avec les vélos et les trottinettes électriques, on n’est même plus en sécurité du côté de la montée, car ils peuvent maintenant surgir depuis la droite à toute allure.»

Ce va-et-vient menace les clients, mais surtout les serveurs, devant traverser le chemin bordant le café pour rejoindre la terrasse. «Je ne compte pas le nombre de plateaux tombés par terre, de collisions et de chutes légères parmi l’équipe.» Si rien n’interdit aux joggeurs de circuler, tous les véhicules sont pourtant bannis de ce tronçon. Depuis qu’elle gère l’établissement, soit 1992, Jasmine a averti policiers municipaux, cantonaux, et employés de la Ville «quand ils venaient prendre un café ici» de la dangerosité de ce bout de voie. «On m’a conseillé de mettre une barrière devant l’entrée du chemin. À mes frais bien sûr.» Car si les murs du café appartiennent à la Ville, son entretien et sa gestion, de même que celui du jardin et de la cour, reviennent à la patronne.

Obstacles mis à terre

Mais barrières, pancartes et obstacles placés en amont du chemin ne suffisent pas: «Des cyclistes les déplacent ou les poussent», assure Jasmine Piguet. Des anecdotes, la patronne et sa fille de 25 ans, Amalia, qui travaille au café en tant que serveuse, en ont plein. «On avait placé le menu du jour sur un trépied assez lourd à l’entrée du chemin, de façon à inciter les personnes à ralentir avant de traverser la terrasse. Un coureur l’a violemment poussé de la main et il est tombé à dix centimètres de la tête d’un enfant», se souvient Amalia Piguet.

«Certains sont tellement gonflés qu’ils nous injurient. Récemment, un coureur, déboulant sur le chemin, m’a agrippé les poignets en me secouant et en me tirant sur plusieurs mètres alors que je sortais avec les consommations. Il m’a hurlé de regarder à gauche. Tous les verres se sont cassés. Il a encore maugréé parce qu’un morceau de verre lui avait déchiré son t-shirt. On voit vraiment de tout», souffle la tenancière.

Actuellement, elle a placé une barrière avec un panneau indiquant aux vélos de suivre la voie prévue à leur effet, passant derrière l’établissement. Le chemin montant depuis les berges jusqu’au bois de la Bâtie ayant été officiellement fermé en raison des éboulements, le trafic des cycles est moins fréquent. Mais pas pour longtemps: «J’ai vu un cycliste passer du temps à couper les attaches et à ouvrir une barrière», assure Jasmine Piguet. Quant aux coureurs, ils font fi de la fermeture du chemin, barrière ou non.

Créé: 12.08.2019, 07h04

Des circulations à revoir dans le parc

Assimilable à un vélo selon la réglementation, la trottinette électrique roulait-elle à bon droit au travers de la terrasse du Café de la Tour? Non, assure-t-on au Service des espaces verts de la Ville de Genève. Celui-ci indique que seul un itinéraire, aujourd’hui condamné à la suite d’éboulements et en attente d’une réfection, était ouvert aux vélos, dans le seul sens de la montée: il s’agissait d’un sentier grimpant du quai des Péniches, au bord de l’Arve, et aboutissant à l’arrière du restaurant.

La rénovation en profondeur qui a commencé en mars au Bois de la Bâtie et doit se prolonger jusqu’en juin 2020 ne changera rien à ces régimes de circulation. En fait, la problématique des deux-roues ou autres engins n’a guère été thématisée dans la proposition de crédit que l’Exécutif a soumise au Conseil municipal pour financer ces réfections, à hauteur de 6,7 millions de francs.

Le site est pourtant voué à devenir à terme un important carrefour pour les mobilités douces. Il se trouve en effet sur le tracé de la future Voie verte d’agglomération (c’est son nom pour les spécialistes) qui, prolongeant l’axe déjà créé entre Annemasse et les Eaux-Vives, doit se frayer un chemin à travers Champel, le long de la rive gauche de l’Arve, puis doit franchir le Rhône par le viaduc ferroviaire de la Jonction (qui a été élargi à cette fin) et rejoindre le Pays de Gex via Vernier et la Zimeysa. En outre, il est aussi prévu de tracer une Voie verte de Bernex au Bois de la Bâtie via les Evaux et le Petit-Lancy.

«Il faudra réfléchir à la gestion des flux importants de vélos et piétons que vont générer ces Voies vertes et que les cheminements actuels ne peuvent en aucun cas supporter, indique Daniel Oertli, chef du Service municipal des espaces verts. Cela nécessitera des adaptations substantielles.» Selon le Département municipal des constructions et de l’aménagement, des études préalables ont ébauché deux options pour relier le viaduc ferroviaire à la rive de l’Arve. L’une consiste en un nouveau tracé le long de la falaise qui a le mérite d’offrir une pente surmontable, mais au prix de lacets tortueux. L’autre solution prendrait la forme d’un ascenseur, ouvert aux cycles, mais la facture d’une telle installation sème le doute. Aucune de ces réalisations n’est agendée pour un avenir proche.

Marc Moulin

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