La biodiversité, base de notre existence

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’édition 2018 du rapport «Planète vivante» du WWF nous rappelle qu’en quarante ans, les effectifs de nombreuses espèces sauvages ont chuté de 60%, prélude à une extinction massive, la première provoquée par une seule espèce – la nôtre. Le développement continu des infrastructures, des bâtiments, des nuisances et dérangements de la faune et de la flore, y compris la pollution lumineuse, n’est évidemment pas propice à la biodiversité.

Récompense de l’engagement de nos agriculteurs, les oiseaux des champs revivent à Genève, alors qu’ils déclinent dans tout le reste du pays

Notre société du prêt-à-jeter et du presse-bouton, nos modes de vie largement artificialisés nous font oublier les prestations de la nature, sans lesquelles nous ne sommes rien: production d’eau douce, d’air respirable, de sol fertile, des ressources minérales et énergétiques, d’un climat vivable, de ressources animales et végétales exploitables… Que ferions-nous sans ces services écosystémiques, produits du travail de la nature, capital naturel accumulé au cours des temps géologiques? Une étude menée dans des réserves naturelles (!) en Allemagne a créé le buzz l’an dernier, soulignant une baisse de 80% des insectes en quarante ans. Moins d’insectes, c’est moins de pollinisation non seulement des plantes agricoles mais de toute la végétation, et c’est aussi une catastrophe pour l’avifaune. Et chaque fois que nous faisons du mal à la nature, nous faisons du mal à notre propre nature.

À Genève, une certaine conciliation entre la pression énorme que subit le territoire et le maintien de la biodiversité a été possible grâce à de nombreuses dispositions de protection de la nature et du paysage, de nombreux propriétaires et gestionnaires de terrains, et des modes d’exploitation sylvicoles et agricoles proches de la nature. Et en effet, récompense de l’engagement de nos agriculteurs, les oiseaux des champs revivent à Genève, alors qu’ils déclinent dans tout le reste du pays. Preuve que si on le veut, on peut inverser la tendance.

Mais sur la durée, la contradiction entre, d’un côté, bétonnage et densification et, de l’autre, besoin d’espace pour les espèces ne pourra être résolue que par la renonciation à un surdéveloppement du bassin genevois. Car pour que la biodiversité se maintienne sur le territoire, il faut la promouvoir dans toutes les parties de celui-ci et inverser le mouvement de morcellement continu des biotopes. Ce qui signifie préserver les sites encore naturels, qui sont autant de têtes de réseau, et promouvoir les infrastructures écologiques assurant la connexion entre les milieux de vie.

Un débat qui va prendre de l’ampleur suite à l’entrée en vigueur de la Loi cantonale sur la biodiversité, en 2012, et de la stratégie cantonale de la biodiversité – avec ses douze chapitres allant de la nature en ville aux tâches des institutions de formation, de la recherche à la préservation des cours d’eau –, adoptée en 2018 et qui va maintenant être concrétisée par un plan d’action. La preuve de la prise au sérieux des besoins des espèces? La route, la construction qu’on ne fera pas, faute de pouvoir concilier sa réalisation avec les exigences de la biodiversité.

(TDG)

Créé: 08.11.2018, 10h55


Retrouvez ici tous les invités de la Tribune de Genève La rubrique L’invité(e) est une tribune libre (3000 signes, espaces compris) sélectionnée par la rédaction. Avant d’envoyer votre contribution, prenez contact assez tôt à courrier@tdg.ch, afin de planifier au mieux son éventuelle publication.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Papyrus: les régularisés gagnent plus et vont mieux que les illégaux
Plus...