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Bientôt une dizaine d’hôtels supplémentaires à Genève

Le canton va gagner mille chambres en quelques années. Ce qui ne plaît pas à tout le monde.

Un milieu qui entretient l’omerta, et un Département de l’aménagement qui ne possède pas de base de données fiable sur le sujet. Il n’est pas aisé de se renseigner sur les projets d’hôtels à Genève. Nous avons tout de même réussi à regrouper quelques informations sur une dizaine d’établissements ayant obtenu une autorisation de construire. L’offre dans la gamme économique s’accroît dans des communes voisines de la Ville de Genève.

L’ascension d’AccorHotels

Ce qui saute aux yeux, c’est la puissance de frappe du groupe français AccorHotels. Le leader du marché genevois exploitait dix établissements en 2013, il en gère maintenant quatorze. Sans compter trois nouveaux Ibis à l’agenda à court terme: deux à Palexpo – malgré l’opposition de l’établissement voisin, l’hôtel Starling – et un au rondeau de Carouge (lire infographie). Il augmente ainsi l’offre de deux et trois étoiles, deux catégories qui représentent 34,4% du marché genevois en 2016.

«A Genève, il y a beaucoup de quatre et cinq étoiles, et pas d’offre hôtelière économique, orientée loisirs, estime Philippe Alanou, directeur général d’AccorHotels Suisse, présent à l’inauguration du dernier Ibis à la rue de Berne. Sur nos quatorze hôtels genevois, 65% sont dans la gamme économique. On développe une offre qui n’existait pas sur le marché.» Le ministre de l’Economie Pierre Maudet, participant à l’événement, a marqué sa «gratitude pour cet investissement, qui permet l’accroissement d’une offre nécessaire à Genève». Les affaires semblent bien tourner pour le groupe. Si le taux d’occupation moyen à Genève se situe entre 60 et 65%, Philippe Alanou, sans révéler de chiffres, revendique «beaucoup plus».

Vers une surcapacité?

La capacité hôtelière de Genève va donc augmenter d’au moins 1000 chambres, et s’accroître d’environ 10%. Ce qui n’est pas forcément pour réjouir Thierry Lavalley, président des Hôteliers genevois. «J’ai toujours dit que nous avons trop d’hôtels à Genève, que la cour est pleine. Le taux d’occupation moyen ne dépasse pas 65%. On a ce qu’il faut avec nos 9500 chambres, ça représente la plus grande densité au monde par rapport à la population.» Et pourtant, lors de gros événements comme le Salon de l’auto, difficile de se loger. «On est complet seulement vingt-cinq jours par an! On n’a pas assez d’événements, d’autant que les belles années de congrès sont derrière nous. 2017 est la dernière car elle a été négociée avant la dévaluation de l’euro de 2015. Les années qui se profilent seront très difficiles.» Thierry Lavalley reconnaît tout de même qu’«il fallait rééquilibrer l’offre autour de Palexpo, car il n’y avait pas d’option économique. Mais au centre-ville, l’offre est bien équilibrée, même si elle est concentrée sur la Rive droite.»

L’augmentation du nombre de trois étoiles vient d’ailleurs chatouiller le groupe Manotel, qui en détient trois au centre-ville. «Indéniablement, c’est une concurrence supplémentaire, reconnaît son président, Paul Muller. Ça dépend si c’est juste des changements d’enseigne (ndlr: comme le nouvel Ibis de la rue de Berne) ou des créations pures et dures, comme à Palexpo. Là, c’est un secteur où nous sommes moins concernés. Mais nos hôtels ont la chance d’avoir des thèmes forts, des spécifités propres à chacun.» Contrairement au standard Ibis. «Cela dit, on ressent beaucoup plus l’impact de la concurrence d’Airbnb, qui est une économie parallèle, que celle des nouveaux hôtels.»

A noter aussi, l’arrivée de Radisson Blu, une marque américaine haut de gamme (quatre étoiles), et l’expansion du groupe Boas, qui exploite déjà le Lake Geneva Hotel à Versoix.

Zone industrielle: un pari

Un projet atypique se détache du lot: celui de l’hôtel trois étoiles prévu dans la zone industrielle de Plan-les-Ouates, destiné à accueillir les clients des sociétés adjacentes, notamment dans l’horlogerie. C’est le seul qui ne se situe pas en centre-ville ou à l’aéroport. Un créneau qui pourrait se révéler porteur.

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