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Le bétonnage des règles sur le parking inquiète la Ville

En exigeant une compensation plus stricte des places supprimées, la droite alarme le PDC Guillaume Barazzone.

Guillaume Barazzone près des restes d’un arbre abattu au boulevard Helvétique, faute d’avoir supporté le poids des voitures.
Guillaume Barazzone près des restes d’un arbre abattu au boulevard Helvétique, faute d’avoir supporté le poids des voitures.
Pierre Abensur

Dans son bureau de la rue de l’Hôtel-de-Ville, le magistrat municipal Guillaume Barazzone lorgne avec anxiété les projets qui mijotent au parlement cantonal voisin. Dans sa commission des transports, une majorité formée du PLR, de l’UDC et du MCG a voté, contre l’avis de la gauche et du PDC, un projet qui durcit les conditions auxquelles des stationnements peuvent être supprimés dans le centre de l’agglomération pour être compensés dans des parkings souterrains existants (lire la «Tribune de Genève» du 8 janvier). Les Villes de Carouge et Genève sont légalement tenues depuis 2012 de remplacer les places qu’elles effacent dans les rues.

Seul élu de droite à l’Exécutif de la Ville de Genève, le démocrate-chrétien chargé de l’environnement urbain voit d’un mauvais œil ce tour de vis susceptible, selon lui, de ruiner l’accord sur le projet de parking et de zone piétonne à Rive et d’annihiler ses efforts pour végétaliser la cité. Sous l’égide d’Urbanature, l’élu ambitionne de fournir plus de chlorophylle aux habitants.

Des arbres ou des voitures

«En deux ans, 500 arbres ont été plantés, mais par le passé des arbres ont été abattus pour des raisons sanitaires ou de sécurité et je veux les replanter», explique le conseiller administratif, relevant le dilemme particulier qui se pose quand des alignements d’arbres jouxtent des stationnements. «Les places ont souvent été dessinées sur les racines et le poids des véhicules accélère le déclin des plantes que l’on doit parfois se résoudre à abattre. Si on veut replanter, il faut supprimer les places adjacentes, faute de quoi le nouvel arbre ne pourra pas croître.» Suppression permanente car sinon le jeune arbuste finira par subir le même sort que son prédécesseur.

Une situation fréquente? Guillaume Barazzone a demandé une étude qui sera effectuée en février et mars sur les 60 sites concernés sur le sol communal. Un premier examen portant sur un quart de ces sites montre qu’il faudra y remplacer une quarantaine d’arbres majeurs et qu’une centaine d’autres sont fragilisés par le poids des voitures.

Pour le magistrat, une certaine flexibilité est nécessaire pour gérer l’espace urbain: «Il faut laisser une marge de manœuvre aux autorités, avertit-il. Sinon, à terme, les arbres pourraient disparaître de nos rues. Il sera par ailleurs difficile de financer plusieurs parkings en ville ces prochaines années.»

A Rive, c’est un privé qui souhaite creuser sous la rue Pierre-Fatio un souterrain qui logerait 494 voitures et 388 deux-roues. En échange d’une autorisation simultanée pour la piétonnisation de plusieurs rues du quartier selon un consensus trouvé, après des années de blocage, au sein de l’Exécutif de la Ville. «Un compromis fragile, trouvé dans un cadre politique négocié, avertit Guillaume Barazzone. Il risque de capoter si les conditions sont durcies.»

Nouveau débat risqué

Chargé des Constructions au sein du même Exécutif, Rémy Pagani confirme: «Dès que ce projet a été connu, cela a figé les positions au sein du Conseil administratif», indique l’élu d’Ensemble à Gauche. «Le débat risque d’être relancé, alors que nous avions enfin trouvé un accord, se lamente Alain Rolland de la société Valartis, l’investisseur prêt à financer l’ouvrage. Si nous nous retrouvons au cœur d’une nouvelle bagarre partisane, nous pourrions envisager d’aller investir ailleurs.»

Rapporteur de majorité sur le projet du Grand Conseil, Patrick Lussi (UDC) balaie ces critiques communales: «Ce projet réagit à la volonté d’éradiquer la voiture de la ville, argue le député. Il s’agit de prévenir des abus qui ont été légion en ville et d’empêcher qu’on contourne la loi. Je ne serais pas fâché que la situation des parkings devienne aussi figée qu’elle l’est pour le logement, où on ne peut plus rien faire. Si on craint d’avoir des difficultés à compenser des stationnements, il suffit de ne pas en supprimer!»

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