Berne tient à rassurer la population sur le futur centre pour migrants

GenèveLes plans du centre fédéral pour requérants d’asile au Grand-Saconnex sont actuellement soumis à l’enquête publique.

Mauro Poggia, Conseiller d’État chargé de l’asile

Mauro Poggia, Conseiller d’État chargé de l’asile

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Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) cherche à rassurer les Genevois concernant le futur centre fédéral pour requérants d’asile au Grand-Saconnex. À sa demande, une conférence de presse a été organisée mercredi après-midi à Genève en présence de Mauro Poggia, conseiller d’État chargé de l’asile, pour clarifier certains points. Depuis l’annonce de sa construction, le centre fait l’objet de nombreuses critiques et oppositions de la part de riverains, de politiciens et d’associations actives dans le domaine de la migration. Ses plans sont actuellement soumis à l’enquête publique.

En guise d’introduction, Mauro Poggia rappelle que les nouvelles procédures d’asile accélérées ont été acceptées par la population le 5 juin 2016. Cette modification de la loi, en vigueur depuis le 1er mars, exige que la plupart des demandes d’asile soient traitées dans un délai maximal de cent quarante jours.

Concrètement, cela veut dire que dans les septante-deux heures suivant le dépôt de celles-ci, les requérants sont attribués à un des quatre centres fédéraux chargés par Berne de l’ouverture des procédures. Pour la Suisse romande, il s’agit de Boudry, dans le canton de Neuchâtel. Après un séjour d’une durée moyenne de soixante jours dans une de ces structures, les requérants sont envoyés dans un autre centre fédéral, comme celui projeté au Grand-Saconnex, dans l’attente d’une décision, de compléments d’informations ou d’un renvoi. «Le centre du Grand-Saconnex ne sera donc ni un centre de détention ni un centre de renvoi, insiste Mauro Poggia. La majorité des personnes qui y séjourneront seront en cours de procédure.»

Le bâtiment prévu, en bordure de l’aéroport, aura une capacité de 250 places d’hébergement. La durée moyenne des séjours est estimée entre six et huit semaines. Pierre-Alain Ruffieux, du SEM, assure que le bâtiment sera insonorisé, de manière à ce que ses résidents ne souffrent pas du bruit des avions. Il précise par ailleurs que l’agencement de la structure répondra aux besoins des requérants adultes, des familles et des mineurs non accompagnés. Des infirmières seront également présentes et des salles de classe mises à disposition du Canton pour la scolarisation des enfants. Le SEM s’engage en outre à proposer diverses d’activités ainsi que des travaux d’utilité publique rémunérés 30 francs par jour. «Nous nous rendons compte que cela participe à l’acceptation du centre et de ses occupants au sein de la population», souligne Pierre-Alain Ruffieux.

Mauro Poggia ajoute de son côté que le Canton a suggéré quelques modifications dans les conditions d’hébergement initialement prévues par le SEM. Il a notamment demandé que le couvre-feu fixé à 17 h la semaine et 19 h le week-end soit étendu, et que les enfants soient majoritairement scolarisés dans les établissements publics. Il souhaite également qu’une attention particulière soit accordée pour détecter les potentielles victimes de traite d’êtres humains.

Que pense-t-il de la motion votée le 22 mars par le Grand Conseil invitant l’Exécutif à renoncer à la construction de ce centre? «Nous en avons pris connaissance et la réponse du Conseil d’État est prête, indique Mauro Poggia. Une motion n’est pas contraignante, mais nous ne considérons pas le débat clos pour autant.» Céline Garcin

Créé: 15.05.2019, 20h14

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