Berne repêche le tram du Grand-Saconnex

TransportsLe Conseil fédéral rehausse l’aide projetée en faveur des projets de mobilité de la région genevoise. Un bus performant pour Vernier est aussi concerné.

Le tram du Grand-Saconnex retrouve grâce aux yeux de Berne.

Le tram du Grand-Saconnex retrouve grâce aux yeux de Berne. Image: OLIVIER VOGELSANG

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La chasse aux millions fédéraux pourrait s’avérer moins décevante que redouté pour Genève. Dans son examen des projets d’agglomération de troisième génération (PA3), le Conseil fédéral rehausse la notation des requêtes franco-valdo-genevoises. Le tram du Grand-Saconnex ainsi que le bus à haut niveau de service de Vernier rejoignent la liste des projets finançables durant la période 2019-2022, sous réserve de l’aval des parlementaires nationaux, qui en débattront l’an prochain. Les projets de tram en France restent en revanche enlisés.

L’Exécutif suisse a transmis aux Chambres son appréciation finale vendredi. Il a rehaussé de 20% l’enveloppe globale débloquée au niveau national. La région de Zurich, Saint-Gall et Lausanne apparaissent comme bien servis. Et Genève? Dans une première liste, mise en consultation en janvier, la région ne ramassait que des miettes. Un verdict en forme de gifle: 39 millions de francs pour cette troisième génération, alors que la précédente lui en avait valu 205! La notation définitive du Conseil fédéral triple presque les aides envisagées pour le Grand Genève, à 103,86 millions. Berne s’apprête à payer 35% du montant des objets retenus, un taux rabaissé de cinq points par rapport aux précédentes éditions.

Accélération requise

Poids lourd du PA3, le projet d’extension du réseau de trams, de la place des Nations au pôle d’échange prévu sur le parking 47 de la zone aéroportuaire, au Grand-Saconnex, retrouve grâce auprès du Conseil fédéral. Un ouvrage devisé à près de 124 millions de francs. «Pour obtenir le sauvetage des projets recalés en début d’année, il nous a fallu travailler très intensément cet été afin de relever leur niveau de maturité, indique Serge Dal Busco, conseiller d’État chargé des Infrastructures. Je suis très heureux et reconnaissant envers le Conseil fédéral, qui a reconnu que ces investissements sont indispensables.»

C’est l’absence d’un avant-projet actualisé pour cet ouvrage lors de l’envoi des requêtes genevoises en 2016 qui lui a valu ses déboires. L’élu estime que les dossiers devront à l’avenir être mieux creusés. Autre leçon: «On doit concrétiser plus rapidement les projets issus des deux premières générations, poursuit Serge Dal Busco. On peut comprendre que Berne nous demande d’accélérer.» Allusion aux trams de Saint-Julien ou de Bernex-Vailly, financés mais toujours attendus.

Le revirement fédéral constitue une divine surprise pour les autorités du Grand-Saconnex. «C’est une excellente nouvelle, relève Jean-Marc Comte, magistrat chargé des Transports. Le Canton n’aurait pas pu assumer seul un tel investissement. J’ai senti une vraie volonté des services cantonaux de faire le forcing!» Un coup de pouce au réaménagement de la place Carantec a aussi été consenti par le Conseil fédéral. Le chantier devrait démarrer en 2022. La loi genevoise force en tout cas à ne l’ouvrir que lorsqu’on aura mis en service la route des Nations, cet axe routier souterrain dont le percement est en cours, en parallèle à la route de Ferney qu’empruntera le tram.

Des heureux et des déçus

À Vernier, le conseiller administratif chargé de la Mobilité se félicite aussi de la requalification en projet prioritaire du bus à haut niveau de service qui doit relier le centre-ville à Vernier-Village via Châtelaine. Son coût: près de 60 millions de francs. «Le bus actuel n’a pas de site propre en direction de Vernier et se retrouve englué dans les bouchons», relève Yvan Rochat. Lequel déplore toutefois que le projet de passerelle devant relier le futur quartier de l’Étang à la halte ferroviaire de Vernier soit relégué en salle d’attente.

Mais la toute grosse déception provient de l’autre côté de la frontière. Les projets transfrontaliers de tram restent en rade à Berne. La Confédération, qui a cofinancé l’extension du réseau de la frontière au centre d’Annemasse, refuse toujours de contribuer au tronçon menant jusqu’au Perrier, jugeant que le bénéfice pour la Suisse de cette réalisation reste à démontrer. La prolongation de la ligne 18 du CERN à Saint-Genis est, elle, placée en liste d’attente. Berne juge la densité insuffisante autour de l’axe desservi.

«Chacun devra prendre ses responsabilités, y compris financières, pour les projets d’intérêts transfrontaliers, français et suisses, réagit le pôle métropolitain du Genevois français. Les besoins en matière de mobilité sont tels, particulièrement sur les axes transfrontaliers, que la déception ne peut céder la place à la résignation.» Lors de la répartition présentée en début d’année, la France a toutefois obtenu l’aide fédérale pour des aménagements proches des gares de La Roche-sur-Foron et Thonon. (TDG)

Créé: 14.09.2018, 15h20

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