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Berne cofinance un tram, une voie verte et une gare

Trois infrastructures annemassiennes bénéficient d’une aide financière de la Confédération.

Dans la rue de Genève, qui mène au centre d’Annemasse, le chantier du tram avance.
Dans la rue de Genève, qui mène au centre d’Annemasse, le chantier du tram avance.
Lucien Fortunati

«Parfois, les citoyens genevois sont tellement centrés sur leur nombril qu’ils oublient qu’à quelques mètres ou kilomètres d’eux se déroulent d’importants chantiers dont le plus important du siècle (ndlr: le CEVA).» Ainsi parlait hier François Longchamp, président du Conseil d’Etat genevois, juste avant de signer une convention franco-suisse. Celle-ci lie les deux pays en vue de la réalisation de projets d’infrastructures majeurs pour le territoire du Grand Genève. En l’occurrence: le tram reliant Genève à Annemasse, la voie verte ainsi que le pôle multimodal de la ville frontalière – autrement dit, la future gare.

«Un grand pas en avant»

Autant de projets dont la mise en service est prévue vers 2019 et qui bénéficient du soutien financier de la Confédération, à hauteur de 28,5 millions de francs. Sur une facture globale de 115,3 millions. Comme cela avait été le cas il y a deux ans pour Tango, le bus à haut niveau de service annemassien. C’est avec le sourire que les Français accueillent leurs partenaires suisses, dont Ulrich Seewer, sous-directeur de l’Office fédéral du développement territorial. Le représentant de Berne en profite pour féliciter les acteurs du Grand Genève: «Ici, nous avons des projets réalisés que l’on peut montrer aux autres agglomérations. C’est un grand pas en avant. Quand on délivre des montants, il faut que ces sommes soient utilisées!» Il ajoute: «C’est d’autant plus remarquable qu’il s’agit d’un projet transfrontalier. Soit le plus haut niveau de complexité. A titre comparatif, on n’a pas les mêmes résultats avec les Autrichiens.» De quoi donner du baume au cœur aux partenaires franco-genevois. «Le Grand Genève existe bel et bien, lance Christian Dupessey, président d’Annemasse agglo. Il le prouve grâce au cofinancement de ces projets.» François Longchamp renchérit: «Que n’a-t-on entendu? Que le Grand Genève n’était fait que de discours. C’est méconnaître notre volonté politique!»

Concrètement, par cette convention, la Confédération apporte sa contribution sonnante et trébuchante pour la première phase de prolongation du tram depuis Moillesulaz jusqu’au centre d’Annemasse. Ainsi que pour les 900 mètres de voie verte, située sur le tronçon couvert du CEVA, entre le Foron et Ambilly. «Elle se prolonge jusqu’à Bonne, indique Christian Dupessey, sur 12 km en tout.» Enfin, Berne cofinance l’aménagement des espaces extérieurs entourant la future gare.

Des projets essentiels, rappelle Jean Denais, président de l’ARC (ndlr: le pôle métropolitain qui réunit les collectivités françaises entourant Genève). «Chaque jour, on compte 450 000 passages de douane avec Genève. Dont seuls 6% en transports en commun.» Pour Christian Dupessey: «Il faut passer de la voiture aux modes de transports doux.» A Berne, on se félicite de l’argent investi dans ces infrastructures dont profite l’ensemble du Grand Genève. Le tout dans le cadre de la politique des projets d’agglomération. «Cet instrument bénéficie d’une garantie de financement grâce à Forta», souligne Ulrich Seewer.

Fonds frontaliers

Côté français, chaque instance met la main au porte-monnaie: Etat, région, département, agglomération. Seul le blason du Canton de Genève n’apparaît pas dans la liste. Aux yeux de François Longchamp, Genève participe par le biais de la compensation financière genevoise. Une interprétation de l’accord de 1973 qui fait visiblement tiquer certains élus français sans toutefois susciter davantage de réactions. Le président du Conseil d’Etat salue au passage les efforts faits par les départements voisins pour utiliser de manière transparente et efficiente les fonds frontaliers.

Quant à savoir si les récents recours de riverains contre le CEVA peuvent remettre en cause les deux projets annemassiens liés à l’infrastructure ferroviaire (voie verte et gare), François Longchamp se montre confiant. Pendant ce temps, le chantier du tram va bon train rue de Genève.

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