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La «BERCE» a sauvé ses premiers biens culturels

Le gel a fait sauter une canalisation et menacé des archives jeudi. Un plan unique de sauvegarde du patrimoine a été activé.

Le SIS a apporté la BERCE, un container de premiers secours.
Le SIS a apporté la BERCE, un container de premiers secours.
BGE/STEPHANE PECORINI

La neige a lancé ses premiers flocons en soirée mercredi avant de sortir la grosse artillerie dans la nuit. S’en est suivi un chaos sur les routes et à l’aéroport, de la campagne au centre-ville. En parallèle, le froid aussi a sévi, dans la même nuit, au Département de l’aménagement, du logement et de l’énergie.

Il est minuit lorsque, sous l’effet du gel, une canalisation saute. L’eau trace son chemin entre les étages du 12, quai du Rhône, jusque dans la gaine électrique, déclenchant une alarme. Alertés, les pompiers se rendent sur place. Et découvre des étages remplis d’eau dont deux salles contenant de nombreux documents d’archives. «Ils ont stabilisé la zone, fait tomber des faux plafonds imbibés et alarmé la protection civile ainsi que la protection des biens culturels, raconte Nelly Cauliez, conservatrice et responsable de l’Unité Régie à la Bibliothèque de Genève (BGE). J’ai ensuite été contactée.» Car elle est chargée de coordonner le plan d’urgence de la protection des biens culturels (PBC). Elaboré par la BGE, en collaboration avec le SIS, il vise à assurer le sauvetage du personnel et du public des institutions patrimoniales de la Ville, ainsi que l’évacuation et la protection de leurs collections. «Au vu de la gravité du sinistre et du nombre de mètres linéaires d’archives touchés – environ 25 mètres –, nous avons déclenché le dispositif à 4 h.»

C’est la première fois qu’il est activé en situation réelle. «Nous avons déplacé les documents dans quatre salles non touchées du bâtiment et commencé les traitements.» Entre-temps, les pompiers acheminent la BERCE, un container de stockage de matériel de première intervention, «une sorte de trousse de premiers secours pour les biens culturels». Des tables sont installées, on dépose les documents, on s’assure de ne pas les mélanger, on déploie les buvards et les ventilateurs pour les déshumidifier. «Au total, une quarantaine de personnes se sont relayées jusqu’à 17 h», indique la conservatrice. Le traitement devra se poursuivre jusqu’à vendredi prochain. «On ne peut pas risquer la moisissure, ce serait pire que tout.»

Le plan et la BERCE ont permis de sauver ces archives. «Sans ce matériel et cette coordination, nous aurions dû procéder à une évacuation puis à une congélation pour stopper le processus d’altération. C’est très coûteux et certains documents ne supportent pas le froid.» L’incendie de la bibliothèque de l’ancienne École de chimie de Genève en 2008 avait révélé de graves lacunes en matière de procédures d’urgence. Suite à cet incident, le Conseil administratif de la Ville avait chargé un comité de pilotage d’élaborer un concept de protection des biens culturels. La BGE a été la première institution de la Ville à se doter d’un tel plan d’urgence.

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