Benoît Genecand, un «libéral humaniste» genevois à Berne

Elections fédéralesL’ancien directeur d’UBS Genève a décroché le 3e siège PLR au National. Il sera le principal rival de la gauche aux Etats. Portrait.

Benoît Genecand: «Je contre le rangement maniaque qui donne des résultats très discutables, explique-t-il. Et j’aime débloquer les modes de pensée.»

Benoît Genecand: «Je contre le rangement maniaque qui donne des résultats très discutables, explique-t-il. Et j’aime débloquer les modes de pensée.» Image: MARTIAL TREZZINI/Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Parler de lui, pas de problème: «Dans dix minutes?» Benoît Genecand est déjà attablé dans le salon de l’hôtel Tiffany, où il a ses habitudes. On observe ses baskets de sport noires, parfaitement assorties à sa tenue aussi chic que décontractée. «Physiquement, il se positionne dans une certaine nonchalance, toujours souriant, pourtant c’est un personnage plus réfléchi et mesuré que cette image qu’il renvoie et cela lui réussit plutôt bien», avait averti l'ancien conseiller municipal PLR Gary Bennaïm, à propos de l’ancien dirigeant d’UBS Genève, aujourd’hui reconverti en conseiller en stratégie d’entreprise et d’organisation ainsi qu’en immobilier et finances.

«Oui, mon habillement est fonctionnel mais il a marqué les esprits», sourit l’intéressé, rappelant son goût pour la marche à pied et le vélo dans ses déplacements. Stratégie consciente d’une campagne finement menée ou acte manqué. Qu’importe. Dimanche, Benoît Genecand a raflé haut la main le troisième siège PLR au Conseil national. Il s’est également classé devant le candidat PDC Raymond Loretan au premier tour de l’élection au Conseil des Etats et est devenu le principal rival du duo de gauche formé par Liliane Maury Pasquier et Robert Cramer au second tour.

Fils de PDC et père de PLR

Benoît Genecand est apparu sur la scène politique sur le tard, soucieux de se reconvertir après dix-neuf ans passés à la banque. Fils de l’ancien député PDC Jean-Claude Genecand et père du conseiller municipal Adrien Genecand, il entre en politique par la porte de l’Assemblée constituante en 2008. «Je garde le souvenir d’un homme de consensus, qui met beaucoup d’énergie dans ce qu’il entreprend et abat un énorme boulot sans forcément faire beaucoup de bruit, se remémore l’ancien coprésident de l’Assemblée, le radical Thomas Büchi. Il a fait beaucoup pour que la droite se parle.»

Depuis son élection au Grand Conseil il y a deux ans, en 13e position sur la liste PLR, Benoît Genecand s’est démarqué. On reconnaît ses qualités de leader jusque dans le camp adverse. «Lorsqu’il y a un intérêt essentiel à défendre, il joue le jeu, mais il sait aussi tirer des ballons d’essai dans le tas. Cette approche habile lui permet de ratisser très large et en fait quelqu’un de redoutable», admet le député socialiste Christian Dandrès.

Un exemple? «Il a totalement soutenu le plan directeur cantonal mais a tenté de s’opposer à l’extension souterraine de la gare Cornavin et bloqué le projet de plan localisé de quartier aux Corbillettes, à Vernier, illustre Christian Dandrès. Sa position est d’un libéralisme total, il défend l’urbanisme du chaos; une idée selon laquelle, sans aucune règle d’aménagement, le génie va s’exprimer tout seul.»

Benoît Genecand admet un certain goût pour la provocation: «Je contre le rangement maniaque qui donne des résultats très discutables, explique-t-il. Et j’aime débloquer les modes de pensée.» Depuis son départ d’UBS, il a siégé dans de nombreux conseils d’administration, défendant des causes charitables ou des institutions profitables. On retient ses trois mois à la direction du projet Praille-Acacias-Vernets, mais également son poste d’administrateur de Vertical Holding, société qui a réalisé la promotion de La Tulette, entre octobre 2011 et 2014. «Je n’ai jamais joué un rôle actif dans ce dossier», assure-t-il.

L’immobilier mais pas que

Au parlement, il mène des combats main dans la main avec le promoteur MCG Ronald Zacharias: «Nous avons de fortes convergences de vues sur le fiscal, l’aménagement et le logement (ndlr: les commissions où les députés siègent ensemble), mais lui a un côté plus consensuel, relève ce dernier. Si au MCG, nous avons une attitude un peu «gladiateur», lui regarde si «l’empereur» qu’est le peuple tourne son pouce vers le haut ou vers le bas.»

Benoît Genecand aimerait se détacher de l’étiquette «milieu immobilier». Durant sa campagne, le père de famille, bientôt trois fois grand-père, a publié chaque semaine ses opinions sur des thématiques de politiques locales et fédérales sur un blog. Un exercice périlleux et chronophage mais qui s’est révélé payant: «Cela a super bien marché. J’ai eu près de 10 000 vues, cela a suscité de nombreux débats et permis de rythmer mon apprentissage et de le documenter», analyse-t-il. Cela lui a aussi permis de se situer politiquement, «à droite sans conteste, mais pas la droite conservatrice comme l’UDC».

Son ami Didier Fischer, avec qui il partage un amour du football et du Servette FC, poursuit cette définition: «Il est fondamentalement libéral, mais dans le sens global du terme «libéral humaniste». Il sait que toutes les libertés s’achètent et que la responsabilité et le partage sont le prix à payer.» (TDG)

Créé: 19.10.2015, 20h38

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Suisse: il fera beaucoup plus chaud et sec en 2050
Plus...