Bartholomé Tecia, noyé dans le Rhône pour crime d’homosexualité en 1566

Plaque commémorativeL’endroit de son supplice aux abords de la place Bel-Air devient un « lieu de mémoire et d’espoir ». Inauguration très suivie ce lundi à midi.

inauguration de la plaque épigraphique commémorative en mémoire de Bartholomé Técia. Avec Madame la Maire, Sandrine Salerno, Marcia Kran, haut commissariat des Droits de l'Homme, et Charles Beer, président du conseil d'état.

inauguration de la plaque épigraphique commémorative en mémoire de Bartholomé Técia. Avec Madame la Maire, Sandrine Salerno, Marcia Kran, haut commissariat des Droits de l'Homme, et Charles Beer, président du conseil d'état. Image: Laurent Guiraud/Tribune de Genève

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La Genève internationale, politique et associative : quand ces trois branches de la même ville envoient leurs représentants, cela fait beaucoup de monde sur le trottoir. Le trottoir est celui prolongeant la place Bel-Air en direction du quai de la Poste. Etroit et dangereux. La cadence des bus oblige à serrer les rangs en écoutant les discours. Soixante minutes de paroles instructives, ce lundi en fin de matinée.

Pour dire quoi ? Qu’à cet endroit, il y a 447 ans, jour pour jour, un jeune garçon de 15 ans, reconnu coupable de « crime d’homosexualité », a subi le châtiment de la « noyade judiciaire », l’équivalent lacustre du bûcher pour les sorcières en somme. L’illusion recherchée est la même : exécution capitale pour l’exemple, afin que l’âme du supplicié soit séparé du corps. L’agonie n’est pas instantanée.

Chronique macabre : « Une fois au milieu du fleuve, pieds et mains liés sur une barque, le jeune homme dont on ne peut distinguer les traits est immergé et maintenu sous l’eau par le bourreau. Il se débat, luttant dans un dernier espoir, puis renonçant il s’asphyxie. Son corps sans vie est ramené sur la berge. »

Le cas de Bartholomé Tecia (c’était son nom), originaire du Piémont, venu à Genève pour y faire ses études, n’est pas le seul dans l’histoire. De 1444 à 1662, toujours à Genève, 31 hommes et deux femmes ont été condamnés à mort pour leur homosexualité.

Sur initiative du groupe régional de l’organisation suisse NETWORK, le Conseil municipal de la Ville a déposé une motion en 2010, invitant le Conseil administratif à soutenir la pose d’une plaque commémorative pour Bartholomé Tecia. Il a fallu convaincre et se montrer patient.

Trois ans plus tard, la plaque est enfin posée, sur la barrière métallique longeant le Rhône à hauteur de la rue de la Corraterie. La Commission des monuments, de la nature et des sites (CMNS) avait dit non au projet à cet endroit. Avant de délivrer une autorisation provisoire. L’élégance de cette épigraphe – on voit le fleuve en mouvement s’inscrire dans la transparence de la plaque – plaide en faveur d’une installation pérenne. En tous les cas, son inauguration du jour a été très applaudie. Des « bravos » ont même salué l’intervention de Sandrine Salerno, maire de Genève.

(TDG)

Créé: 10.06.2013, 16h12

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