Passer au contenu principal

A Bamako, un centre dédié au noma financé par Genève

Chirurgien malien passé par Genève, Moussa Daou a inauguré samedi une structure pour soigner les victimes du noma à Bamako.

1 / 16

Nous l’avions quitté à la fin de l’année 2014. Moussa Daou, premier chirurgien plasticien malien, rentrait dans son pays après une formation marathon qui l’a mené de Bamako à Rabat, Bruxelles et enfin Genève. Dans ses bagages, un savoir-faire acquis auprès des plus grands spécialistes européens et un projet: créer chez lui un centre de prise en charge des victimes du noma, une maladie qui dévore le visage. Promesse tenue. Ce samedi, le Dr Daou a inauguré le centre New Face, aux côtés de la professeure genevoise Brigitte Pittet et des autorités sanitaires maliennes.

Opérationnel depuis le début de l’année, le centre accueille actuellement seize patients. Parmi eux, Abdul, 9 ans. «Il n’a jamais été à l’école à cause de sa maladie, qui effraie, explique Moussa Daou. Les impacts sociaux du noma sont considérables. Ses victimes sont perçues comme des monstres et rejetées par la société. Leur visage reconstruit, les patients peuvent enfin intégrer la communauté.»

La structure voit le jour grâce à «une sacrée dose d’abnégation», grâce à la Fondation genevoise Hirzel, qui a entièrement financé les travaux, et grâce à de nombreux professionnels qui ont cru au projet. Le plasticien s’est entouré d’une équipe pluridisciplinaire. Deux cuisinières pour requinquer les patients, anémiés et dénutris, une chirurgienne maxillofaciale, deux infirmières, mais aussi une animatrice et un assistant social. «Il est très important d’accompagner le patient après l’opération, dans sa nouvelle vie, explique Moussa Daou. L’assistant social enquête sur sa situation familiale et scolaire. Durant son séjour, l’enfant bénéficie de cours, mais nous souhaitons que sa scolarité se poursuive une fois rentré au village. Cela implique un travail de collaboration avec les parents.»

La rééducation est également essentielle. «Sans physiothérapie, l’enfant n’arrive pas à rouvrir la bouche, poursuit le chirurgien. Il doit réapprendre.»

Actuellement, le Dr Daou loue des blocs opératoires dans les hôpitaux de la capitale pour reconstruire le visage de ses patients. A terme, il ambitionne des opérations réalisées à domicile. «L’équipe et le savoir-faire sont là. Il nous manque le plateau technique.» Les salaires du personnel sont pris en charge par la Fondation Hirzel et des mécènes lémaniques. Les deux chirurgiens restent pour l’heure bénévoles. «Notre action est reconnue d’utilité publique par l’Etat malien. C’est un bon début. Nous n’avons aucun financement de leur part, mais j’ai bon espoir que l’Etat prenne ses responsabilités.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.