«Notre but: baisser les charges de personnel»

InterviewQue veut le Conseil d’Etat? Le ministre des Finances PDC Serge Dal Busco détaille le budget 2016. Interview.

Serge Dal Busco, conseiller d'Etat en charge des Finances.

Serge Dal Busco, conseiller d'Etat en charge des Finances. Image: Laurent Guiraud

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Serge Dal Busco, la mesure choc du budget c’est la hausse de la durée du temps de travail des fonctionnaires. Combien rapporterait la mesure?

Le gain de productivité doit encore être évalué. Il permettra d’atteindre une partie de l’objectif de réduction des coûts de personnel qui, lui, représente à terme près de 200 millions par année.

Tant qu’à peser sur les charges, pourquoi ne pas baisser plutôt les salaires ou les prestations?

Contrairement à ce qu’on fait d’autres cantons, nous souhaitons éviter de toucher aux revenus, sachant que les fonctionnaires sont déjà privés de progression. L’objectif principal consiste à diminuer les coûts de personnel de 5% sur trois ans. Ces coûts représentent deux tiers des charges de l’Etat hors dépenses obligatoires, on ne peut donc redresser la situation des finances publiques sans agir à ce niveau. Le délai est suffisant pour permettre aux services de s’organiser en conséquence. Si les partenaires sociaux ont des propositions pour y arriver autrement, nous sommes ouverts au débat. Mais notre objectif central n’est pas négociable. Sans autre solution, nous déposerons un ou plusieurs projets de loi en novembre pour concrétiser nos intentions.

Pourquoi revenir avec les 42 heures alors que le parlement a balayé un projet de loi semblable défendu par l’UDC il y a quelque mois?

Parce que la situation conjoncturelle s’est gravement détériorée cette année, et que nous devons diminuer nos charges. Et parce que cette proposition est l’un des moyens d’y parvenir. Nous devrons aussi diminuer le nombre de postes en ne repourvoyant pas tous ceux qui seront vacants et en encourageant le temps partiel. C’est une rupture. Ces dernières années, nous avons contenu les dépenses, mais nous avons toujours eu des augmentations de postes. Et en 2016 encore, 119 seront créés, dont 80 pour l’école.

Vous n’esquivez pas le débat sur les prestations?

L’objectif de réduction des coûts peut aussi passer par une remise en cause de certaines prestations. Ce qui compte, c’est qu’un tournant ait lieu. Aujourd’hui, nous allons vers une diminution des charges et non plus vers une diminution de leur hausse.

Pourquoi pas des hausses d’impôts?

Une augmentation générale des impôts ou ciblée sur les plus riches n’est pas possible, car la pyramide fiscale est escarpée à Genève, et nous serions clairement au-delà de la zone de risque.

Vous prévoyez un déficit de 70 millions. Mais certaines mesures augmentant les impôts doivent passer en votation populaire. En réalité, le déficit 2016 pourrait être deux fois plus élevé.

Si le parlement ou le peuple les refuse, c’est un risque. Ce serait d’autant plus dommageable que la fin de ces niches fiscales ne frapperait pas que les plus fortunés. Leur suppression permettrait aussi d’élargir le cercle des contribuables vers le bas en imposant légèrement une partie des 34% de contribuables qui ne payent rien aujourd’hui. Ce serait un signal d’équité.

Vous comptez prélever une part aux bénéfices des SIG et de la Fondation des parkings. Mais en 2013, le canton était tombé sur un os avec les SIG…

Nous avons pris nos précautions cette fois. Nous discutons avec l’entreprise et ses autres propriétaires une convention d’objectifs qui devrait nous permettre d’éviter de léser les autres parties.

Le Conseil d’Etat va revoir la liste de ses investissements. Quels critères retenir pour la déterminer?

Il faudra les évaluer sous différents angles, comme l’effet de levier qu’ils peuvent entraîner sur d’autres financements, leur impact pour les entreprises locales ou encore l’impact d’un report.

Une chose est claire, vous avez renoncé à baisser la dette.

Si la progression de nos recettes était restée dans la moyenne de ces dix dernières années, nous aurions pu y parvenir. Mais le retournement conjoncturel nous contraint à revoir nos objectifs. Pour réduire la dette à court terme, il faudrait des mesures autrement plus dures. Mais nous devons aussi assurer aux entreprises un cadre stable. Si nous parvenons à avaler la réforme de l’imposition des entreprises, si les questions posées par l’initiative sur l’immigration de masse sont résolues, Genève rebondira. Ce canton n’est pas mort, loin de là.

Sandrine Salerno est persuadée que le Canton n’arrivera pas à stabiliser la dette et à diminuer l’imposition des entreprises. Elle appelle à suspendre le frein à l’endettement. Et vous?

S’il faut choisir entre la baisse de l’imposition et la dette, je choisirai les entreprises et les dizaines de milliers d’emplois qu’elles génèrent à Genève. (TDG)

Créé: 08.09.2015, 21h17

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