Baisse de la fiscalité des entreprises: face à Sandrine Salerno, la droite reste ferme

Ville de Genève La cheffe des Finances socialiste veut convaincre les élus de lâcher du lest sur les futurs budgets en raison de RIE III. Réactions.

«Ce que nous demande Sandrine Salerno, c’est un blanc-seing pour que nous lui votions ses budgets dans les années à venir. La réponse est non», tonne le PLR Simon Brandt

«Ce que nous demande Sandrine Salerno, c’est un blanc-seing pour que nous lui votions ses budgets dans les années à venir. La réponse est non», tonne le PLR Simon Brandt Image: Laurent Guiraud

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Comment la droite municipale réagira-t-elle aux demandes de Sandrine Salerno, magistrate socialiste en charge des Finances à la Ville de Genève? Dans une interview parue dans nos éditions de lundi, la conseillère administrative défendait, malgré quelques réserves, le projet de baisse de la fiscalité des entreprises (RIEIII) présenté la semaine dernière par le Conseil d’Etat. Parmi les points positifs, elle relève la suspension du frein au déficit, qui permettra aux communes, durant cinq ans, de présenter des budgets déficitaires. Une décision qui aiderait la Ville à absorber des pertes importantes, estimées entre 50 et 55 millions à l’horizon 2019.

Pour cela, il faudra néanmoins à Sandrine Salerno le soutien de la droite municipale, largement majoritaire, et davantage encline à économiser qu’à creuser la dette – elle réclame notamment 15 millions de boni pour le budget 2017.

La droite sous tutelle

Et même si le Conseil d’Etat soutient unanimement cette mesure, la pilule ne sera pas simple à faire passer en Ville. «Ce que nous demande Sandrine Salerno, c’est un blanc-seing pour que nous lui votions ses budgets dans les années à venir. La réponse est non», tonne le PLR Simon Brandt. Avant de nuancer: «Si la question est de savoir si l’on peut envisager de voter des budgets déficitaires, cela est à discuter. Par contre, il est évident que nous ne nous engagerons pas à voter, durant cinq ans, des budgets les yeux fermés. Il n’y a aucune raison que nous mettions de côté nos velléités d’économies. Car dans le fond, nous estimons que certaines prestations sont inutiles.»

Lionel Ricou, chef de groupe PDC, se dit en faveur de la table ronde proposée par la magistrate. «A condition qu’elle débouche sur un accord ayant fait l’objet d’une négociation sérieuse. Pour l’heure, un trou de 50 millions est annoncé. Si on adopte un déficit de cette ampleur, durant cinq ans, on aggrave la dette de 250 millions. Cela serait difficilement acceptable.»

Quant au chef de groupe UDC, Pierre Scherb, il reste dubitatif. «Nous nous sommes engagés auprès de notre électorat à ce que les déficits soient réduits et à ce que la dette diminue. Les citoyens en font les frais puisque ce sont eux qui paient les intérêts. Certes, les taux sont plutôt favorables actuellement, mais cela peut changer à tout moment. RIEIII devrait plutôt servir d’incitation pour chercher des postes où les dépenses peuvent être limitées.»

Selon Simon Brandt, la position de Sandrine Salerno est «celle d’une magistrate qui n’a plus de majorité et qui se cache derrière RIEIII pour construire un consensus qu’elle a perdu. Elle essaye de mettre sous tutelle la droite municipale sur un dossier cantonal, car elle n’y est pas parvenue autrement.»

Un village de Gaulois

Evidemment, le chef de groupe socialiste Grégoire Carasso ne voit pas les choses du même œil. «Une partie de la droite municipale est déconnectée de la réalité. La santé financière de la Ville est bonne. Et bien meilleure d’ailleurs que celle du Canton. Pourtant, au niveau cantonal, les forces politiques posent sur les questions fiscales un regard plus lucide, moins partisan. Dès le moment où la Ville est partie prenante d’un tel enjeu, la droite municipale va être obligée d’arrêter ce jeu très politique. On ne peut pas d’un côté avoir des partis cantonaux qui admettent les conséquences de la réforme et, de l’autre, un village de Gaulois qui tient un discours totalement dissonant.»

Selon la Verte Marie-Pierre Theubet, «il est évident que l’on ne peut pas absorber 50 millions d’un coup, et couper dans l’une ou l’autre des associations culturelles n’aiderait en rien à trouver cette somme. Il faudra accepter que la dette augmente durant quelques années.»

(TDG)

Créé: 05.09.2016, 18h31

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