Baisse du nombre de passagers à Cointrin

Transport aérienQuatre mois dans le rouge sur cinq en 2019. L’effet d’une crise économique? D’une conscience climatique? Des questions ouvertes.

Reverra-t-on de telle scène à Cointrin cet été?

Reverra-t-on de telle scène à Cointrin cet été? Image: Keystone

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La croissance du nombre de passagers à l’aéroport s’inverserait-elle? Sur les cinq premiers mois de l’année, quatre ont vu le nombre de voyageurs diminuer (par rapport à la même période en 2018). On est loin des taux spectaculaires de ces huit dernières années (voir tableau).

L’Office fédéral de l’aviation civile anticipe pourtant une explosion du nombre de passagers à Genève: en 2030, selon Berne, pas moins de 25 millions de personnes sont attendues à Cointrin, sept millions de plus que l’an dernier.

Secousse conjoncturelle?

À Genève, c’est la première fois qu’un tel tarissement est enregistré depuis la crise financière de 2008. Entrerions-nous dans une nouvelle zone de turbulences économiques? Le fret, après tout, est également en baisse cette année. En février, le Centre d’études conjoncturelles (KOF) anticipait certes une dégradation du climat conjoncturel en Suisse. Dans une conférence, mardi, la BCGE a misé sur une croissance de 1,1% du PIB genevois en 2019 (contre 3,2% l’an dernier). Un ralentissement mais de loin pas une récession.

Faut-il y voir l’effet d’une conscience écologique qui s’éveille, dans la foulée des marches pour le climat des derniers mois? Un mouvement, baptisé «flygskam» en Suède, «vliegschaamte» par les Néerlandais ou «Flugscham» en Allemagne (des expressions qui signifient «honte de prendre l’avion» en français), pousse les voyageurs à délaisser cette manière polluante de se déplacer par égard pour la planète.

L’opérateur Swedavia AB, qui gère les principaux aéroports de Suède, a fait état cet hiver, pour la première fois en une décennie, d’une baisse de son trafic passagers et a reconnu que le «flygskam» l’expliquait en partie. En France, un sondage du «Figaro» montre que 59% des voyageurs se disent prêts à «préférer le train à l’avion pour des raisons écologiques».

Connectivité ou «flygskam»?

«Il est difficile d’expliquer les tendances et je n’ai pas de boule de cristal», indiquait mardi André Schneider, directeur de Genève Aéroport. «La connectivité élevée de l’aéroport joue un rôle prépondérant», estime-t-il. De nombreuses destinations ont été ouvertes ces dernières années au départ de Genève, ce qui a pu engendrer des afflux importants. «Désormais, la croissance est plus organique, moins spectaculaire», estime le haut cadre (même si une nouvelle liaison sera ouverte avec Nairobi ce jeudi).

Giovanni Russo, directeur des opérations à Genève Aéroport, souligne que Pâques et le week-end de l’Ascension sont tombés tard cette année, ce qui peut biaiser les comparaisons. De son côté, Mike Gerard, membre de l’Association des riverains de l’aéroport, relève que le nombre d’atterrissages et de décollages diminue moins que celui des passagers. Selon ses calculs, il y a désormais 2,5 passagers en moins par appareil.

À Kloten, la tendance est comparable à celle de Cointrin; à Bâle, où Easyjet étoffe sa présence, le nombre de passagers s’envole. En Europe, le trafic continue de croître rapidement, tout comme à l'échelle mondiale. Selon l’Organisation de l’aviation civile internationale, le nombre de passagers des vols réguliers a atteint 4,3 milliards en 2018, 6,1% de plus sur un an.

Créé: 12.06.2019, 06h59

Un plan face à l’été

Durant l’été 2018, de nombreux vols avaient été annulés à Cointrin à cause des orages, de grèves des contrôleurs aériens en France, mais aussi parce que les marges de manœuvre étaient serrées sur le tarmac.


Cet été, Genève Aéroport veut corriger le tir en collaborant mieux avec les compagnies, Skyguide et les bagagistes. Easyjet a ajouté un avion de réserve (Swiss aussi) et accru de 8% ses effectifs. Swissport prévoit des horaires décalés en soirée et une trentaine de postes en plus. Un «Airport Operations Center», regroupant les acteurs clés de Genève Aéroport, affine la coordination, notamment de crise, depuis mai 2017. R.ET.

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