L’Asloca veut que la Ville gère davantage de logements

PolitiqueÀ deux mois des élections, l’association des locataires met la pression sur la Gérance immobilière municipale et... sur les candidats.

La Gérance immobilière municipale gère quelque 5300 logements sur le territoire de la Ville de Genève.

La Gérance immobilière municipale gère quelque 5300 logements sur le territoire de la Ville de Genève. Image: Lucien Fortunati

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’Asloca s’immisce dans les élections municipales. Alors que le premier tour approche (15 mars), l’association des locataires a convié vendredi la presse afin de présenter un «certain nombre de revendications», selon l’avocat et conseiller national socialiste Christian Dandrès. Elles ciblent en particulier la Gérance immobilière municipale (GIM), qui gère 5300 logements – dont 90% de sociaux – sur le territoire de la Ville de Genève.

Aux yeux des représentants de l’Asloca, la taille de ce parc doit être agrandie. Objectif: étendre le nombre de locataires potentiels. «Il est urgent que la Ville développe une politique d’acquisition de logements», fait valoir Alfonso Gomez, membre lui aussi de l’association et candidat Vert au Conseil administratif, rappelant la situation extrêmement tendue qui prévaut sur le marché genevois. Une initiative populaire cantonale allant dans ce sens devrait d’ailleurs être lancée ce printemps.

Pratique «brutale»

Dans ce contexte, l’Asloca fustige d’autant plus la pratique «trop brutale» appliquée selon elle ces dernières années par la GIM. «Entre l’augmentation des loyers et les menaces de résiliation, parfois sans discussion préalable, les problèmes se sont aggravés», regrette Michel Vincent, le secrétaire de l’ALGIM, une association des locataires constituée en 2018 et forte d’une centaine de membres.

Lors d’un récent débat au Conseil municipal, Sandrine Salerno, magistrate en charge du Logement, avait reconnu que la procédure «pouvait paraître abrupte». Mais la socialiste avait aussi rappelé que «la GIM n’avait jamais eu un jugement qui disait que des locataires avaient été traités sans ménagement». «Dans le privé, il y a des bailleurs autrement plus dégueulasses que la GIM», tient quand même à relativiser Christian Dandrès.

Dernier mot au Municipal

L’Asloca réclame désormais que les locataires âgés de plus de 65 ans ne puissent plus voir leur bail résilié. Idem s’ils se retrouvent à «sous-occuper» leur appartement suite à la mort de leur conjoint. «Comme il s’agit souvent d’appartements familiaux, les personnes âgées se retrouvent vite seules dès que les enfants partent», relève Christian Dandrès. Le conseiller national propose ainsi d’assouplir la notion de sous-occupation. Elle ne serait manifeste que lorsque le logement comporte 2,5 pièces de plus que le nombre de personnes.

Dans les faits, ces revendications ont en grande partie déjà été entendues par le Conseil administratif. Du moins, la magistrate Sandrine Salerno a rédigé une série d’amendements en ce sens qui doivent être ajoutés à un corpus de cinq propositions, dont trois de Maria Pérez du Parti du Travail, actuellement en commission, visant toutes à réviser le règlement de la GIM. Le Conseil municipal pourrait être appelé à les voter ce printemps encore. Une issue favorable semble se dessiner, la campagne électorale aidant.

Créé: 17.01.2020, 15h28

Articles en relation

La réforme de la Gérance immobilière repoussée

Ville de Genève Le Conseil municipal a renvoyé en commission des textes visant à rendre «moins brutale» la pratique administrative de la GIM. Plus...

Les élus veulent une Gérance immobilière moins «brutale»

Le service est critiqué pour ses méthodes expéditives. Des textes en ce sens ont été acceptés en commission. Plus...

La Gérance immobilière dans le viseur du Municipal

Genève La droite élargie et Ensemble à Gauche ont fustigé les pratiques de la Ville avec ses locataires. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Mort de Moubarak
Plus...