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L’argent va manquer pour remplacer les arbres abattus

Alors que les travaux ont débuté sur la plaine de Plainpalais, Rémy Pagani affirme qu’il devra demander un nouveau crédit.

Le chantier démarre par l’allée le long de l’avenue Henri-Dunant. En premier plan, l’un des «trous» laissés par un arbre non sain abattu.
Le chantier démarre par l’allée le long de l’avenue Henri-Dunant. En premier plan, l’un des «trous» laissés par un arbre non sain abattu.
Steeve Iuncker-Gomez

On aurait pu croire que le soutien des Genevois (oui à 60,68%) au projet de rénovation de la plaine de Plainpalais mettrait un terme à la saga. Que nenni. Lundi, les travaux préparatoires ont certes débuté. Mais une inconnue demeure: comment financer le remplacement des arbres abattus à l’automne? «En mauvaise santé, ils ont été coupés pour des raisons de sécurité, rappelle Rémy Pagani, conseiller administratif en charge du Département des constructions et de l’aménagement. La Direction générale de l’agriculture et de la nature (DGAN) impose de les replanter. Il y en avait 54. Soit 9 sur le marché et les autres sur l’avenue du Mail.»

Arguant que cet aléa naturel n’était pas pris en compte dans l’enveloppe de 8 millions votée par le peuple, Rémy Pagani lâche: «Maintenant, il faut que je bouche les trous et je n’ai pas les sous.» La seule solution, selon ses services, consiste à revenir devant le Conseil municipal avec une demande de crédit supplémentaire.

En attendant ce prochain épisode qui ne manquera pas d’agiter le Délibératif, le chantier se met en place sur la plaine. Clôtures, bungalows et boîtiers électriques provisoires ont été installés. «Les travaux commencent par l’allée qui longe l’avenue Henri-Dunant», explique Nicolas Betty, chef du Service de génie civil. L’aménagement s’étend sur 25 mètres de large. Une fois les enrobés retirés, il sera temps de s’occuper des arbres à transplanter. «Et ce dès le 20 février, pour une durée prévisionnelle de cinq semaines», détaille Sébastien Alphonse, adjoint de direction au Service du génie civil. Durant le printemps et l’été, le chantier sera consacré aux réseaux, aux fosses et au terrassement. Les nouveaux arbres seront, eux, plantés à l’automne. «Conformément à la demande de la DGAN, les essences seront plus variées», souligne Nicolas Betty. Chênes, micocouliers, ormes, tilleuls et merisiers viendront s’ajouter aux marronniers, actuellement majoritaires. A terme, trois rangées d’arbres, espacés de 10 mètres les uns des autres, habilleront l’allée. Auxquelles s’ajoutera le mobilier urbain, similaire à la seule allée déjà aménagée, de ce même côté de la plaine, le long du boulevard Georges-Favon.

L’étape 2, côté avenue du Mail, entre la place du Cirque et le parking, sera aménagée au cours de l’été 2017. «Sans transplantation, précise Nicolas Betty. On crée juste un alignement d’arbres complémentaire.» Même principe pour l’étape numéro 3 qui se déroulera au début de 2018. Le marché rebasculant pour l’occasion côté Henri-Dunant sur son allée fraîchement réaménagée.

En tout, 89 nouveaux arbres seront plantés, la plupart durant la première étape; il en restera 8 pour l’étape 2 et 19 pour l’étape 3. Tout cela ne règle pas la question du remplacement des arbres abattus en septembre. Sur le plan mis à jour du projet apparaissent clairement les trous dans les alignements actuels qu’il faudra bien combler.

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«Historiquement, il s’agit d’une plantation militaire»

Séverin Brocher est un passionné. Le président de l’Association pour la défense des arbres et allées de la plaine de Plainpalais a passé des week-ends entiers ainsi qu’une bonne partie de ses congés de fin d’année à éplucher les archives d’Etat. «C’est comme cela que je suis tombé sur ce plan!» Dépliant précautionneusement une carte de Plainpalais, il pointe du doigt la zone arborée longeant la plaine. On peut y lire l’inscription «plantation militaire».

Si jusque-là l’argumentaire de l’association qui a lancé le référendum contre le réaménagement de la plaine reposait essentiellement sur la nécessité d’une ombre continue le long de la plaine, les récentes trouvailles de Séverin Brocher viennent, à ses yeux, relancer le combat. «Les distances entre les arbres et les alignements ont été planifiées par les militaires pour les besoins de la défense de la porte Neuve, souligne-t-il. On a perdu ce sens premier. Reste que ces arbres et distances ont une valeur historique. Leur rôle appartient au patrimoine genevois.» Plusieurs documents révèlent, selon lui, l’importance stratégique des arbres «placés comme mire pour faciliter la précision des tirs depuis trois siècles».

Mais ce n’est pas tout. Séverin Brocher estime que de ses trouvailles découle un argument juridique. «Les servitudes militaires n’ont jamais été abrogées. Le notaire Binet qui, en 1848, s’occupe de la dissolution de la Société économique et de la transmission de la plaine à la Ville de Genève ne parle pas des militaires.»

Le troisième argument de Séverin Brocher est politique. «Les autorisations pour le projet de 2016 n’ont pas pris en compte le fait que le Canton avait son mot à dire.» S’appuyant sur le droit de jouissance inscrit au Registre foncier, il affirme que le Grand Conseil aurait dû se prononcer.

Rangeant les plans dans le carton intitulé «Société économique» remontant à 1830, le président de l’association lance: «Je ne suis pas un historien mais je ne suis pas non plus un hurluberlu. J’étaie mes propos avec des documents historiques.» Sur cette base, il a envoyé une lettre de cinq pages contenant les dates et références au conseiller d’Etat Antonio Hodgers ainsi qu’au conseiller administratif Guillaume Barazzone. Sa conclusion est la suivante: «Nous attendons que les juristes de votre département donnent leur avis sur la légalité des autorisations octroyées.» Et de demander la suspension des travaux. M.P.

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