Archigraphy est morte, vive la librairie de l’Île!

Halles de l’ÎleLa nouvelle enseigne reste spécialisée en art et en architecture tout en s’ouvrant aux non-initiés. Avec des ateliers et des expositions.

Place de l'île, Librairie Archigraphy.

Place de l'île, Librairie Archigraphy. Image: Georges Cabrera

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La libraire Archigraphy, spécialisée dans l’architecture, l’art et le design, était plutôt réservée aux initiés. Le quidam venait pour acheter des sacs Freitag et des cartes postales, même s’il finissait souvent sa course par une flânerie entre les étagères comme on regarde de beaux tableaux dans une exposition. L’été passé, l’enseigne installée à fleur d’eau aux Halles de l’Île depuis 1985 a baissé le rideau. Après l’annonce de sa mort, les regrets ont fait place aux rumeurs: qui pour s’installer dans cette arcade de 138 m2? On a parlé d’un lieu d’exposition, d’une crèche, d’un vieux projet de marché bio. Et on a craint la perte d’un lieu culturel. L’histoire se termine finalement bien: une nouvelle librairie naît des cendres de l’ancienne. La libraire de l’Île conserve l’ADN d’enseigne spécialisée en art, photographie et architecture, mais veut séduire Monsieur Tout-le-monde.

Un pari risqué

La librairie de l’Île est ouverte sans l’être vraiment. «Je brade le stock de mon prédécesseur mais l’ouverture officielle se fera début mars, on fait encore quelques travaux», explique Vincent Bidoyet, informaticien de 35 ans et gérant de cette nouvelle enseigne. «Quand j’ai vu que l’espace était à remettre, je n’ai pas hésité. Il y a un tel potentiel.» Avec un groupe d’amis, il a levé les fonds nécessaires et racheté le stock du patron d’Archigraphy. Celui-ci reste détenteur du bail, «il est associé et fait partie de notre société».

Le pari semble un peu risqué. Le trentenaire n’est pas libraire et s’il est certes passionné par la photo et intéressé par l’architecture, il reconnaît ne pas être un expert dans ces domaines. Et il ouvre une libraire, qui plus est en reprenant le concept d’Archigraphy qui a mis la clé sous la porte après des années dans le rouge… Suicidaire, ce Vincent Bidoyet? Il sourit. «J’ai travaillé chez Distrilivres (ndlr: qui possède notamment la librairie Pacific, non loin d’Uni Mail) et j’ai emmagasiné une certaine expérience que je vais enrichir au contact des clients et des représentants.» Et d’ajouter: «Pour éviter de se planter, il faut modifier le concept en réussissant à conserver la clientèle institutionnelle et spécialisée tout en attirant le client plus généraliste.» Ainsi, le cœur du contenu proposé reste des livres d’art et d’architecture, mais les rayons s’ouvrent à d’autres publications. «On aura une zone jeunesse, avec des livres éducatifs et artistiques, comme les ouvrages pop-up, et une autre dédiée à la littérature suisse et générale, avec des livres du moment.»

Apéro, atelier et prix bradés

L’ambition est surtout de créer un lieu vivant qui favorise les rencontres. Pour ça, des activités seront organisées par la librairie: ateliers, lectures, débats, apéros littéraires. «On va installer un coin lecture pour les petits et un autre pour les adultes.» Des activités annexes aussi avec un espace d’exposition qui occupera le devant de l’arcade. «J’aimerais développer un côté événementiel, avec des vernissages.» Ou encore des ateliers d’initiations à l’art pour enfants. Le public de 15-25 ans n’est pas oublié. «Il faut leur redonner envie de lire. Nous sommes présents sur les réseaux sociaux et allons expérimenter plusieurs pistes, dont la création d’une chaîne booktube – un internaute présente en vidéo son coup de cœur littéraire du moment.»

Pour se démarquer encore, le gérant s’est attaqué aux tarifs. «On proposera notamment des livres soldés, que les maisons ne rééditent plus. Notre politique commerciale visera à contenter chacun quelle que soit son opinion sur le prix du livre en Suisse.» Il travaille avec des distributeurs locaux mais également avec des fournisseurs étrangers. «Un même titre pourra ainsi avoir deux prix de vente, le client choisira en fonction du caractère d’urgence de sa commande et de ses convictions.» Des prix préférentiels et des livraisons pourraient être envisagés pour les entreprises périphériques. Des «box» littéraires, contenant un livre et deux surprises, seront proposées chaque mois.

Sur le papier, le CV de la librairie est plus qu’enthousiasmant. Et plutôt ambitieux, sachant que Vincent Bidoyet est seul pour mener la barque. «Mais je suis bien entouré!» Et plus que motivé. (TDG)

Créé: 13.02.2018, 18h36

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.