Une application pour éviter les plans d'eau infestés de puces de canards

RechercheLe Muséum veut étudier ce ver parasite pour prévenir les pics de pullulation. Il a lancé un financement participatif.

Fuligules morillons. Genève, un haut lieu de la biodiversité aquatique. A préserver absolument… malgré quelques désagréments!

Fuligules morillons. Genève, un haut lieu de la biodiversité aquatique. A préserver absolument… malgré quelques désagréments! Image: Laurent Vallotton / Muséum Genève

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Les Genevois ont la chance de bénéficier d'un beau plan d'eau. Pourtant, au moment de tremper l'orteil, on hésite. On lorgne, inquiet, vers la bande de canards au loin. Et on ressort vite, en se frottant vigoureusement avec son linge, «parce que ça les fait partir». Partir qui? Les puces de canards! Elles piquent le baigneur, parfois à deux, à dix voire par dizaines. Des attaques suivies de démangeaisons. Le Muséum d'Histoire naturelle a décidé de se pencher sur ces parasites mal connus. Dans un but de recherche mais surtout d'information aux baigneurs. Car, à terme, l'institution envisage de développer une application pour indiquer les pics de pullulation. Et les plages à éviter.

«Il existe peu de recherches sur la puce de canard - qui est en réalité un ver (il utilise des oiseaux aquatiques comme hôtes définitifs et des escargots d’eau douce comme hôtes intermédiaires, lire encadré) et donc nous connaissons mal son cycle de développement et les facteurs environnementaux qui peuvent l'influencer», explique Béatrice Pellegrini, chargée de projet au Muséum. Durant quatre ans, des collaborateurs du Muséum - qui compte d'ailleurs de grands spécialistes en parasitologie - vont tenter de mieux connaître l'univers de ce ver. En commençant dès le mois de juin si le financement suit, par des plongées pour récolter des escargots.

Un projet d'information, pas une tentative d'éradication

Une sonde moléculaire devrait aussi être développée, afin de pouvoir quantifier la présence des puces dans l'eau du lac et prédire de manière fiable les pics de pullulation, «ce qui est impossible à l'heure actuelle». A terme, un système d'alerte aux baigneurs indiquant les zones «chargées» en puces sera créé, «qui pourrait prendre la forme d'une application mobile».

Béatrice Pellegrini tient toutefois à préciser que le projet «Alerte à la plage!» vise à mettre au point un système non-invasif, «il ne s'agit en aucun cas de mesures radicales pour tenter d’éradiquer ces parasites!»

Cette étude permettra aussi de tordre le coup à quelques légendes urbaines. «Oui, la température joue un rôle dans la prolifération. Mais on trouve aussi des puces de canards dans une eau à 17°... Le substrat, les vents, les courants, les autres parasites, tout cela a une influence sur le développement du ver. Nous allons affiner ça.» Que dire de la croyance d'une concentration plus forte aux abords des plages? «Cela semble correct, non pas parce que la température est plus élevée mais parce que les escargots - qui hébergent malgré eux des larves de puces qui s'y développent avant de se mettre à l'eau - n'évoluent en général pas au large.»

Faire don de 10fr. et devenir un «oeuf de puce de canard»

Pour réaliser ce projet, il faut des moyens, «plusieurs centaines de milliers de francs». Des appels à des Fondations ont été lancés ainsi qu'un financement participatif, une première pour l'institution. Objectif de ce crowdfunding qui a démarré mardi: récolter 35'000 fr. en 45 jours. «C'est aussi un moyen de tisser un lien avec la population, de l'intégrer au projet. Notre message c'est »Aidez-nous à vous aider!«

Les dons sont notamment assortis de contre-parties présentées avec humour: celui qui s’engage à verser 10 fr. est un «oeuf de puce de canard» et à ce titre il recevra une carte postale qui décrit le cycle complet de ce parasite, créée spécialement pour l’occasion. Pour 400 fr. on devient un ver, qui donne le droit d’aller accompagner les ornithologues du Muséum lors d’une sortie.

Plus d'information sur la page du financement participatif.

Créé: 17.04.2018, 18h32

La puce est en fait un ver

Les «puces de canards» ne sont en réalité par des puces, explique-t-on au Muséeum. «Mais des larve d'un ver parasite du canard qui pond des oeufs, rejetés dans l'eau avec les selles de l'oiseau.» Les larves se développent ensuite dans des escargots, avant d'être relâchées dans l'eau et de chercher un canard pour se muer en ver adulte. Or,«il arrive qu'elles confondent les molécules présentes sur la peau du canard avec celles d'un humain...» Ce qui provoque une tentative d'infection et une réaction allergique chez le baigneur.

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