L’année violette célèbre 100 femmes

ÉgalitéUn groupe d’experts universitaires et des professionnels d’autres horizons s’apprêtent à honorer toutes ces femmes inspirantes.

Le 14 juin, des centaines de milliers de femmes ont battu le pavé et croisé les bras pour crier haut et fort que le temps de l’égalité dans les faits était arrivé.

Le 14 juin, des centaines de milliers de femmes ont battu le pavé et croisé les bras pour crier haut et fort que le temps de l’égalité dans les faits était arrivé. Image: FRANK MENTHA

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Le 14 juin, des centaines de milliers de femmes ont battu le pavé et croisé les bras pour crier haut et fort que le temps de l’égalité dans les faits était arrivé. Que l’époque de la tolérance envers les discriminations et les violences sexistes était révolue.

En préambule à cette mobilisation violette historique, la «Tribune de Genève» avait consacré une série de portraits à des femmes de talent oubliées de l’histoire. Nous nous étions appuyés sur le projet 100Elles, lancé par l’association L’Escouade et destiné à rendre visibles 100 femmes emblématiques. Une initiative soutenue par la Ville de Genève et un groupe d’historiennes de l’Université de Genève (UNIGE), qui ont rédigé bénévolement les biographies de ces femmes, selon diverses thématiques: militantisme, sport, Genève internationale, politique, savoirs et sciences, professions libérales, industrie, théologie, art et littérature.

De mars à juillet, autant de rues ont, en outre, été symboliquement rebaptisées en leur honneur. Car si les artères saluant des hommes sont légion, il faut scruter la ville pour dénicher des chaussées, souvent des venelles méconnues, rendant hommage à des personnalités féminines. C’est bien simple, à Genève, seulement 7% des personnes ayant donné leur nom à une rue sont des femmes. Parmi elles, Catherine Royaume, née Cheynel, la populaire héroïne de l’Escalade, n’a eu droit qu’à une obscure rue des Pâquis…

La mobilisation se poursuit

Après le succès de la grève du 14 juin, considérée comme l’événement phare de 2019 avec la vague verte et féminine (!) qui vient de déferler sur le parlement fédéral, les femmes sont déterminées à ce que le tsunami violet qui a envahi la suisse ce printemps ne reste pas lettre morte. «Ne baissons pas les bras, ce n’est que le début! Il n’y aura pas de répit», ont ainsi promis des manifestantes, le 21 octobre, lors d’un rassemblement matinal organisé par le collectif genevois pour la grève et des syndicats, devant la gare Cornavin. Il était surtout question ce jour-là d’en finir avec les inégalités salariales.

Alors que la mobilisation des femmes se poursuit, une distinction collective s’apprête à présent à être décernée à 100 femmes inspirantes d’aujourd’hui, réputées dans toute la Suisse et même un peu au-delà… L’événement aura lieu le vendredi 8 novembre au siège de la Fédération des entreprises romandes.

Ce projet, intitulé 100 femmes et des milliers d’autres, est une campagne de communication et de sensibilisation visant à mettre en évidence les parcours professionnels de ces femmes d’exception dans des domaines allant des sciences à l’art en passant par la technologie et le droit. Dès ce samedi et jusqu’au 8 novembre, notre journal vous fera découvrir chaque jour le portrait de l’une d’entre elles. Tout démarre avec celui de Costanza Bonadonna, volcanologue (lire ci-dessous).

Carrières atypiques

«En proposant des carrières atypiques et en montrant que le leadership se décline aussi au féminin, il érige ces femmes en modèles d’inspiration pour les jeunes générations», relève Brigitte Mantilleri, directrice du Service égalité de l’UNIGE. Les profils de ces 100 femmes sont réunis dans une publication. Parmi elles, 28 ont accepté de jouer le jeu des portraits vidéo qui seront diffusés sur une plateforme digitale dédiée à la campagne.

Relevons que celle-ci s’inscrit dans le cadre du projet Interreg PILE et d’un projet de coopération de swissuniversities. Il est mené par le Service égalité de l’UNIGE, en collaboration avec les Universités de la Svizzera italiana et de Franche-Comté, l’École polytechnique fédérale de Lausanne, la Haute École spécialisée de Suisse occidentale, le Bureau genevois de promotion de l’égalité et de prévention des violences, ainsi que le Bureau vaudois de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Vendredi 8 novembre 2019, dès 12 heures à la FER Genève - rue de Saint-Jean 98 - 1201 Genève. Inscription obligatoire: 100femmes@unige.ch

Créé: 02.11.2019, 07h47

Elle veut prévenir et réduire les risques géologiques

Costanza Bonadonna est professeure ordinaire et, depuis juillet dernier, vice-doyenne de la Faculté des sciences de l’Université de Genève. Sa spécialité: la volcanologie physique. Mais ce qui la passionne au plus haut point, c’est la prévention et la réduction des risques géologiques du monde entier, comme d’atténuer la menace volcanique dans le domaine de l’aviation civile.

«J’aime la recherche que je mène avec mon groupe, l’interaction avec les jeunes et la collaboration avec mes collègues sur des thèmes qui ont des implications importantes pour la société.»

Inspirée par un volcanologue italien, le professeur Barberi, venu parler dans son lycée à Pise, Costanza Bonadonna étudie en Italie avant de faire son doctorat à l’Université de Bristol et de séjourner alors sur l’île de Montserrat (dans les Caraïbes) pendant l’éruption du volcan Soufrière Hills. C’est le déclic: «Là-bas, j’ai observé que les catastrophes dépendaient autant de facteurs tels que les caractéristiques sociales, culturelles et politiques de la population de Montserrat que des caractéristiques physiques et chimiques de l’éruption.»

Quant à sa carrière, elle la doit à son talent, à son engagement, à ses superviseurs scientifiques et à des collaborations «qui m’ont permis d’avancer dans mes recherches avec beaucoup d’enthousiasme et de passion». Sans compter une famille et des amis très solidaires. Elle relève toutefois que l’environnement concurrentiel du monde universitaire ne facilite pas le développement personnel, la collaboration, mais plutôt l’individualisme. Pour elle, «en incorporant plus de femmes à des postes à responsabilité, l’Université évoluera vers un système plus inclusif et équilibré».

Ce qui motive Costanza Bonadonna, c’est l’avancement de la science, l’inspiration des jeunes générations de scientifiques, la contribution à une société plus consciente et le renforcement des capacités des communautés qui font face aux risques géologiques.

Ses modèles: Margherita Hack, astrophysicienne italienne, Thich Nhat Hanh, leader spirituel et activiste pour la paix, sa mère et le professeur Steve Sparks de l’Université de Bristol pour son esprit ouvert et humaniste. Son rêve: «Un environnement social et scientifique plus conscient, coopératif, inclusif, durable et en contact avec la nature». Pas étonnant dès lors que sa couleur préférée soit l’arc-en-ciel.

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