«La formation est un investissement pour l’avenir»

InterviewAnne Emery-Torracinta réclame des moyens pour que son département puisse continuer à participer à Cité-métiers.ch, l’expo.

Anne Emery-Torracinta, Conseillère d'Etat.

Anne Emery-Torracinta, Conseillère d'Etat. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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L’édition 2015 de Cité-métiers.ch, l’expo débute ce mardi à Palexpo. Il s’agit du plus grand salon de Suisse consacré aux métiers et aux formations, dont la Tribune de Genève est l’un des partenaires médias. L’occasion d’interroger Anne Emery-Torracinta, cheffe du Département de l’instruction publique, de la culture et du sport (DIP), sur cet événement.

L’Etat est l’une des parties prenantes, avec le patronat et les syndicats, de l’association organisatrice de l’exposition. Comment le DIP sera-t-il présent physiquement à Palexpo?

Le DIP sera présent à travers l’ensemble des stands tenus et animés par les sept pôles genevois de la formation professionnelle (ndlr: arts appliqués, commerce, construction, nature et environnement, services et hôtellerie/restauration, santé et social, technique). De plus, l’OFPC (ndlr: l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue), qui fait partie du DIP, tiendra un espace de quelque 900 m2 qu’il animera à travers une série de prestations variées, autour de présentations de métiers rares et d’ateliers pratiques.

Serez-vous personnellement présente lors de l’exposition?
Oui, dès le premier jour, lors de l’inauguration officielle. C’est d’ailleurs la première exposition Cité-métiers.ch de ma législature, l’événement étant organisé tous les trois ans.

Vous êtes conseillère d’Etat et enseignante de formation. Que représente cet événement pour vous?

C’est une belle vitrine pour la formation professionnelle et pour nos élèves, une étape dans leur parcours d’orientation. Sous mon impulsion, le Conseil d’Etat vient de lancer un plan d’action en faveur de l’apprentissage en voie duale. La formation professionnelle est une des priorités de mon département.

Selon nos sources, vous considéreriez ce salon comme «inutile», «cher» et «inefficace»…
Je n’ai jamais dit cela! Je pense que l’orientation est un processus qui se construit et se fait sur la durée, durant les trois ans du Cycle d’orientation, et que Cité-métiers.ch est ainsi une partie de ce processus. Mais il y a aussi l’information fournie par les enseignants en classe, les témoignages que les jeunes déjà en apprentissage peuvent faire vis-à-vis d’autres jeunes encore au Cycle, les stages pratiques en entreprise, etc.

Il se dit aussi que vous ne souhaiteriez pas que le DIP continue de participer à l’exposition après 2015…
C’est totalement faux! Ce que j’ai dit en interne est qu’il pourrait être compliqué pour le DIP de continuer à financer ses propres stands si on ne lui donne pas les fonds nécessaires. Je m’explique: les stands du DIP sont financés par l’Etat. Pour ce faire, ce dernier alloue au DIP un budget extraordinaire d’environ 600 000 fr. tous les trois ans. Or, dans le budget 2015, la somme ad hoc n’a pas été prévue. Cette année, le DIP a donc dû piocher dans son budget de fonctionnement pour assurer sa participation à l’exposition. En résumé, je ne souhaite pas que le DIP ne participe plus à la manifestation mais je veux qu’on lui donne les moyens de cette participation.

Cité-métiers.ch est une plate-forme importante en matière d’information et d’orientation. Par le passé, les élèves du cycle et du collège devaient obligatoirement s’y rendre sur leur temps scolaire. Pourtant, cette année, ceux du collège n’y sont pas tenus. Pourquoi?

C’est la demande, unanime, des directions de collèges de ne pas y emmener obligatoirement leurs élèves de 1re année. Elles avaient déjà fait cette demande en 2012, lors de la précédente édition de l’exposition. Elles l’ont reformulée cette année. Le DIP a finalement accédé à leur requête. La volonté affichée des directions de collèges est de ne pas brouiller les messages au début d’un cursus qui est déjà l’aboutissement d’un processus d’orientation. Pour elles, cette orientation doit se faire essentiellement pendant la durée du cycle. Leur raisonnement est de dire qu’une fois que l’élève est au collège, il a fait le choix de suivre des études gymnasiales et il faut donc l’encourager à persévérer dans cette nouvelle voie. Dès lors, l’obligation de faire participer les collégiens à l’exposition n’est plus nécessaire, ce qui n’exclut pas qu’ils s’y rendent sur leur temps libre.

Vous avez présenté récemment treize mesures pour favoriser l’apprentissage à Genève. Vous souhaitez notamment atteindre 4% d’apprentis d’ici à 2019 à l’Etat. Or, dans quelques départements et services publics autonomes, certains estiment n’avoir ni les moyens ni la formation pour les former…

C’est un objectif global, et non pas service par service, qu’on va devoir atteindre progressivement. Pour les établissements autonomes, on va examiner les possibilités de formation en concertation avec eux. Il faut savoir qu’on peut se former en même temps qu’on accueille des apprentis. Un groupe de travail a d’ailleurs été mis en place à l’Etat pour identifier les possibilités de placement et les besoins dans chaque département. C’est aussi une question de volonté. L’Etat ne peut pas demander toujours aux entreprises privées d’engager des apprentis, sans s’engager lui-même dans ce processus. Les autorités doivent donc montrer l’exemple. Au DIP, à l’état-major, nous avons ainsi cinq jeunes en apprentissage cette année, contre trois l’an passé.

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Créé: 01.11.2015, 18h42

«Je crains des coupes budgétaires linéaires»

A l’Etat, comme parfois aussi dans le secteur privé, l’heure est aux économies. Des économies «probables», redoute Anne Emery-Torracinta. La cheffe du Département de l’instruction publique (DIP) craint particulièrement des «coupes budgétaires linéaires» qui toucheraient sans distinction tous les départements et leurs services, dont le DIP, sans tenir compte des priorités politiques. «Je suis d’autant plus inquiète que, pour moi, l’éducation et la formation sont un investissement pour l’avenir, de surcroît dans un canton comme celui de Genève, où la seule ressource est la matière grise de sa population
et où l’économie fortement tertiarisée nécessite une bonne formation», relève la conseillère d’Etat socialiste. F.B.

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