Les animaux oubliés du parc de la Bâtie

Plein airLe parc vieillit mal avec sa signalétique d’un autre âge et se montre drôlement discret sur ses naissances. Visiteurs frustrés.

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De la suite dans les idées animalières. Après le parc Challandes, à Bellevue, celui «aux animaux» du Bois de la Bâtie. La météo des vacances scolaires encourage ce petit safari cantonal. L’occasion aussi de vérifier, en parlant de l’un, la perfidie glissée contre l’autre, à propos de la signalétique.

Ce qui revient à s’intéresser à la façon, simple et directe, qu’a un parc animalier de raconter les bêtes qui sont les siennes au grand public. Sa fiche technique, en somme, grandeur nature, déclinée à livre ouvert comme un guide écrit, consultable au gré de la visite.

Avant les mots qui les décrivent, les espèces bien vivantes, sous le soleil, dans leur enclos. Le casting du Bois a rajeuni et perdu du volume. Les porcs laineux, qui faisaient leur poids, ont aujourd’hui des tailles adolescentes. Un couple en début de carrière. Les anciens locataires sont partis ailleurs.

Morphologie de pataugeoire

Même rajeunissement spectaculaire chez les sangliers. La laie suitée du grand baby-boom d’antan a changé d’adresse avec sa progéniture. En remplacement, deux femelles qui ne sont plus tout à fait des marcassins mais des «bêtes rousses», selon l’appellation utilisée pour qualifier l’âge de l’animal, en l’occurrence entre 6 et 12 mois. L’enclos paraît immense, qui héberge cette morphologie de pataugeoire.

On cherche l’écriteau qui nous en dirait un peu plus, histoire de faire les présentations, entre voisins bien élevés. Rien. Le sanglier est tombé du ciel sans carte de visite personnelle. À Bellevue, par comparaison, il est autrement mieux traité. Il dispose d’un généreux panneau explicatif, assorti d’un complément pédagogique sur la trace qu’il laisse dans le sol, dessinée à côté de celle du chevreuil, histoire de les distinguer «lors de vos balades en forêt».

Héritier sans âge

On ne va pas en faire une histoire, même si c’est justement ce qui fait défaut à la Bâtie. Sans la rumeur visiteuse, on passerait à côté du faon et, plus encore, du petit des bouquetins des Alpes. Il a belle allure sur son rocher, entre sa mère (étagne) et son père (bouc), très entourant. Il est né quand? Mystère. De cet héritier unique, on ne sait rien. Dommage. La nurserie du Bois se montrait plus bavarde dans un passé récent.

Trois mentions et c’est tout pour l’année 2018: Jehtro, Juno et Julio, trois cabris nés en mars à deux semaines d’intervalle. On se rend sur le site officiel de la Ville de Genève pour réactualiser sa curiosité désintéressée: le porcelet laineux qui sert de vignette date de 2011 et les chèvres de 2013. Une mise à jour s’impose. Comme une mise au propre de cette signalétique d’un autre âge, impossible à dater, tant elle paraît vieille, dans sa forme et son contenu.

C’est quand même un peu la honte, cette muséographie qui jaunit et cloque sous les rayons du soleil. Les gardiens d’animaux le reconnaissent, sans le dire. L’un d’eux, alors civiliste, s’est fait poliment remercier pour le projet de rafraîchissement graphique proposé.

Dépoussiérage nécessaire

Il enseigne dans une haute école d’art, c’était de sa part une façon honnête de mettre ses compétences au service d’un dépoussiérage nécessaire. Le parc animalier s’inscrit dans le réaménagement complet du Bois de la Bâtie.

Il faudra donc attendre encore des lustres, vieillir avec ces «plaquettes explicatives» pleines de trous, ces aménagements éphémères qui perdurent, ces gros dortoirs de confinement aux portes aujourd’hui grandes ouvertes, plutôt moches dans le paysage, en bordure de l’étang, au sujet desquels un petit légendage en trois phrases ne serait pas de trop, histoire – encore une – de se rappeler des mesures contre la grippe aviaire prises il y a maintenant deux ans.

Ce laisser-aller étonne dans une ville, la nôtre, d’ordinaire si jalouse de sa communication. Des bêtes et des hommes. Inégalité de traitement: les bêtes municipales sont sans porte-parole.

Créé: 26.10.2018, 07h26

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