Anières pourrait aménager sa propre traversée du lac

Votation communale Le crédit pour une navette lacustre, voté par le Conseil municipal, divise la commune. Verdict ce dimanche dans les urnes.

La vedette «Col-Vert» de la CGN est pressentie pour effectuer les trajets quotidiens entre Anières et Versoix-Bourg.

La vedette «Col-Vert» de la CGN est pressentie pour effectuer les trajets quotidiens entre Anières et Versoix-Bourg. Image: DR

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Depuis quelques mois, un vent de contestation souffle sur Anières, que seul le verdict des urnes pourra apaiser. Il tombera ce dimanche 14 octobre, quand les électeurs auront dit si, oui ou non, ils désirent financer une traversée du lac «maison», en bateau. Objectif avoué de la Commune: offrir une alternative estampillée mobilité douce aux personnes qui souhaitent se rendre sur la Rive droite sans subir les sempiternels bouchons du pont du Mont-Blanc.

Le trajet de cette navette lacustre est déjà arrêté: d’Anières à Versoix-Bourg. Le bateau est également à quai: il s’agit du Col-Vert, une vedette de la CGN pouvant accueillir 130 passagers. Trois départs sont prévus le matin depuis Anières (le plus tardif à 8 h) et quatre retours le soir depuis Versoix-Bourg, avec arrivée entre 17 h 30 et 19 h à Anières.

Référendaires à l’abordage

Le projet, prévu à l’essai pour une durée de deux ans, avançait toutes voiles dehors. Le 20 février, la majorité du Conseil municipal (11 oui, 2 non et 2 abstentions) avait voté l’ouverture d’un crédit supplémentaire de 285 000 francs. Dans son sillage, les premières traversées étaient prévues pour le mois de juin. Mais le lancement d’un référendum par des citoyens – soutenu par le groupe Ensemble pour Anières (trois élus au Municipal) – a jeté un pavé dans la mare.

Présidente du comité référendaire, Stéphanie Baron Levrat détaille les trois principales pierres d’achoppement susceptibles de faire couler à pic la future navette lacustre: «D’abord, ce projet va fortement impacter la vie des Aniérois. Certes, des études ont été réalisées, mais elles nous semblent incomplètes. La commune est déjà sujette au parking sauvage. Or rien ne prouve que nous aurons suffisamment de places de parc pour permettre aux pendulaires de garer leurs voitures avant de s’embarquer sur la navette. Les parkings proches des arrêts TPG, eux, sont déjà pris d’assaut. Le trafic à l’intérieur du village va donc pâtir de cette situation.»

Deuxième grief, «ce projet est onéreux. Il coûtera environ 1 million de francs sur deux ans. Notre Commune est riche, mais est-ce une raison pour s’offrir un pareil gadget? On ne raisonne pas comme ça quand on veut dépenser les deniers publics! D’autres communes s’intéressent à cette traversée, on doit se demander si elles ne pourraient pas contribuer au financement de ce projet.»

Enfin, «l’endroit n’est pas anodin, poursuit Stéphanie Baron Levrat. Le débarcadère d’Anières se trouve sur une petite plage publique très fréquentée et appréciée. Nous désirons protéger ce lieu de détente, où un ponton pour la baignade a été aménagé.»

Les arguments des partisans

Les partisans de la navette, eux, sont emmenés par le Parti libéral-radical, largement majoritaire au Municipal. Président du comité PLR, qui réunit aussi le groupe Le Centre et des citoyens, Pierre Lingjaerde commente les trois bonnes raisons de voter oui: «En premier lieu, il faut trouver des solutions pour désengorger le village, qui souffre du passage des pendulaires. On ne va pas attendre la traversée routière du lac pour agir! La navette permettra à ceux qui travaillent sur la rive opposée de gagner un temps précieux. Des calculs ont été faits. Avec elle, les organisations internationales de la Rive droite sont à quarante-cinq minutes d’Anières, soit au moins vingt minutes de gagnées par rapport à un trajet en voiture via le pont du Mont-Blanc.»

Le débarcadère de Versoix-Bourg est en effet proche des arrêts de bus et de la gare CFF de Versoix, désormais desservie par les trains au quart d’heure en direction de Cornavin et Lancy-Pont-Rouge. «C’est le second atout de ce projet, poursuit Pierre Lingjaerde. Avec la navette lacustre, on favorise la mobilité douce. Le TCS et l’Association transports et environnement l’ont d’ailleurs validé. Bien sûr, on ne résoudra pas tous les problèmes de circulation sur la Rive gauche avec la navette lacustre, mais elle offre une alternative à la voiture.»

Le troisième argument est d’ordre financier: «Il est vrai que la Commune va financer le projet durant deux ans, mais nous en avons les moyens, contrairement à nos voisines Hermance et Corsier. C’est donc à nous d’amorcer la pompe, de proposer quelque chose de concret! Si la navette rencontre le succès que nous imaginons, alors il sera temps de frapper à la porte des partenaires, y compris privés, mais aussi de solliciter le Canton, qui a tout à y gagner en termes de mobilité.»

Créé: 09.10.2018, 07h24

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