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Les ancêtres des graffeurs genevois s’exposent sur l’eau

Rey et Timer peignent dans les rues depuis vingt-huit ans. Ils présentent leurs œuvres à la Cité du Temps.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la Genève calviniste est plutôt graff-friendly.
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la Genève calviniste est plutôt graff-friendly.
Georges Cabrera

Rey et Timer font partie des graffeurs les plus expérimentés à Genève. A 45 ans, ils en ont passé près de trente à apposer leur trace sur les murs. De véritables ancêtres du spray. Après avoir exprimé leur art sur les murs de San Diego, Miami, New York et, ces dernières années aux Philippines, au Japon et dans une galerie à Dubaï pour Rey, les deux graffeurs ont décidé de revenir à ce qui fait le fondement de leur art et d’eux-mêmes. Ils en ont tiré une vingtaine d’œuvres, affichées actuellement et jusqu’au 15 octobre à la Cité du Temps.

Avant de se lancer dans ce projet, les deux artistes sortaient d’une exposition sur le thème de la finance, organisée par une banque. Des graffeurs qui exposent pour une banque, antinomique? «On n’est pas des vendus! assène Rey. On a eu toute liberté sur ce thème. On a d’ailleurs critiqué ce monde sans aucune censure.» Et de montrer l’une des créations: un portrait du Benjamin Franklin du dollar américain barré d’une inscription rouge sang, «Blood Money». «Après ça, quand on nous a proposé d’enchaîner sur l’exposition à la Cité du Temps, on s’est dit qu’on avait envie de revenir aux bases, à ce qui nous inspirait.»

Les productions exposées pour «Foundations» sur le pont de la Machine ont pour support du métal et des toiles, pour essence de l’acrylique et du spray. Un ensemble très éclectique, de l’écusson de Genève relooké par Rey – «la clé de Calvin remplacée par mon spray, pour montrer que je m’approprie Genève. Mais c’est du second degré, hein!» – à un portrait de Yellowman, «un chanteur reggae qu’on écoute depuis l’âge de 15 ans et qui a un parcours incroyable, c’est un guerrier», raconte Timer.

Rey tient à préciser: «On ne fait pas que des expos, on n’est pas des peintres de salon! Si on ne faisait qu’exposer en galerie, on ne serait plus de vrais graffeurs, on est toujours présents dans la rue.» Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la Genève calviniste est plutôt graff-friendly. «Le climat est effectivement assez permissif, c’est un bon endroit pour graffer. C’est beaucoup plus difficile dans d’autres villes, notamment aux Etats-Unis, où le graff est associé aux gangs.» Et la scène de graffeurs genevois, dynamique? «Oui, il y a pas mal de jeunes talentueux, soutient le duo. Mais les gens vont et viennent, peu durent longtemps. On doit être sept ou huit maximum à graffer à Genève depuis plus de vingt-cinq ans.»

Pas suffisamment permissif toutefois pour que le graffeur expose son visage dans les médias… «Ça n’a rien à voir avec le fait de se masquer, répond Rey. On a toujours été davantage portés sur le côté artistique que transgressif. Le graff est basé sur le respect, des autres graffeurs mais surtout des gens: je ne vais jamais peindre sur des habitations, des édifices religieux, historiques ou artistiques! On n’est pas la pour déranger les gens, on est là pour s’exprimer.» Et d’ajouter: «L’anonymat, c’est pour que ce soit notre art qui soit connu et non nos visages. On n’a rien à cacher. Ceux qui souhaitent nous rencontrer peuvent venir à l’exposition, on se fera un plaisir de les accueillir!»

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