Une amitié née grâce aux bijoux

PortraitLes deux orfèvres de l'Atelier 5 ont soufflé les 30 bougies de leur arcade.

Toutes les pièces sont confectionnées à deux, c'est leur marque de fabrique.

Toutes les pièces sont confectionnées à deux, c'est leur marque de fabrique. Image: Frank Mentha

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Le 9 novembre 1989, l’Atelier 5 ouvre ses portes rue Saint-Victor. Les patronnes du lieu, Sophie Tagliabue et Catherine Sciarini-Zambelli, ont alors la petite trentaine. Enfants de la Cité sarde, c’est avant tout une histoire d’amitié qui les pousse à ce projet commun. Tout commence par des chemins différents.

Catherine Sciarini-Zambelli suit un CFC de bijoutière-joaillière aux Arts Décoratifs de Genève tandis que Sophie Tagliabue reprend l’activité de son grand-père, le dessin sur broderie et tapisserie. Elles décident de se partager l’arcade pour exercer leurs activités respectives. Puis, de fil en aiguille, elles commencent à confectionner des bijoux ensemble, sans projet bien précis mais avec l’envie de concevoir quelque chose en binôme. Sophie Tagliabue se forme en autodidacte. «Quand on s’est lancées, on avait une grande naïveté», avoue Catherine Sciarini-Zambelli. Trente ans après la mise au monde de ce gros bébé, comme elles aiment à l’appeler, l’Atelier 5 est une affaire pérenne.

Pas de stratégie ni d’étude de marché mais un fonctionnement à l’instinct. Elles ne se sont fixé qu’une seule règle: avoir une clientèle variée en termes d’âge. «Si elle était uniquement de notre génération, nous aurions tout loupé. Heureusement, ce n’est pas le cas», souligne la bijoutière.

Des caractères différents

Les deux artisanes se portent une confiance mutuelle dans la gestion de leur boutique-atelier. «On est tellement différentes, mais on s’accorde si bien. C’est d’ailleurs pour cela qu’on se supporte depuis si longtemps», indique Catherine Sciarini-Zambelli. «C’est vrai qu’on se connaît par cœur, sans s’analyser. Nous avons des caractères avec lesquels on ne peut pas vraiment cacher qui l’on est réellement», complète Sophie Tagliabue. Plus discrète, Catherine Sciarini-Zambelli apprécie les recoins de l’arrière-boutique alors que sa collègue prend un malin plaisir à arranger les vitrines afin de mettre en valeur ce qui sort de l’atelier. Les deux femmes partagent leur aisance communicative et leur créativité. Dans leurs vies privées, elles se sont toujours serré les coudes et ressentent le même amour maternel pour leur progéniture. «Quand nos enfants étaient petits, nous avons engagé la même nounou pour les garder», se souvient Sophie Tagliabue.

L’intemporel anneau

À l’Atelier 5, pas de partage des tâches. Toutes les pièces sont confectionnées à deux. «C’est notre marque de fabrique», explique l’une des créatrices. Leur influence? La recherche perpétuelle de l’équilibre dans les bijoux. Chaque pièce est pensée, réfléchie. Des pierres de couleur et des diamants s’incrustent sur certaines bagues et colliers. L’or jaune, rouge ou gris se mélange parfois avec l’argent. Les perles se retrouvent aussi en collier ou en bracelet. Les bijoux doivent pouvoir s’additionner et se combiner à l’infini, ainsi que se porter autant avec un jeans qu’une robe de soirée. Les deux femmes insistent sur le fil rouge qu’elles suivent fidèlement au fil des ans: «Nous visons un objet très visuel. On le regarde sous toutes ses formes. Parfois on ne voit pas la même chose, alors on se fait des critiques positives.»

Depuis leur début, l’anneau est ce qu’elles préfèrent travailler: «On aime évoluer sur les formes. Mais la bague, c’est le bijou avec un grand B. C’est d’ailleurs une des parures qui se voit par la personne qui la porte.»

Les bijoux, elles aiment ça et cela se voit. Chacune possède sa panoplie quotidienne entre bagues, boucles d’oreilles et bracelets tintant. L’une aime superposer des bagues aux formes géométriques différentes sur un seul doigt, l’autre jouer l’asymétrie en ne portant qu’une seule boucle d’oreille. Et tout provient de l’Atelier 5. Pour ses 22 ans, Sophie Tagliabue a reçu un bijou d’oreille confectionné par son amie. Elle le porte toujours. «Je n’ai pas un rapport sentimental au bijou car je les perds souvent. Mais celui de Catherine, je le mets tous les jours», confesse-t-elle. Quand elles évoquent l’avenir, les deux bijoutières souhaitent pouvoir un jour passer le relais tout en conservant l’essence même de leur arcade. «Cela serait un joli succès si l’Atelier 5 reste ce qu’il est», dit Sophie Tagliabue.

Créé: 21.11.2019, 10h11

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