Amiante: les ouvriers des Pâquis exposés seront suivis médicalement

BâtimentLe syndicat Unia demandait des visites médicales pour les ouvriers du chantier de l'école. La Suva suit en partie les exigences syndicales.

L’alerte avait été donnée par un ouvrier qui travaillait sur le chantier de l'école des Pâquis.

L’alerte avait été donnée par un ouvrier qui travaillait sur le chantier de l'école des Pâquis. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Un arrêt immédiat du chantier de l’école des Pâquis. Et des visites médicales pour tous les ouvriers potentiellement exposés, financées par les responsables du chantier. C’est ce qu’exige le syndicat Unia dans un communiqué envoyé mercredi matin, suite à notre article relatant la contamination d'une zone du chantier, à présent désamiantée (voir notre article «Contaminé à l’amiante, le chantier de l’école des Pâquis a dû fermer»).

Pour rappel, après l’alerte lancée par un ouvrier, le Service de l’air, du bruit et des rayonnements non ionisants (SABRA) avait effectué des prélèvements qui indiquaient que la zone en chantier était contaminée à l’amiante. Les travaux ont été interrompus cinq jours, le temps de désamianter le lieu. Également testés, les locaux occupés par les enfants et le personnel de l’école s’étaient révélés hors de danger, selon le SABRA. Seuls les ouvriers ayant travaillé sur la zone en question ont été exposés.

La Ville délègue la responsabilité à la Suva

Le secrétaire régional d’Unia Alessandro Pelizzari, même s’il croit volontiers au nettoyage de la zone problématique, doute de la gestion future des parties contenant de l’amiante: «Le degré de négligence est élevé. Nous sommes vraiment surpris de la manière dont ce chantier de la Ville a été géré depuis deux ans et demi. L’ampleur du risque encouru par les ouvriers est hors du commun. Les visites médicales aujourd’hui nous semblent importantes, pour ne pas qu’on puisse mettre la faute dans dix ans sur le mode de vie personnel des ouvriers en cas de cancer.»

Dans un communiqué envoyé mercredi après-midi, les autorités municipales indiquent que «s’agissant de l’arrêt du chantier, la Ville de Genève s’en remet à l’expertise de la Suva», tout comme pour les visites médicales. «Par ailleurs, la Ville va exiger un rapport précis sur le déroulement de cet incident afin de déterminer le degré de gravité et les responsabilités des entreprises et bureaux mandatés pour la réalisation des travaux», précise encore le communiqué.

«Par ailleurs, la Ville va exiger un rapport précis sur le déroulement de cet incident afin de déterminer le degré de gravité et les responsabilités des entreprises et bureaux mandatés pour la réalisation des travaux», précise encore le communiqué.

Les entreprises non spécialisées ne pourront intervenir

La Suva, par le biais de son porte-parole Jean-Luc Alt, nous informe que s’«il n’y a pas lieu de fermer à nouveau le chantier» comme le demande Unia, des mesures de précautions supérieures doivent être prises désormais, pour «remettre le déroulement des travaux dans le cadre légal».

C’est à dire? «À partir de maintenant, seules les entreprises habilitées à gérer des matériaux dangereux devront intervenir sur les zones amiantées». Exit donc les entreprises classiques auxquelles on demandait de petits travaux ponctuels comme le percement de murs amiantés sous certaines conditions (ndlr: ce qui était légal, lire notre article précédent).

La communication devra aussi être irréprochable désormais: «Normalement, les travaux sur zones amiantées doivent nous être annoncés, pour que l’on sache ce qui se fait, quand, où, et que l’on puisse estimer le danger. Cela n’a pas toujours été fait», déplore le porte-parole.

Les ouvriers exposés devront être suivis médicalement

Quand à la santé des ouvriers, la Suva contacte les entreprises dont elle sait qu’elles ont été mandatées sur le chantier et leur demandera de transférer le message à tous les employés susceptibles d’avoir été exposés à l’amiante. En fonction des dates et de la nature de leur travail, ils seront suivis médicalement aux frais de la Suva. Comment s’assurer que tout le monde sera informé? «Il revient à la direction des travaux de contacter les entreprises sous-traitantes dont nous n’avons pas forcément connaissance», précise Jean-Luc Alt.

Philippe Meylan, directeur du patrimoine bâti de la Ville, nous indique qu'une séance d'information à destination de tous les ouvriers aura lieu la semaine prochaine, en présence de la Suva et du SABRA, qui a effectué les prélèvements et en avait conclu à une contamination à l'amiante) «Ce sera le travail des mandataires de prendre contact avec tous les sous-traitants», précise le directeur. La presse sera-t-elle conviée à cette séance? «Cela ne dépend pas de moi, même si a priori je ne verrai pas pourquoi elle en serait exclue», indique le directeur.

Créé: 12.02.2020, 12h42

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