Aménagement de la rade: ces projets qui sont restés du domaine du rêve

GenèveLa Ville de Genève souhaite lancer un concours d’idées, l’UDC veut une traversée routière. Entre autres. Les projets pour le site ont été nombreux, très peu ont abouti.

En 1985, la section genevoise du Touring Club Suisse lance la première initiative pour une traversée de la rade. Elle est acceptée par le peuple en 1988, mais les oppositions restent fortes.

En 1985, la section genevoise du Touring Club Suisse lance la première initiative pour une traversée de la rade. Elle est acceptée par le peuple en 1988, mais les oppositions restent fortes. Image: Olivier Vogelsang/Tribune de Genève

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Alors que la Ville de Genève songe à lancer un concours d’idées d’architecture et d’urbanisme pour réaménager la rade entre la Perle du Lac, le barrage du Seujet et Baby Plage (lire nos éditions payantes du mardi 29 avril: Une rade, mille envies) , les projets pour le joyau de la cité ont été nombreux, et très peu ont abouti. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la ville s’est d’abord construite le long du lac avant de se retrancher dans ses fortifications. A partir du XVIe siècle et jusqu’au XIXe, face à la montée des dangers extérieurs, l’extension vers le lac redevient l’unique possibilité d’urbanisation. «Aussi est-il passionnant de suivre les récurrences des projets qui souvent sont restés du domaine du rêve, ils n’en jalonnent pas moins la transformation du bassin portuaire», résume le Journal de Genève en 1994 lors de la parution de l’ouvrage La Genève sur l’Eau publiée par la Société d’histoire de l’art en Suisse. Au XIXe siècle, on privilégie un urbanisme de l’embellissement. Des idées de quartiers sur l’eau émergent. Les quais et les parcs s’ouvrent vers le lac. «Les aménagements subissent de manière parfois spectaculaire les variations cycliques des goûts esthétiques», continue la gazette locale.

Avec l’avènement de l’automobile et son heure de gloire dans les années?80, les quais revêtent soudain un attrait routier, voire autoroutier. En 1985, la section genevoise du Touring Club Suisse lance la première initiative pour une traversée de la rade. Elle est acceptée par le peuple en 1988, mais les oppositions restent fortes. Le conseiller d’Etat socialiste Christian Grobet ne cache pas sa réticence. La question d’un pont ou d’un tunnel n’est pas non plus tranchée. Le peuple est appelé aux urnes en 1996. Les deux projets sont alors largement refusés, même si l’idée d’un pont remporte plus de suffrages.

Au lendemain de la votation, la Tribune de Genève sonde ses lecteurs: que souhaitent-ils voir fleurir autour de la rade? La voiture perd du terrain. Les Genevois revendiquent une meilleure qualité de vie. Une large majorité s’enthousiasme pour plus de cafés, de terrasses, une salle de spectacle, des accès pour la baignade ou même des passerelles piétonnes le long du Rhône.

Le politique ne tarde pas à récupérer ces idées. L’Entente veut créer un parcours au fil du Rhône allant des Forces Motrices au pont du Mont-Blanc. Un projet qui verra le jour en 2000. Il recevra même le Prix Wakker attribué par la Ligue suisse du patrimoine national. Cette même année, un certain François Longchamp, journaliste au Temps, consacre un long article à l’aménagement de la rade qu’il qualifie de «méprisée».

Au début des années 2000, le spectre d’une traversée routière de la rade refait surface. Le Groupement transport et économie lance une nouvelle initiative. En parallèle, l’ancien conseiller administratif de la Ville de Genève Christian Ferrazino (Alliance de Gauche) décide de repenser le mobilier urbain de la rade et d’unifier ses pavillons. Un concours d’architecture est lancé et avec lui une nouvelle saga à la genevoise.

Le bureau d’architectes vainqueur propose des pavillons en bronze, un projet devisé à 3 millions de francs. «Dès 2005, la rade sera méconnaissable», s’avance alors la Tribune de Genève. Le Canton se fâche. Il n’a pas été consulté. Le conseiller d’Etat libéral Mark Muller qualifie ces huttes de «bunkers». L’Entente combat le projet et lance une récolte de signatures en 2006. En 2008, le magistrat de la Ville Rémy Pagani (Ensemble à Gauche) met un terme au débat. Il écrit au bureau d’architectes lauréat pour lui annoncer que son mandat prend fin. Le bureau d’architectes fait recours, en vain. Dès 2005, l’Etat étudie puis promet un autre projet aux Genevois: une plage aux Eaux-Vives. La dénommée «Plage Cramer» du nom de l’ancien conseiller d’Etat Vert échouera au Tribunal fédéral huit ans plus tard. La Ville prend un nouveau cap. En 2010, Rémy Pagani et le libéral Pierre Maudet lancent un appel d’offres pour louer des pavillons – en métal et plastique – autour de la rade.

Les projets routiers ne s’éloignent pas pour autant. En 2007, le conseiller d’Etat PDC Philippe Joye rêve d’un «pont des Nations» financé par des privés et un péage. L’idée de grande traversée lacustre est lancée.

Découvrez dans nos éditions payantes du 29 avril les projets d'aménagement de la rade de la Ville de Genève et de l'Etat: une rade, mille envies

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Créé: 29.04.2014, 07h36

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