Alisa Host et les toiles de la liberté

RencontreLa Genevoise expose ses tableaux, miroirs de son récent trek en solitaire à travers la Laponie.

Artiste, auteure et enseignante, Alisa Host est surtout une aventurière passionnée.

Artiste, auteure et enseignante, Alisa Host est surtout une aventurière passionnée. Image: Laurent Guiraud

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Dans son studio situé à Gaillard, Alisa Host a rassemblé ses tableaux. Des paysages de pleine nature reproduits avec une précision méticuleuse. «J’aimerais peindre de manière plus imaginative, mais je n’y arrive pas, nous confie la jeune femme, enseignante en langue à ses heures. J’ai le souci du détail. Je crois que je suis plus douée dans la copie de la réalité que dans la liberté représentative…» Certaines toiles en représentent une autre, soit la toile de la tente qu’Alisa emporte avec elle lors de ses treks en solitaire. Cet été, elle a arpenté le sentier du Kungsleden, qui traverse la Laponie suédoise de haut en bas sur 440 km. Soit trente-six jours en pleine nature, avec sa tente, son réchaud et son filtre à eau. «Au milieu de l’étape, je n’ai croisé quasi personne. Il y avait des bornes, mais pas de cabanes de ravitaillement pendant cinq jours, parfois.»

Des aventures qu’Alisa Host, auteure et enseignante de français et d’anglais indépendante, raconte volontiers sur une autre Toile, par le biais de photos postées sur les réseaux sociaux. Malgré sa méfiance de la technologie, elle ne rechigne pas à l’utiliser pour faire connaître son engagement écologique. On la voit notamment lors d’une manifestation brandir une photo d’arbre calciné par une antenne 5G, en vérité un canular réalisé par un graphiste genevois. Ne possédant pas de smartphone, l’artiste n’aime pas la retransmission en direct de ses périples: «Quand je pars, je déconnecte. Je suis de nature assez anxieuse, et le fait de n’être pas joignable pendant des semaines me rassure énormément.»

Problèmes de genou et d’orteils

Pourtant, Alisa a bien cru qu’elle ne marcherait plus jamais, suite à une traversée dans les Pyrénées qu’elle avait dû stopper en 2018, pour cause de syndrome rotulien. «Je ne pouvais plus avancer. Je n’ai plus pu faire de longue marche pendant huit mois après cela. Aujourd’hui, j’enfile des genouillères, ça me maintient le genou.» Ses orteils lui mènent également la vie dure. «J’ai une malformation, mon 4e orteil est presque inexistant. Du coup, mon gros orteil s’est déplacé à force de marcher», engendrant des douleurs qui l’ont fait porter des béquilles quelque temps.

Que suggère son médecin, par rapport à ses longs treks? «Je n’en ai pas!» rit-elle, reconnaissant son côté «un peu extrême». Ses aventures aussi tiennent parfois de l’extrême: «J’ai été immobilisée dans un gîte religieux à Jäckvik pendant six jours avec 40 °C de fièvre. Les tenanciers m’ont d’abord conduite à l’hôpital, pensant que j’avais attrapé la «fièvre des souris». Moi je pensais que c’était à cause de l’eau des lacs et des sources que j’avais bue après que mon filtre avait cassé. En fait, c’était un bête virus transmis par quelqu’un, ce qui est un comble: je n’ai croisé quasi personne.» Remise sur pied, elle repart sous une pluie battante, qui ne s’arrêtera plus pendant les quinze jours que dure son périple.

Une insouciance adolescente

«J’ai toujours été intéressée par les origines de l’humanité: qu’est-ce que ça fait d’enlever les couches de la société? Comment vit-on quand la seule préoccupation de la journée c’est marcher, trouver de quoi manger, de quoi boire et un abri pour la nuit? Qu’est-ce qu’il se passe concrètement dans le corps et dans la tête?» Une «meilleure digestion», ainsi que des «rêves d’adolescente, comme si ma vie adulte n’avait jamais existé», résume Alisa Host, ainsi qu’une sensation de bonheur intense. «Je ne suis jamais plus heureuse que lors d’un trek en solitaire», soutient la Genevoise de 31 ans, qui reste célibataire par choix depuis sa première grande marche à 25 ans, sur le chemin de Compostelle. Un amour de la liberté qui se transmet jusqu’à Eli, son lapin gris, qui gambade dans tout l’appartement pendant l’interview. «Il n’a pas de cage. Il fait ses besoins dans sa caisse, comme un chat.»

Pour rencontrer Alisa Host, rendez-vous le 12 novembre à l’Art’cade 77 à Châtelaine, où elle exposera ses toiles (tente de bivouac comprise!) aux côtés de celles de François Bianchi et Marco Schwitter Marreros. Un événement organisé par l’association EMA Art et Terroir.

Exposition du 10 octobre au 5 novembre, à l’Art’cade 77, av. de Châtelaine 77, vernissage le 12 octobre à 18 h

Créé: 10.10.2019, 10h37

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