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Alisa Host: «On fait Compostelle lorsque l’on a besoin d’une coupure»

Enseignante et artiste, la Genevoise avait raconté son pèlerinage dans un livre. Elle revient sur les moments forts en vidéo.

Sur les réseaux sociaux, Alisa Host s’affiche en farouche défenderesse de la nature. La Genevoise partage des articles relatant la pollution au plastique et incitant à l’achat de vêtements de seconde main, ou pose tout en casquette, short de rando et chaussures de marche. Lorsqu’on la rencontre, la Genevoise de 29 ans nous explique que sa fibre écolo s’est développée pendant son pèlerinage de deux mois à Saint-Jacques-de-Compostelle, il y a cinq ans: «Je ne suis pas chrétienne, mais s’il y a un discours principal de sagesse universelle à retenir, c’est bien de respecter la terre qui nous nourrit.»

Elle a narré son expérience dans un ouvrage, La voie des cœurs nomades, paru en 2015 chez Plan Vert. Lorsqu’elle commence à raconter son pèlerinage, ses yeux s’allument derrière ses lunettes. «Je venais de perdre mon travail de commerciale dans une régie publicitaire. Je suis partie du Puy-en-Velay en août 2013, j’ai marché 62 jours et suis arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle le jour de mes 25 ans.»

Si elle évoque volontiers une «énergie» existant sur le chemin, elle ne la relie pas spécifiquement à la religion catholique: «Avoir la foi, c’est simplement avoir confiance en ce qui nous dépasse. En cette force qui relie les personnes entre elles. Sur le chemin, j’ai mille exemples de rencontres fortuites, de gens qui me sont venus en aide à un moment clé. Parfois, je me sentais tellement heureuse que j’avais l’impression de sortir de mon corps. On peut ressentir le bonheur des autres pèlerins en marchant, c’est quelque chose de très fort.» Tous les moments n’ont pourtant pas été aussi roses: «Il y a des grosses dépressions aussi, où le sac semble trop lourd, le chemin interminable, où l’on a l’impression de porter le poids du monde sur ses épaules. Mais je ne me suis jamais dit que j’aurais été plus heureuse ailleurs.»

Y a-t-il eu un avant et un après? «Oui. Les changements que m’a apportés le chemin se sont inscrits dans la durée. J’ai pu mieux comprendre mon fonctionnement, et je sais maintenant que j’ai besoin d’avancer par projets. Je n’ai plus jamais eu de patron, je donne des cours de langue en indépendante. Je me suis aussi remise à la création artistique, ce que j’avais laissé tomber depuis des années. Par ailleurs, je n’ai plus jamais eu de coup de blues depuis le chemin, alors que j’étais une grande dépressive.» Si certains trouvent l’amour sur le chemin, d’autres s’en détachent. C’est le cas d’Alisa, célibataire par choix depuis son retour: «Je suis libérée de l’impératif de chercher un partenaire. Je n’ai pas besoin de l’autre, ce qui me permet de prendre le meilleur chez les gens sans ressentir d’attente ou de frustration.»

Repartira-t-elle? «On ne fait pas Compostelle parce qu’on aime marcher. On le fait lorsqu’on a besoin d’une coupure. Repartir, ça veut dire avoir à nouveau besoin de cette errance, qui mène aux grands changements de vie. Ce n’est pas encore le moment. Pour l’instant, je fais plusieurs semaines de trek en nature par an, toujours en solitaire. Je referai Compostelle depuis Genève, cette fois en passant par le camino del norte en Espagne, sur la côte.»

Elle conseille le chemin «à tous ceux qui se sentent dans l’immobilité, au travail ou dans leur vie. Aux jeunes en difficulté, à ceux qui aiment les défis.»

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