Alimentation et santé: le paradoxe du client roi

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À l’heure où les primes d’assurances maladies ne cessent d’augmenter et où les Suisses croulent sous les frais médicaux, de tout bord on tente de proposer des solutions, de pointer du doigt des coupables éventuels et au final, chaque automne, nous ne pouvons que constater notre échec à contenir l’explosion des coûts de la santé.

C’est le serpent qui se mord la queue: nous mangeons mal, par conséquent nous tombons malades…

Nul besoin aujourd’hui de démontrer l’impact de l’alimentation et de l’hygiène de vie sur notre santé et pourtant, systématiquement, nous semblons oublier des principes qui paraissent basiques. Nous consommons de plus en plus de produits industriels, saturés en sucre, en graisse, en sel, produits qui sont parfois plus accessibles financièrement que d’autres beaucoup plus sains. Parallèlement, les maladies non-transmissibles (cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires et respiratoires) explosent et constitueraient près de 80% des coûts directs de notre système de santé.

Nous peinons à sanctionner l’industrie car nos modes de consommation reposent sur le principe de la liberté individuelle. Peut-être serait-il temps qu’une prise de conscience globale puisse déboucher sur un partenariat gagnant entre État, consommateur et industrie? On peut toujours rêver… Combiner cette démarche à quelques principes simples, comme manger simple, local et de saison, pourrait largement contribuer à une population en meilleure santé et par conséquent impacter les coûts de la santé.

Néanmoins, nos agriculteurs et nos commerçants locaux souffrent de la concurrence vorace de ces produits industriels et le client reste le roi tant qu’il paye dans les gros commerces qui continuent de proposer des fraises et des courgettes tout l’hiver. Nous appliquons peu ces concepts au quotidien alors qu’investir dans nos comportements alimentaires pourrait avoir une issue positive. Dès lors, pourquoi ne pas adopter des habitudes de vie plus saines? Pourquoi l’être humain, une fois de plus, semble préférer s’enliser dans des attitudes de convenance qui remplissent les poches des entreprises pharmaceutiques plutôt que de saisir l’opportunité d’impacter sa qualité de vie et son destin?

Il est triste de constater que, la médecine nous permettant de vivre plus longtemps mais en moins bonne santé, nous semblons préférer cette voie. Pourtant c’est le serpent qui se mord la queue: nous mangeons mal, par conséquent nous tombons malades, nous avons des frais de santé qui augmentent et nous avons donc moins d’argent à investir dans des produits sains. Quelle sonnette d’alarme attendons-nous pour inverser la tendance?

Nous portons aujourd’hui la responsabilité de la viabilité de notre système de santé vis-à-vis des générations futures mais nous paraissons incapables d’avoir une vision globale prometteuse d’un avenir positif. Il serait temps que les politiques mises en place dans notre canton prennent en compte cette problématique et, pourquoi pas, Genève pourrait alors être un leader par l’exemple.

(TDG)

Créé: 06.07.2018, 15h20


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