Alcool aux urgences: les fêtards doivent-ils passer à la caisse?

Débat en VilleLes personnes ayant abusé de la bouteille devraient assumer elles-mêmes les frais médicaux engendrés par leurs excès. C'est du moins ce que préconise un projet de loi actuellement en consultation. Les milieux de la prévention s'en indignent. Laurence Fehlmann Rielle (PS) et Yves Nidegger (UDC) confronteront leurs vues sur la question jeudi à 12h30 aux Savoises

Image: Steeve Iuncker Gomez

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L'excès d'alcool pourrait bientôt nuire... au porte-monnaie. La Commission de la santé du Conseil national a en effet mis en consultation un projet de loi sanctionnant ceux qui abusent par trop de la boisson. Les personnes s'enivrant jusqu'au coma éthylique pourraient bientôt devoir assumer les conséquences financières de leurs actes. Ils pourraient prendre en charge leur hospitalisation d'urgence ou leur séjour en cellule de dégrisement, par exemple.

Elaboré en réponse à une initiative parlementaire de Toni Bortoluzzi (UDC/ZH), le texte entend renforcer la responsabilité individuelle. Lorsqu'il y a une causalité immédiate entre la prise d'alcool et la perte de conscience, l'assurance maladie n'a pas à casquer pour les fêtards, selon les partisans de cette mesure. Laquelle ne devrait pas, par conséquent, toucher les personnes alcoolodépendantes, reconnues comme malades. Le système devrait être testé sur cinq ans et faire l'objet d'un bilan.

Une «bêtise» dont on meurt

Les milieux de la prévention et les professionnels de la santé se déclarent catastrophés par cette idée qu'ils considèrent comme inapplicable, inefficace et dangereuse. Ils soulignent que les urgences sont aussi une fenêtre propice pour faire de la prévention et repérer les personnes fragiles. Si les frais ne sont plus remboursés, il y a un risque que les individus fortement alcoolisés, notamment les très jeunes, ne se rendent plus à l'hôpital mais restent dans la rue et se mettent en danger. Le coma éthylique est une «bêtise» dont on meurt, rappellent encore les opposant à la démarche.

Très préoccupée par ce projet fédéral, la Société suisse de médecine de l'addiction a d'ailleurs recommandé aux parlementaires de le rejeter. D'autant qu'il met à mal le principe de solidarité de l'assurance maladie et ouvre la voie vers la sanction d'autres comportements à risques, comme l'excès de tabac ou une mauvaise alimentation. Pour les milieux de la prévention, d'autres mesures concrètes sont plus efficace pour lutter contre le fléau de l'intoxication alcoolique: augmenter le prix des alcools et réduire les horaires de vente, comme c'est le cas à Genève depuis 2005.

Ce jeudi 19 décembre à 12h30, Laurence Fehlmann Rielle, secrétaire générale de la Fédération genevoise pour la prévention de l'alcoolisme (FEGPA) et conseillère municipale socialiste, confrontera ses vues avec Yves Nidegger, conseiller national UDC, sur cette question de santé publique. Ce débat public sera animé par Irène Languin, journaliste à la Tribune de Genève, au Café des Savoises (9bis, rue des Savoises, Maison des Associations) à Plainpalais.

Les lecteurs sont invités à assister à l’échange. Ils pourront poser sur place leurs questions ou dès à présent via notre site internet en envoyant un courriel à info@tdg.ch. Les internautes ont aussi la possibilité de donner dès maintenant leur opinion via les commentaires.

Le face à face durera environ 30 minutes et est suivi par les questions de l'audience. Il fera l’objet d’un compte rendu avec photos et réactions du public dans la Tribune de Genève du lendemain et sur le site www.tdg.ch.

Créé: 17.12.2013, 11h52

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