Aïre redoute l’arrivée de jeunes requérants d’asile

GenèveUn centre doit ouvrir en 2019 à côté de l’école. Le quartier est aux aguets.

Le conseiller d’Etat Mauro Poggia (au centre) et les cadres de l’Hospice général ont eu fort à faire pour répondre aux craintes et griefs, lors d'une réunion publique mardi soir.

Le conseiller d’Etat Mauro Poggia (au centre) et les cadres de l’Hospice général ont eu fort à faire pour répondre aux craintes et griefs, lors d'une réunion publique mardi soir.

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Pour l’heure, c’est un terrain vert jouxtant une école au cœur d’un quartier de villas, à Aïre. Un centre de requérants d’asile doit s’y bâtir l’an prochain pour ouvrir à la fin de 2019. L’édifice, deux ailes de deux niveaux reliées par une salle commune, sera conçu pour les mineurs non accompagnés: 88 jeunes y trouveraient un toit. Le projet prévoit aussi des logements familiaux pour un total de 32 personnes: des ménages de requérants, ethniquement proches des jeunes et déjà bien intégrés, joueraient auprès des mineurs le rôle de «référents culturels».

Un an après une première présentation qui a suscité une levée de boucliers jusqu’au Conseil municipal de Vernier, le projet a été redimensionné à la baisse et dévoilé dans sa nouvelle version lors d’une réunion publique très fréquentée mardi soir. Le conseiller d’Etat Mauro Poggia et les cadres de l’Hospice général ont eu fort à faire pour répondre aux craintes et griefs, détailler l’encadrement éducatif et sécuritaire prévu, ou expliquer le besoin d’un centre dédié à ces jeunes, transférés en janvier du Petit-Saconnex sur le site de l’Etoile, jugé inadéquat.

«De 70 à 80% d’entre eux resteront en Suisse au titre de l’asile, déclare Ariane Merkelbach, de l’Hospice général. Ils ne peuvent pas être renvoyés vers la Syrie, l’Afghanistan, l’Erythrée ou l’Irak dont ils proviennent.» Pour la plupart adolescents, ils sont parfois orphelins, ont parfois été séparés de leurs proches au cours du voyage ou ont été envoyés seuls par leur famille, faute de moyens d’émigrer en groupe. «Leur présence n’augmentera pas la délinquance, assure Mauro Poggia. Ce ne sont pas des requérants déboutés en attente d’expulsion qui n’ont plus rien à perdre et créent en effet des problèmes.»

Du public émergent quelques témoignages positifs, mais surtout des craintes, relatives à la sécurité, la proximité d’une école ou un potentiel essor futur du centre, qui est réfuté. Et cette question récurrente: pourquoi encore à Vernier? L’explication est «politico-foncière», liée aux propriétés cantonales, constructibles adéquates et disponibles, selon Christophe Girod, directeur général de l’Hospice Christophe Girod. Ce terrain est le seul possible, assure-t-on. Des réponses souvent accueillies avec défiance, voire hostilité. «On vous a à l’œil, nous serons des partenaires exigeants», prévient Yvan Rochat, maire de Vernier, jugeant «catastrophique» le passé récent du centre des Tattes, bondé et mal entretenu, selon lui. Ce printemps, Vernier abritait un gros quart des effectifs de l’asile placés en hébergement collectif à Genève.

Créé: 08.06.2017, 08h18

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