«Aidez-nous à habiller les prisonniers»

Action caritativeUne collecte de vêtements est à nouveau lancée par l’Ordre des avocats. L'action avait démarré l'an dernier. Avec succès.

Me Catherine Hohl-Chirazi, ainsi que les secrétaires de l'Ordre des avocats, Mélissa Da Silva et Camille Emery. Derrière elles, les vêtements déjà récoltés commencent à s'amonceler.

Me Catherine Hohl-Chirazi, ainsi que les secrétaires de l'Ordre des avocats, Mélissa Da Silva et Camille Emery. Derrière elles, les vêtements déjà récoltés commencent à s'amonceler.

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«De nombreuses personnes détenues dans les prisons genevoises n’ont aucun vêtement de rechange», indique Me Catherine Hohl-Chirazi. La présidente de la Commission de droit pénal de l’Ordre des avocats en a fait récemment le constat en visitant le vestiaire de Champ-Dollon: «Les armoires sont vides! Aidez-nous à habiller les prisonniers.» La demande s'adresse à la population genevoise. Intitulée «Un vestiaire pour nos prisons», cette action caritative a été lancée l'an dernier avec succès.

Sensibles à cette situation difficile, et encore plus en hiver, des avocats avaient alors décidé de soutenir le projet de collecte d’habits imaginé par une jeune consœur. «Durant mon stage en 2016, je me suis rendu compte qu’un détenu que j’allais voir à Champ-Dollon portait toujours les mêmes vêtements, expliquait Lucienne de Preux. J’ai aussitôt vidé un placard de mon père pour lui apporter des jeans et des chemises.» Déterminée à développer cette démarche spontanée, la jeune femme en a parlé à Me Assaël, qui présidait à l'époque la Commission de droit pénal. Et le tour était joué.

«Non, à une détention indigne»

«Nous avons surtout besoin de vêtements et de chaussures pour hommes, qui représentent l'immense majorité des détenus de Champ-Dollon, note Me Hohl-Chirazi. Quantité d'entre eux manquent d’aide directe, étant isolés et sans famille proche.» Lors de son dernier passage à Champ-Dollon, la prison comptait 680 détenus - pour 398 places - dont 40 femmes. Celles-ci ne doivent donc pas être oubliées. Les femmes et hommes de loi ont déjà commencé à dégarnir leurs armoires pour habiller les détenus. «Normal que nous montrions l'exemple; nous sommes en lien direct avec eux et parmi les mieux placés pour nous rendre compte des besoins ambiants, ajoute l'avocate qui ne veut pas de détention indigne. Même si la surpopulation carcérale ne nous facilite pas la tâche, il faut tout faire pour apporter dignité et confort aux détenus. Il en va de notre humanité à tous.» Une démocratie est, il est vrai, jugée sur sa capacité à traiter correctement les personnes en marge de la société, dont les prisonniers.»

Les livres aussi

Par ailleurs, les bibliothèques des établissements de détention n’étant pas très garnies, les livres sont aussi les bienvenus. «Tous les genres et dans diverses langues peuvent être apportés», conclut Catherine Hohl-Chirazi.

La collecte a lieu jusqu’au 18 décembre à la Maison des avocats, 11, rue de I’Hôtel-de-Ville; du lundi au jeudi 8 h 30 à 12 h et de 14 h à 17 h, et les vendredis matin.

Créé: 28.11.2019, 18h27

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